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Mort de Simon
Chapitre XIII: Les persécutions

En Judée, les choses se gâtaient également. Les Juifs acceptaient de moins en moins l'autorité romaine chez eux. Surtout que les procurateurs envoyés par Rome abusaient de plus en plus de leurs pouvoirs en opprimant le peuple, chaque jour davantage.

Lorsque mourut le procurateur Festus, Rome tarda à le remplacer et le grand prêtre saducéen Ananias profita de l'occasion pour faire la vie dure à la communauté des disciples de Jésus à Jérusalem.

Il fit juger Jacques, le frère de Jésus et le chef spirituel de cette communauté. Il le fit lapider.

Jacques le Mineur
longtemps confondu avec Jacques, le frère de Jésus
El Greco (XVIe)

Suite à la mort de ce dernier, plusieurs disciples se réunirent en secret pour élire son remplaçant.

Deux candidats semblaient rallier la confiance des électeurs:

Simon, le disciple que Jésus avait choisi le premier - avec son frère André - au tout début de sa mission en Galilée.

Mais après la mort de son aîné, Jacques avait pris beaucoup de place parmi les disciples de Jérusalem et avait miné -intentionnellement parfois- l'autorité de Simon. À la réunion de Jérusalem, où Paul avait affronté Simon sur la façon d'intégrer les "gentils" au sein de la communauté des disciples, Jacques avait pris le parti de Paul.

Mais Simon représentait, malgré son attachement à la tradition juive, tolérance et ouverture au sein de la communauté locale. Fidèle à l'esprit de Jésus, son maître, il n'était pas question pour lui de transformer ce dernier en dieu -à la façon de Paul- ni sa philosophie en religion.

Et l'autre candidat était Justus, membre intransigeant de la secte des pharisiens, converti à la foi chrétienne par Paul. Justus et Paul étaient restés amis jusqu'à ce que ce dernier se pose en défenseur des gentils à la mémorable réunion de Jérusalem. Comme Paul, il avait persécuté autrefois les disciples de Jésus et comme lui, il avait assisté à la lapidation d'Étienne, premier martyre chrétien.

Comme Paul, Justus était également un chef bien articulé, un organisateur qui savait planifier et développer. Il était aussi animé d'un grand prosélytisme et représentait, au sein de la communauté locale, la ligne dure, l'orthodoxie, la fidélité à la Loi de Moïse et aux obligations religieuses du judaïsme.

Certains le savaient très intéressé à succéder à Jacques pour prendre fermement en main le gouvernail d'un navire qui semblait maintenant voguer sur toutes les mers sans très bien connaître son cap.

Il méprisait profondément Simon, pêcheur ignorant et frustre de Galilée, venu s'installer à Jérusalem après la mort de Jésus.

Il n'appréciait pas non plus la sympathie que lui vouaient plusieurs disciples dont la plupart avaient connu et suivi Jésus pendant sa courte mission sur terre. Disciples qui, en plus, aimaient le franc-parler de Simon, son honnêteté foncière et son entêtement à vouloir conserver le message de Jésus dans sa pureté primitive.

Enfin, Justus trouvait Simon désarticulé et opportuniste: selon lui, tantôt il exigeait le respect de la Loi de Moïse pour les nouveaux convertis, puis, par après, se rangeait plutôt à l'avis de Paul qui n'en voyait pas la nécessité.

Effectivement, Simon faisait tout en son pouvoir -sans toujours y arriver- afin de convaincre les disciples d'être accueillants pour tous les étrangers qui demandaient le baptême.

Déjà avancé en âge, Simon luttait de toutes ses forces -et de toutes ses convictions- contre la religionisation de la Bonne-Nouvelle de Jésus. Il la voyait gagner du terrain de jour en jour et il ne manquait aucune occasion de la dénoncer.

Ce soir-là, il s'adressa ainsi à l'assemblée:

"Vous êtes réunis ici pour élire un autre chef à la communauté des croyants de Jérusalem en remplacement de notre frère Jacques qui a donné sa vie pour apposer un sceau d'authenticité sur sa foi en son frère Jésus.

Personnellement, j'aurais aimé être à la place de Jacques et mourir pour Jésus que j'ai malheureusement trahi autrefois. L'occasion aurait été bonne pour moi de lui prouver mon attachement et de réparer ma faute.

Il y a au moins 30 ans que Jésus nous a quitté et son message est déjà connu dans le monde entier.

La communauté de ses disciples est maintenant devenue une complexe mosaïque d'individus et de consciences que certains d'entre nous voudraient maintenant mieux contrôler.

Il va de soi, le phénomène JÉSUS a largement dépassé notre contrôle: c'est maintenant un vent très fort qui souffle dans toutes les directions. C'est maintenant un immense incendie qui consume tout et fait peur à ceux qui sont témoins de sa progression.

Moi aussi, j'en ai peur!

Le Génie est sorti de sa lampe magique et personne ne semble plus en contrôler la puissance.

Mais j'ai davantage peur des hommes qui voudront, dorénavant, se servir du Génie à des fins personnelles, entre autres, pour satisfaire leurs ambitions. Ou encore pour asservir d'une autre façon les consciences.

Frères, au moment où je vous parle, l'humble Jésus de Nazareth est en train de devenir dieu, religion, salut... et bonheur éternel... Tout cela par la volonté d'ambitieux prêcheurs qui se prétendent nos mandataires à l'étranger et qui sont plus intéressés à concurrencer des compétiteurs qu'à faire connaître le vrai Jésus et la pertinence de son remarquable message.

Jésus n'est pas un dieu venu sur Terre.
Les dieux ne sont jamais venus sur la Terre, sauf dans les contes païens.

Jésus, celui que nous connaissons et dont nous témoignons aujourd'hui, a été un homme simple et bon, un sage que Dieu a éclairé de sa lumière pour nous transmettre des parcelles de vérité, des morceaux de bon-sens et de la matière à réflexion pour mieux éclairer le sens de nos vie et le sentier tracé par notre destin unique.

Peut-être a-t-il parlé comme un dieu?   Il semblerait !

Mais il a surtout parlé comme un SAGE qui connaissait bien les hommes et la vie des hommes:

leurs peines et leurs joies,
leurs misères et leurs grandeurs,
leurs angoisses et leurs aspirations...

Philosophe éclairé d'en haut, il a dispensé à ses compatriotes et à nous-mêmes un enseignement unique qui doit être livré au monde tel quel, sans altérations ni tripotages... divins...

Chacun d'entre nous doit apprendre à méditer son message afin d'en faire ce qu'il veut, comme il peut.

Jésus ne veut pas que son message soit dispensé par des maîtres, des prêtres, des théologiens, des gourous ou des manipulateurs de conscience de même acabit.

Jésus veut qu'on le fasse connaître, mais il ne veut pas qu'on le manipule... qu'on en fasse la roue motrice d'une autre religion...

Une autre... parmi des CENTAINES d'autres.

Aussi, Frères, si jamais votre choix s'arrêtait sur moi, vous verriez en moi, et pour le restant de mes jours, l'adversaire acharné de JÉSUS-RELIGION,
JÉSUS-DIEU
JÉSUS-SALUT.
L'adversaire de ce faux apôtre  Paul qui a joint nos rangs pour mieux nous diviser et s'accaparer de Jésus pour en faire un dieu-sauveur.
 
Qu'on se le tienne pour dit: Jésus ne sauve pas! Il éclaire!

Et mon voeu le plus ardent est qu'il éclaire votre jugement, demain, au moment du choix d'un successeur à Jacques, le frère de notre bien-aimé Seigneur."

Suite aux parole de Simon, un lourd silence pesa un court moment sur l'assemblée des disciples.

Puis, les uns après les autres, on entendit les supporteurs de Justus maugréer et quitter la salle avec ostentation.

Quand ces derniers furent sortis, Simon demanda alors aux disciples restés sur place de partager avec lui, à la mémoire de Jésus, le pain et le vin qui étaient sur la table. Après avoir bu, mangé et prié ensemble, les disciples présents à ce touchant rappel de la dernière Cène se retirèrent chez eux pour la nuit.

Le lendemain matin, au moment du vote, Simon ne se présenta pas. Au cours de la nuit, il avait été arrêté par la police du grand prêtre Ananias. Il fut jugé sommairement -comme son maître Jésus- par le sanhédrin qui ne se donna même pas la peine d'entendre sa défense. Il fut rapidement condamné à mort avec cinq autres disciples.

Tous furent lapidés.

Leurs corps furent inhumés dans un endroit secret * dont l'emplacement n'a jamais été identifié.

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ENDROIT SECRET

Il est faux de prétendre - comme le veut la tradition chrétienne catholique - que Simon (Pierre) soit allé à Rome pour y prêcher le message de Jésus et qu'il y soit mort martyr, crucifié la tête en bas. Il est tout aussi faux de prétendre que ses restes sont conservés dans un reliquaire sous la basilique Saint-Pierre de Rome.

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