Page 95

Après la conférence de Jérusalem où l'opinion de Paul l'emporte à l'arraché sur les prétentions * des disciples judéo-chrétiens (juifs devenus chrétiens), ce dernier continue un apostolat aussi intense que fructueux et semé d'embûches en dehors de la Palestine. Il a 2 atouts pour mener à bien sa mission d'évangélisateur: il parle grec et il est citoyen romain.
Il se rend alors dans les plus importantes cités grecques comme Athènes, Corinthe et Milet. Il y aurait accompli des miracles. Mais aussi, il est souvent chassé, battu et menacé de mort.
Il entretient également une correspondance importante avec les communautés chrétiennes qu'il a fondées dans ces villes. Ses lettres -ou épîtres- répondent aux questions que se posent les nouveaux convertis sur Jésus, sur Dieu ou sur ce que doit être la vie des chrétiens. Paul corrige certaines interprétations, donne des conseils, prodigue ses encouragements. Une partie de ces épîtres a été conservée jusqu'à nos jours: 13 d'entre elles sont intégrées au Nouveau-Testament.
Puis, Paul revient à Jérusalem. Cette fois encore, il est poursuivi par des juifs qui lui sont hostiles et qui l'accusent d'introduire dans l'enceinte du Temple des disciples de Jésus non-juifs. La bagarre éclate mais des soldats romains s'interposent et le mènent à leur caserne. Puis, apprenant qu'il est citoyen romain, le centurion l'envoie à Césarée, sous bonne escorte, où il restera prisonnier pendant 2 ans.
Puis, il demande à être jugé à Rome. Le navire quitte la Palestine pour la Grèce. Claudia, l'épouse de l'ex-procurateur romain Ponce Pilate (celui-la même qui avait condamné Jésus à mort sous la pression des prêtres de Jérusalem) l'accompagne. Le bateau échoue sur une île. De là, Paul et Claudia gagnent la Sicile, puis Rome. Ils y resteront 2 années au milieu des premiers chrétiens romains que Paul avait converti.
Mais à Rome, le pouvoir avait changé de main: Néron régnait maintenant sur l'empire et les disciples de Jésus furent dénoncés auprès du nouvel empereur comme de dangereux citoyens dont il fallait se débarrasser.
Paul fut accusé... et décapité en 65.
On ne retrouva jamais ses restes.
===============================================================================================
![]()
À la conférence de Jérusalem, un désaccord divise les premiers chrétiens: certains judéo-chrétiens de Jérusalem pensent que pour être chrétien, il faut suivre certains rites juifs, comme la circoncision.
Paul, au contraire, affirme que les païens (nouveaux convertis) n'ont pas besoin d'être circoncis pour devenir chrétiens, du moment qu'ils croient en Jésus-Christ. Jacques, le frère de Jésus, se range à son avis. L'opinion de Paul l'emporte. Le christianisme -qui jusque là avait été plutôt l'affaire des disciples juifs de Jérusalem- se sépare un peu plus du judaïsme.
===============================================

Itinéraire des trois voyages missionnaires de Paul à travers la partie est de la Méditerranée (vers 40-50 apr. J.-C.) et de son ultime voyage à Rome, où il trouva la mort, en 65 apr. J.-C.
| tracé blanc: 1er voyage = tracé jaune: 2e voyage = tracé bleu: 3e voyage = tracé brun: ultime voyage à Rome. |
![]()
Paul contribua, à sa façon, à métamorphoser la Bonne-Nouvelle de Jésus en religion... organisée.
Il s'était donné comme mission, après son chemin de Damas, de consacrer toutes ses énergies à organiser des cellules de croyants (en Jésus) au sein de communautés cosmopolites largement sollicitées par toutes sortes de religions et de philosophies et ouvertes à tous les cultes décadents sur le vaste territoire de l'Empire.
À n'en pas douter, Paul fut un leader charismatique. Un organisateur. Un inventeur, surtout. C'est lui qui, au sein de l'Église chrétienne naissante, a inventé Jésus fils de Dieu... ressuscité d'entre les morts... sauveur des Hommes.
Il fut l'un des premiers disciples de Jésus à organiser les croyants... en Églises (communautés).
Pour "échafauder" tout ça, il avait comme modèles toutes les autres religions "patentées" qui foisonnaient tout autour du Bassin méditerranéen et qui enrôlaient dans leurs rangs des milliers de fervents adorateurs de toutes sortes de dieux. Parfois... des milliers de fanatiques de toutes sortes de dieux.
Pour Paul, il était clair que le message de Jésus ne pouvait être ni bien gardé ni largement propagé s'il n'était pas d'abord enveloppé d'une FOI contrôlée par des maîtres, des chefs, comme LUI. Une FOI mise en tutelle par l'autorité (qui deviendra plus tard infaillible) d'une Église.
Une FOI soumise à des rites (baptême) et des croyances (divinité de Jésus) (pouvoir rédempteur de Jésus), etc.
Enfin, une FOI soutenue par l'unanimité des croyants, unanimité qui laisse peu de place à la dissidence, à la recherche constante d'autres vérités et d'autres choses, à la remise en question des acquis... reçus une fois pour toutes.
D'autre part, tout le reste de sa vie, le disciple Simon (premier compagnon de Jésus, avec son frère André) luttera de son mieux, mais sans grand succès, semble-t-il, pour empêcher que la BONNE-NOUVELLE de Jésus ne devienne une doctrine enfermée dans une religion et contrôlée par une Église.
Homme ignorant, droit et simple, Simon chercha moins que Paul à organiser la pensée de Jésus.
Cependant, il n'a quand même pu mettre totalement de côté son éducation religieuse juive fortement ancrée dans le dogmatisme et les préceptes. Lui aussi avait un penchant certain pour les dogmes, les préceptes et les rituels. Par exemple, ne fallait-il pas -selon lui- que les nouveaux "croyants" en Jésus soient baptisés et circoncis? Qu'ils observent eux aussi les rigoureuses règles alimentaires que s'imposaient les juifs pieux?
Mais à sa décharge, il faut dire qu'il tenta de son mieux et le plus honnêtement possible -à la demande expresse de son maître Jésus- de ne pas encarcaner la Bonne-Nouvelle dans une religion quelconque. D'ailleurs, il donnera sa vie pour rester fidèle à ce désir clairement exprimé par Jésus.
PAUL, pour revenir à lui, attacha beaucoup d'importance à la communauté chrétienne qu'il avait mise en place à Corinthe.

Située sur l'isthme étroit qui relie le sud et le centre de la Grèce, cette ville, très animée et important port de mer, servait de plaque tournante vitale au commerce de l'Empire. La présence constante de voyageurs et de marins étrangers contribuait à l'animation peu commune de cette ville portuaire. Comme beaucoup d'autres ports prospères, Corinthe était à la fois lieu de débauche et un bouillon de culture extraordinairement actif pour l'éclosion de toutes les philosophies et de toutes les religions.
Le philosophe Aka, le maître de Jésus, y avait séjourné plusieurs années.
Pour Paul, implanter une communauté de croyants dans cette ville, c'était donner au message de Jésus une piste d'envol exceptionnelle pour toutes les directions du monde. Il demeura dans cette ville au moins une année y exerçant son métier de fabricant de tentes. Il faut dire que sa vie ne fut pas de tout repos. Il dut faire face à de terribles attaques.
D'abord, celles de ses opposants judéo-chrétiens -dont certains venus de Jérusalem- très actifs dans les communautés juives de la place. Puis, celles d'adversaires parfois fanatiques appartenant à toutes sortes de religions et prônant toutes sortes de philosophies. En ce temps-là, comme aujourd'hui encore, on se faisait la guerre... au nom de Dieu.
Après avoir quitté la ville pour aller évangéliser d'autres contrées, Paul ne perdit jamais contact avec ses chrétiens turbulents de Corinthe. Il leur envoya des collaborateurs (comme Tite et Timothée) et leur écrivit plusieurs lettres (épîtres) pour les guider et les soutenir dans leur foi.
Dans ses lettres, il affirme ce qu'il a toujours affirmé après sa conversion ... après sa résurrection, Jésus m'est apparu à moi aussi... comme à l'avorton, car je suis le plus petit (le moindre) des apôtres; mais je ne suis pas digne d'être appelé apôtre parce que j'ai autrefois persécuté l'Église de Dieu. (Corinthiens, I,15)
Il est sûr que les premiers disciples de Jésus ne voyaient pas Paul d'un très bon oeil: il avait persécuté les croyants comme pas un puis, tout à coup, il raconte à qui veut l'entendre qu'il est lui aussi... un apôtre de Jésus.
Le plus grand malaise dont Paul eut à souffrir, à Corinthe, vint des autres prêcheurs chrétiens qui s'établirent également dans la ville, en même temps que lui, et qui s'appliquèrent à dénigrer son travail auprès des Gentils et à mettre en doute la légitimité de son apostolat. Il semble bien que ces prêcheurs possédaient même des lettres de recommandation signées par des disciples de Jérusalem.
Paul alla également prêcher son Jésus -à lui- en Galatie, dans la région de l'actuelle Ankara, au centre de la Turquie.
Comme à Corinthe, d'autres missionnaires arrivèrent sur place avec l'intention de contrecarrer son travail.
================================================================================================.
Page 96 » Néron et les persécutions
Évangile Jésus