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                                               Chapitre XIII  
Les persécutions
 
Néron

 Néron

Lorsque Rome fut détruite par un incendie, en 64, la rumeur se répandit que l'empereur Néron * avait lui-même mis le feu à la cité afin de la reconstruire selon ses goûts.

Menacé, Néron détourna la fureur du peuple contre les chrétiens qui étaient déjà détestés par beaucoup de gens. En général, on les accusait d'odium hamani generis (gens dégénérés) parce qu'ils condamnaient les dieux romains ainsi que les moeurs dépravées de la société.

L'historien romain Tacite * nous rapporte certains éléments de cette persécution:

Les premiers chrétiens arrêtés confessèrent leur foi devant les juges puis, sur la base de leur témoignage, beaucoup d'entre eux furent accusés non pas d'incendie criminel mais... d'odium humani generis. On fit un jeu de leur exécution sur la place publique. Certains, cousus dans des peaux d'animaux, furent déchiquetés par les chiens; d'autres furent crucifiés ou brûlés vifs; d'autres furent employés comme torches vivantes à la nuit tombante...

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Néron (37-68)

Cinquième empereur de Rome (54-68) et dernier des julio-claudiens.

Né Lucius Domitius Claudius Nero, le 15 décembre 37 à Antium et appelé à l'origine Lucius Domitius Ahenobarbus, Néron était le fils du consul Cneius Domitius Ahenobarbus et d'Agrippine la Jeune, arrière-petite-fille d'Auguste. En 49, Agrippine épousa son oncle, l'empereur Claude Ier, et l'année suivante le persuada d'adopter son fils, dont elle changea le nom. En 53, Claude maria Néron à sa fille Octavie et le désigna comme son successeur, évinçant son propre fils, Britannicus. À la mort de Claude en 54, la garde prétorienne commandée par le préfet Sextus Afranius Burrus, un agent d'Agrippine, proclama Néron empereur, qui était alors âgé de dix-sept ans.

Sous l'égide de Burrus et de Sénèque, son tuteur, les cinq premières années du règne de Néron furent marquées par la modération et la clémence, bien que Néron ait peut-être fait empoisonner son rival, Britannicus. En 59, il fit assassiner sa mère qui avait critiqué sa maîtresse, Poppée Sabine. En 62, il répudia (et plus tard fit exécuter) Octavie et épousa Poppée. Burrus mourut, peut-être empoisonné, et Sénèque se retira.

En juillet 64, les deux tiers de Rome brûlèrent tandis que Néron était à Antium ; on l’accusa d’ailleurs à tort d’en avoir été responsable. Les pères de l’Église en firent le premier persécuteur des chrétiens sur la foi de textes peu clairs de Suétone et Tacite, deux historiens peu favorables à l’empereur. Il abrita les sans-abri et reconstruisit la cité en prenant des mesures de protection contre les incendies. Ses programmes de construction, ainsi que les spectacles et les distributions de grain à la population, étaient financés par le pillage de l'Italie et des provinces. Il se voulait un artiste et un visionnaire mystique, scandalisant l'armée et l'aristocratie en jouant en public dans des drames religieux.

Entre-temps, l'Empire était dans la tourmente. Néron fit de l'Arménie un État tampon contre les Parthes, mais au prix d'une guerre coûteuse et sans succès. Des révoltes éclatèrent en Bretagne (60-61) et en Judée (66-70). En 65, Caius Calpurnius Pison fomenta un complot contre l'empereur ; dix-huit des quarante et un Romains de haut rang impliqués périrent, dont Sénèque et son neveu, le poète épique Lucain. On raconte que Poppée mourut des suites de violences que lui infligea Néron (65), qui épousa Messaline après avoir fait exécuter son mari. En 68, les légions de Gaule et d'Espagne, avec l'appui de la garde prétorienne, se rebellèrent contre Néron, le forçant à s'enfuir de Rome. Déclaré ennemi public par le Sénat, il se suicida le 11 juin 68.

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Tacite (v. 55-v. 120), historien latin

Tout ce que nous savons de la vie de Tacite (Publius Cornelius Tacitus en latin) provient soit de ce qu'il disait de lui-même à travers ses ouvrages, soit de correspondances qu'il reçut de l'homme d'État et orateur Pline le Jeune.

Il est l'auteur de deux ouvrages d'histoire : les Histoires et les Annales. Les Histoires étaient un ouvrage de douze livres racontant l'histoire romaine, de la mort de Néron à celle de Domitien (69-96). Il ne reste aujourd'hui que les quatre premiers livres et le début du cinquième. Les Annales, œuvre composée de seize ou dix-huit livres (115-117) étaient le récit de l'histoire de Rome, de la mort d'Auguste à celle de Néron. Il ne nous est parvenu que les livres I à IV, XI à XVI, et des fragments des livres V et VI.

Tacite avait une ambition de moraliste. Il s'intéressait à la psychologie, il explorait donc les mobiles des hommes plus qu'il ne recherchait les causes profondes des événements. Il était apprécié pour son style vif et concis.

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