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Voici comment l'événement est raconté dans les Actes des Apôtres: IX, 1-19; XXI, 5-16; XXVI, 12-18.
Saul, ne respirant encore que menaces et tueries contre le disciples du Seigneur, alla trouver le grand-prêtre. Il lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que s'il se trouvait des adeptes de Jésus, hommes ou femmes, il put les amener enchaînés à Jérusalem.
Comme il cheminait et approchait de Damas, soudain resplendit tout autour de lui une lumière venant du ciel. Il tomba à terre et entendit une voix qui lui disait: Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?

Il répliqua: Qui es-tu Seigneur?
Et la voix de lui répondre: Je suis Jésus que tu persécutes. Allons, lève-toi et entre dans la ville et on te dira ce qu'il faut faire.
Les gens qui faisaient route avec lui restèrent muets de stupeur: d'une part, ils entendaient la voix et de l'autre, ils ne voyaient personne.
Saul se releva de terre mais quoiqu'il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. On le prit donc par la main pour le conduire à Damas. Il y resta 3 jours, aveugle, sans manger ni boire. (notez le chiffre 3, chiffre mythique important)
Or, il y avait à Damas un disciple de Jésus du nom d'Ananie.
Le Seigneur dit à Ananie dans une vision: Lève-toi et va dans la rue Droite et cherche dans la maison de Judas un nommé Saul de Tarse; car il est en prière. Impose-lui les mains afin qu'il recouvre la vue.
Ananie répliqua au Seigneur: Pourquoi me demandez-vous cela? J'ai entendu dire par beaucoup de frères tout le mal que cet homme a fait à tes saints dans Jérusalem. Il vient même ici avec la permission des prêtres afin d'enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom...
Mais le Seigneur répliqua: Va et fais ce que je te commande car cet homme est pour moi un instrument de choix; il portera mon nom devant les nations, les rois et les fils d'Israël. Je lui montrerai combien il lui faudra souffrir pour mon nom.
Ananie partit, entra dans la maison où s'était réfugié Saul, lui imposa les mains en disant: Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui t'a apparu sur la route par laquelle tu venais, m'a envoyé afin que tu recouvres la vue et que tu sois rempli de l'Esprit-Saint.
Et aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles et Saul recouvra la vue et fut baptisé.
Et ayant pris quelque nourriture, il en fut réconforté.
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Que faut-il croire de ce merveilleux récit de la conversion de Saul que nous fait avec assurance et conviction le narrateur et ami du héros (Luc, l'évangéliste) dans les Actes des Apôtres. Récit que l'intéressé lui-même (Saul-Paul) confirmera par ailleurs à plusieurs reprises quelques pages plus loin, ainsi que dans ses célèbres épîtres?
Personnellement, nous en croyons peu de choses.
Comme le dit si bien le dicton populaire: C'est trop beau pour être vrai.
D'ailleurs, il est le seul à corroborer son propre témoignage. Il ne nous présente pas d'autres témoins.
Cette céleste lumière qui enveloppe soudainement le cavalier et le fait chuter en bas de sa monture; cette voix non moins céleste de Jésus qui l'interpelle; cette cécité momentanée dont il est frappé; et enfin, cet Ananie à qui Jésus lui-même impose l'obligation d'aller généreusement vers le persécuteur -désormais illuminé- pour le guérir de sa cécité ... et le baptiser... (Jésus n'a jamais baptisé aucun de ses disciples)
Enfin, plus invraisemblable encore, ce beau compliment que Jésus fait à Saul et cette glorieuse mission dont il l'investit... cet homme est pour moi (Jésus) un instrument de choix qui portera mon nom devant les nations, les rois et tous les fils d'Israël... Ouf! Rien de moins!
Selon moi, il faut avoir une grande foi dans les choses extra-normales, ou une désarmante naïveté, pour ajouter foi à un tel récit... digne des plus extraordinaires légendes des mythologies anciennes.
La vérité se situe probablement du côté d'un certain prosaïsme des choses. Je m'explique.
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Selon ce que l'on nous en dit (et qu'il dit de lui-même) dans le Nouveau-Testament (Acte des Apôtres & épîtres) on peut croire que Paul avait les qualités suivantes:
Et sur le plan religieux, il était plutôt rigoureux, fervent, zélé, intolérant... disons même... fanatique.
Une âme de chef... un tantinet borné, quoi!
Peut-être que le persécuteur de "chrétiens", après une accidentelle et douloureuse chute de cheval, a reçu à son chevet la visite d'un guérisseur (ou d'un ami chrétien) qui lui a parlé avec conviction de l'ascendant qu'exerçait la pensée singulière du Prophète de Nazareth sur les Juifs en rupture de ban avec le Temple et ses prêtres, en particulier, les juifs qui, comme lui, étaient issus de la diaspora hellénisée.
À un moment donné de sa vie, Paul -qui est intelligent- se trouve probablement carrément ridicule de se faire le petit justicier de Dieu... et des prêtres de Jérusalem. Ridicule, également, de tenter d'éliminer par la force des croyants qui n'ont d'autre malice -somme toute- que de croire en leur maître dont la philosophie est si transcendantale, qu'ils acceptent de donner leur vie pour en affirmer l'authenticité.
Le Paul d'avant le chemin de Damas croyait -comme beaucoup de juifs, d'ailleurs- que le salut de son âme passait par la pratique scrupuleuse de la Loi juive. C'était aussi l'enseignement des prêtres du Temple et des docteurs de la Loi, des pharisiens, entre autres.
Mais voici qu'à un moment de sa vie, il se heurte à un autre courant de la pensée religieuse juive: courant qui guide et illumine la vie d'autres juifs: ceux d'en dehors de la Judée, ceux de la Diaspora. Ces juifs de la Diaspora qui, depuis des siècles, n'ont pratiquement plus de contacts avec le Temple de Jérusalem, ses prêtres et ses docteurs de la Loi. Ceux qui, depuis des siècles, baignent dans une autre culture: l'héllénistique et la romaine, entre autres.
![]() La différence entre juifs hellénisés qui venaient de partout et juifs indigènes de Palestine parlant l'araméen, ne se bornait pas à la langue. En effet, les juifs hellénisés étaient les héritiers d'une longue tradition de séparation, à la fois vis-à-vis la terre d'Israël mais aussi de son Temple et de ses rites sacrificiels. Durant les siècles qui avaient suivi l'exil de Babylone (environ 5 siècles av. J.-C.), leurs ancêtres n'avaient cessé de lutter pour conserver leur identité juive et se raccrocher à la Loi dans les cités lointaines de l'Asie où ils étaient installés. À défaut du Temple, leur vie s'était organisée autour des synagogues, à la fois lieux de culte, écoles, cours de justice et centres culturels.
Chaque communauté de la Diaspora avait plus ou moins subi l'influence de la culture du pays dans lequel elle s'était installée, la culture grecque, entre autres, qui avait progressivement envahi tout le Proche-Orient et le monde méditerranéen, à l'époque de Jésus et de Paul. Mais au temps de Jésus et de Paul, (et c'est ici que la chose nous intéresse) un important fossé s'était creusé et de graves dissensions opposaient juifs indigènes (de Palestine) et juifs hellénisés (de la Diaspora) Justement, le massacre du disciple Étienne avait été commandé par les juifs orthodoxes de Jérusalem (que fréquentait Saul-Paul) qui lui reprochaient d'avoir une foi et des discours déviants. En résumé, disons que pour les juifs de la Diaspora, le Temple n'avait pas la même importance que pour les autres juifs. Et la Loi n'était pas aussi tatillonne et contraignante. Et surtout, DIEU et sa RÉVÉLATION n'appartenaient plus seulement aux juifs "pure-laine" de Jérusalem, mais ils appartenaient également aux Gentils, aux étrangers, aux non-juifs du monde entier... Aux païens ! Jésus, (formé surtout par le philosophe Aka, de culture grecque) avait cette philosophie-là. Que de fois il a dû affronter la colère des prêtres du Temple en leur disant à peu près ceci: (voir les chapitres antérieurs)... Ce Temple n'est pas le vôtre... La Loi de Moïse, vous vous l'êtes appropriée et vous en avez fait un joug intolérable à porter... Vos préceptes sont des chaînes, des entraves aux pieds... Dieu ne vous appartient pas!... etc. Les juifs orthodoxes de Jérusalem se sentaient menacés par les dissidents étrangers et locaux (comme Jésus ou le disciple Étienne) dont les principes religieux avaient marinés dans des cultures étrangères et d'autres philosophies religieuses. À l'époque de Jésus et de Paul, la remarquable organisation de l'Empire romain avait grandement amélioré les moyens de communication entre les communautés juives disséminées sur le vaste territoire de l'Asie mineure et du bassin méditerranéen. Aussi, pour un grand nombre de juifs de la Diaspora, il était désormais plus facile de revenir en Israël, patrie de leurs ancêtres. Et dans l'atmosphère de continuelle effervescence religieuse qui régnait à Jérusalem, les dissidences pouvaient rapidement déboucher sur des confrontations. Des persécutions, même. Sans trop exagérer, disons que c'était l'étonnante époque -qui est loin d'être disparue- où l'on pouvait se battre et même s'entre-tuer pour éliminer une idéologie qui n'était pas la sienne... Saul, qui persécutait les disciples de Jésus, était de cette farine-là. Le Nouveau-Testament (dans les Actes des Apôtres et les épîtres de Paul, surtout) donne un aperçu de ces débats qui s'intensifièrent, même entre chrétiens, surtout lorsque Paul, nouvellement converti, s'opposa au travail de Simon et de Jacques auprès des disciples de Jérusalem. Et que dire des démêlés du missionnaire Barnabé, juif chypriote qui fut l'un des premiers disciples de Jésus hors de la Palestine. Ami de Paul et partageant les mêmes convictions, il prêcha la Bonne- Nouvelle à Antioche (capitale de la Syrie). Mais il fut en butte aux tracasseries des disciples de Jérusalem qui ne partageaient pas ses idées ni celles de son encombrant protecteur.
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La trouvaille de Paul, sur son Chemin de Damas, c'est d'avoir trouvé... Jésus.
C'est d'avoir fabriqué une théologie autour de Jésus.
De l'avoir fait DIEU et MESSIE
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Paul est le premier écrivain-penseur du christianisme, le pionnier de la littérature chrétienne.
C'est toute une entreprise que de vouloir résumer la pensée théologique de Paul. Nous nous hasardons cependant à le faire, même si nous sommes convaincu de rogner un peu trop les coins et de schématiser à outrance une pensée fort complexe. Mais notre but est d'aider surtout les moins initiés à y voir clair quelque peu.
Dans les épîtres de Paul, certains thèmes sont répétés assez souvent pour en conclure qu'ils constituent la moelle de la pensée paulinienne. Voici ces thèmes:
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Faut-il être juif pour devenir chrétien ? Non, répond Paul
Il est convaincu que le message de Jésus s'adresse à toute la terre: juifs et païens; que ce message doit être propagé indépendamment de la référence à la Loi juive. Par exemple, un chrétien n'a pas besoin d'être circoncis, comme le soutenaient les disciples de Jérusalem.
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Pour donner du tonus au message de Jésus, Paul le fait fils de Dieu descendu du ciel, sur terre, pour nous racheter de nos péchés. Et nous donner ainsi accès au Royaume des Cieux..
Donc, un Jésus dont on est dépendant sur le plan de la gratitude... En conséquence, ignorer Jésus dans sa vie, c'est tourner les talons à Dieu son père et... passer à côté de notre salut éternel.
Jésus n'est plus ce malheureux prédicateur galiléen qui a trouvé la mort -et s'est condamné lui-même- en s'opposant aux prêtres du Temple. (thèse que nous soutenons dans ce 7e Évangile)
Et tout au cours des siècles suivants, pendant l'expansion du christianisme à travers le monde, l'Église catholique profitera de la porte entr'ouverte par Paul pour étayer ses grands dogmes de foi sur la Trinité: Dieu-Père, Dieu-Fils-Jésus, et Dieu-Saint-Esprit.
L'Église nous inventera également les dogmes de la Vierge-Marie-Mère-de-Dieu, née sans la tache du péché originel (Immaculée-Conception), montée au ciel en corps et en âme (Assomption) et miraculeusement fécondée par l'Esprit-Saint (Annonciation).
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La résurrection de Jésus est au coeur même de la théologie paulinienne. Un mort ne peut pas faire un grand chef ni un grand Dieu. Et si Jésus est ressuscité, il nous ressuscitera également. Pas de crainte à y avoir ! Mais comment? Où? Quand? Ce n'est pas clair.
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Jusque là, Paul avait cherché son salut en étant fidèle à la Loi juive. C'est d'ailleurs l'enseignement que lui a inculqué son maître Gamaliel.
Suite à sa conversion, Paul change de cap: le salut vient maintenant de Jésus.
Et c'est par la foi en Jésus-Christ que l'homme peut échapper au péché... (Épître aux Romains, III, 21-26)
Quel péché?
Nous n'en savons rien.
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Nous ne pouvons pas dire que Paul a inventé l'Esprit-Saint... L'ESPRIT (saint ou pas...) est partout dans les pages de la Bible: beaucoup de personnages bibliques (prophètes, patriarches, etc.) en parlent et en témoignent; même Jésus y fait parfois allusion.
Mais pour Paul, c'est en croyant au Christ et en recevant par lui l'Esprit-Saint que l'homme est sauvé et justifié. Bien sûr, Paul ne veut pas dire par là qu'il suffit de croire pour être sauvé. Il va de soi que si l'on croit, il faut vivre du même coup en conséquence de sa foi, en mettant l'amour au centre de sa vie (Première épître aux Corinthiens, XIII). Alors, on n'agit pas pour être sauvé, mais... parce qu'on a été sauvé... grâce à la force de l'Esprit-Saint.
Pour Paul... la foi sans les oeuvres est une foi morte.
En cela, il a bien raison !
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Jésus est venu parfaire la Loi juive: la compléter, l'éclairer, lui donner sa forme définitive. En éliminer toutes les lourdeurs et les contraintes trop typiquement juives.
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Il en est la tête et ses disciples en sont les membres.
Précisons ici que Jésus n'a jamais voulu créer d'ÉGLISE. Toute sa vie, il s'en est pris aux Églises, aux prêtres qui les administrent, aux sacrifices qu'on y offre et aux fidèles-croyants qui leur sont assujettis.
Précisons également que Jésus -de son vivant- ne s'est jamais proclamé comme étant la tête d'un quelconque corps mystique, le chef d'une quelconque église.
Le corps mystique: ça aussi c'est une merveilleuse invention paulinienne.
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Paul ne veut plus jouer le petit tortionnaire des disciples de Jésus pour le compte des prêtres du Temple de Jérusalem.
C'est Jésus lui-même qui l'investit de sa mission... divine... Du moins, il le prétend:...Cet homme est pour moi un instrument de choix qui portera mon nom à toutes les nations, à tous les rois de la terre et à tous les fils d'Israël.
Et il s'auto-proclame APÔTRE... au même titre que les autres compagnons que Jésus a choisi.
Notons ici que Jésus n'a jamais donné le nom d'APÔTRE à un quelconque de ses compagnons. C'est Paul qui a inventé le titre.
Paul n'a pas connu Jésus vivant; d'ailleurs, il ne fait guère référence à la vie de Jésus dans ses épîtres... sauf pour nous dire qu'il est ressuscité d'entre les morts. Et il considère qu'il a reçu un appel privilégié de Jésus ressuscité pour qu'il annonce le message de ce dernier dans le monde entier.
Effectivement, Paul joua un rôle considérable dans l'expansion du christianisme dans l'Empire romain; il fut l'un des premiers à se tourner systématiquement vers les non-juifs (Gentils) pour annoncer la Bonne-Nouvelle de Jésus aux nations païennes alors que les disciples de Jérusalem s'intéressaient surtout à la conversion des juifs autochtones. C'est certainement grâce à lui -en grande partie- qu'on doit la séparation rapide des non-juifs et des juifs à l'intérieur de l'Église chrétienne en formation.
Une Église qui aboutira... romaine.
En définitive, c'est Paul -et non Simon- qui introduira la pensée de Jésus à Rome... et son Empire.

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Comme l'ensemble du Bassin méditerranéen à l'époque, la Palestine est sous domination romaine. Certains juifs contestent ce pourvoir, notamment les Ésséniens qui n'acceptent que l'autorité de Dieu. D'autres, les zélotes, ont pris les armes et font la vie dure aux soldats romains conquérants, surtout au nord de la Palestine.
Un peu plus tard, un juif du nom de Jean (le Baptiste) annonce à ses compatriotes que le règne de Dieu est proche et baptise dans le Jourdain ceux qui croient en sa parole et qui veulent se préparer dignement à la venue... du Messie.
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Les juifs attendent donc quelque chose comme un nouveau roi David qui va enfin libérer Israël de l'humiliante oppression romaine. Un Messie envoyé par Dieu.
Jean est exécuté par Hérode Antipas... et rien de ce qu'il a annoncé n'arrive.
Israël aura-t-il son Messie ?
Sur ces entrefaites arrive du fin fond de la Galilée (Que peut-il sortir de bon de la Galilée? s'était exclamé, un jour, Nathanaël) un obscur philosophe-prédicateur.
Et ce petit prédicateur de province est plus qu'obscur. Il n'existe même pas de documents historiques contemporains mentionnant son nom: Jésus. Il semble avoir été ignoré de la plupart de ses contemporains historiens.
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Si nous connaissons Jésus, aujourd'hui, c'est par le truchement des évangiles rédigés 30 et 75 ans après sa mort par Matthieu et Jean (qui ont connu Jésus de son vivant) et Marc et Luc qui ne l'ont point connu.
Mais les évangiles ne sont pas à proprement parler des livres d'histoire. Avant tout, ce sont des textes religieux qui MAGNIFIENT intentionnellement la vie obscure du prédicateur de Nazareth.
Notons que Paul a beaucoup inspiré l'évangéliste Marc dans la rédaction de son évangile. Ils ont fait du missionariat ensemble.
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Le mot évangile est une traduction du grec Euaggelion "Bonne-Nouvelle".
Les 4 évangiles furent écrits en grec. Cependant, leurs auteurs (Matthieu, Marc, Luc et Jean (?)) utilisèrent des sources araméennes et grecques plus anciennes transmises d'abord oralement par les compagnons de Jésus, puis par les premières communautés chrétiennes... qui n'ont pas connu Jésus... mais en ont entendu parler... en bien... en très grand bien parfois, par ceux qui les ont initié à la pensée de Jésus.
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Nous en avons parlé antérieurement, c'est un choix de l'Église catholique romaine (aux environs du IVe siècle) parmi des dizaine d'autres Vies de Jésus qui n'ont pas survécues à l'écrémage des théologiens et des docteurs romains...
Et surtout de l'évêque Irénée de Lyon (France) qui, à son époque, s'est exprimé à peu près comme ceci: "... Il est impossible que les Évangiles soient ni plus ni moins nombreux qu'ils ne le sont. Car il y a quatre parties dans le monde et quatre vents principaux... il convient donc que l'Église, dispersée aux quatre coins de l'Univers, ait quatre piliers (4 évangiles) qui respirent la pureté et ravivent l'espoir des hommes."
Il arriva donc ceci: presque tous les autres textes qui circulaient alors furent déconsidérés et finirent par disparaître. Et les 4 ÉVANGILES sont restés, pour les croyants de tous les siècles suivants, les seules sources d'information... dignes de foi...
Parmi les autres évangiles apocryphes (cachés) dont on pourrait parler, il y a celui de Philippe... et même celui de Marie-Madeleine et de Pierre.(probablement Simon). Il pourrait y avoir également Origène (au IIIe siècle) et Eusèbe (au IVe) qui citent à leur tour des paroles de Jésus qui ne sont pas dans les Canoniques... ce qui prouve qu'ils se sont référés à des documents dont on a perdu la trace.
Voir (en cliquant sur le lien): Évangiles gnostiques, p.103
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Les évangiles canoniques portent les noms de Marc, Matthieu, Luc et Jean, mais... ils ne sont pas nécessairement écrits par eux. Donc, quand on parle de l'évangile de Marc, disons qu'on parle surtout du livre et non de son auteur. Il en est de même pour l'évangile de Jean qui, croit-on, a été écrit par ses disciples.
L'évangile de Marc a été composé vers 66 (peut-être à Rome) et est considéré comme l'un des plus anciens.
Entre 85 et 90, Matthieu écrit son évangile, semble-t-il, d'Antioche (capitale de la Syrie) une province romaine. Et Matthieu utilise Marc (fortement influencé par la prédication de son ami Paul) comme source principale.
Luc a également été disciple de Paul: il l'accompagna lors de son ultime voyage à Rome où il mourut. On prétend qu'il est également l'auteur des Actes des Apôtres où Paul -faut en convenir- tient une si belle place. Il est le fils de Josette (soeur de Jésus) qui maria un soldat romain au grand déplaisir de son frère Simon, un ardent zélote. Luc aussi utilise le texte de Marc comme source majeure de son inspiration.
L'évangile de Jean,frère de Jésus, fut probablement écrit à Éphèse (Turquie) où, après la mort de son aîné, il s'était retiré avec sa mère Marie et sa soeur Rachelle: tous les 3 y moururent. Cet évangile fut probablement écrit vers 90 et il est très différent des 3 autres: on s'intéresse davantage à la vie privée et affective de Jésus qu'à ses miracles et autres faits et gestes. C'est aussi un évangile à l'écriture plus hermétique. Cependant, on sait aujourd'hui que ce sont les disciples de Jean -et non pas Jean lui-même- qui auraient composé le texte de cet évangile dépareillé.
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Aujourd'hui, tout le monde est à peu près d'accord: les évangiles ne sont pas des livres à haute teneur historique. Ce sont plutôt des entreprises de prédication qui racontent avec passion et émerveillement la vie divinisée de Jésus. Aujourd'hui, on dirait: une oeuvre de propagande. Mais ça ne veut pas dire pour autant que tout est faux et qu'il n'y a pas une certaine dose de vérité là-dedans.
Beaucoup de ces audacieux écarts évangéliques sont dus au fait qu'en se servant des évangiles -comme principaux instruments d'approche et de contact- les premiers missionnaires chrétiens ont voulu gagner le coeur des Gentils à la foi du Christ.
Ces missionnaires (du type Paul, Marc, Luc ou Barnabé) sont en présence de gens de nationalité et de culture différentes qui adhèrent déjà à des religions dont le dieu (ou les dieux) sont, depuis longtemps, généreusement auréolés de MERVEILLEUX et dont l'histoire repose sur des légendes peu banales.
De toute évidence, les missionnaires de Jésus doivent... s'adapter... en remettre... s'ils veulent convertir.
Et le pauvre, l'obscur et ténébreux prophète de Galilée se voit, du jour au lendemain, hissé au pinacle des grandes... vedettes divines du merveilleux panthéon des divinités grecques, romaines et syriennes.
Plaçons-nous à l'âge où furent écrits les textes évangéliques: la Terre est plate et le Soleil tourne tout autour; les étoiles dans le ciel sont des luminaires décoratifs... C'est aussi un âge mythologique où les apparitions d'ange, les songes prémonitoires et les voix célestes sont monnaie courante. Dieu intervient sur la Terre de toutes les façons: il envoie ses célestes messagers ou, si rien n'y fait ...ses terribles fléaux.
Donc, si on ne se place pas dans l'esprit de ce premier siècle et qu'on s'entête à lire les évangiles comme un contenu sacré qu'il faut avaler avec foi... vaut mieux ne pas lire le 7e Évangile selon saint Claude. On sera scandalisé. Heurté.
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À travers les âges, beaucoup de grands hommes ont eu eux aussi, comme Paul, leur... Chemin de Damas... qui a changé, bout pour bout, le cours de leur destin et même celui du siècle qui les a vu naître.
Chacun d'entre nous avons probablement eu le nôtre dont l'impact, à l'échelle planétaire, est cependant plus que minime, il faut modestement le reconnaître. Les Jésus, les César, les Paul, les Bonaparte, les Lénine et les Hitler sont plutôt des phénomènes épisodiques que seuls les siècles peuvent se payer, à l'occasion.

Homme politique et théoricien révolutionnaire russe. il fut le fondateur de l'Union soviétique dont il dirigea le premier gouvernement.
Vladimir Illicht Oulianov (dit Lénine) eut une enfance plutôt paisible jusqu'à un jour de son adolescence où il fut profondément marqué par l'exécution de son frère aîné, arrêté par la police et pendu pour avoir participé à un complot visant à assassiner le tsar Alexandre III (1887). Cette même année, il s'inscrivit comme étudiant en droit à l'université de Kazan mais il en fut très vite exclu pour ses activités révolutionnaires.

Il s'exila alors chez son grand-père dans le village de Kokushkino. Il en profita pour se familiariser avec les grands classiques de la pensée révolutionnaire européenne, notamment avec le Capital de Karl Marx. (son chemin de Damas)
Son exil volontaire terminé, il s'établit à Saint-Petersbourg où il fonda l'Union de lutte pour la libération de la classe ouvrière. Arrêté par la police tsariste, on l'exila en Sibérie (1897-1900).
Et pour faire l'histoire courte, d'échecs en succès, d'exils en retours dans sa patrie, de discours en écrits incendiaires et révolutionnaires, Lénine finit par se hausser jusque là où il voulait aller: président du Conseil des commissaires du peuple, c'est-à-dire, chef du gouvernement et se consacra, jusqu'à sa mort, à la consolidation du pouvoir du nouvel État soviétique.
Là ou Lénine ressemble à Paul, c'est qu'il ne fut pas un grand philosophe mais un brillant penseur et un stratège révolutionnaire dont le réalisme clairvoyant permit aux bolcheviks de s'emparer du pouvoir et de le conserver.
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Führer (guide) et chancelier du régime nazi, dictateur et chef militaire, Hitler a fait de l'Allemagne une société entièrement militarisée et une puissance totalitaire et a déclenché la Seconde Guerre mondiale.
Comme Paul et Lénine, peu de choses disposait Adolphe Hitler à devenir la triste vedette mondiale que nous connaissons.
Né en Autriche d'un père douanier et d'une mère paysanne, Adolphe fut, dans sa jeunesse, un élève médiocre. Orphelin à l'âge de 14 ans, il ne parvint pas au terme de ses études secondaires à Linz. Il est recalé 2 fois au concours d'entrée de l'Académie des beaux-arts de Vienne où il reste jusqu'en 1913, vivant de sa pension d'orphelin et des quelques sous que lui procure la vente de ses tableaux.
Son chemin de Damas, il le trouve dans la lecture.
Grand lecteur, il acquiert des convictions antisémites, antimarxistes et antidémocratiques ainsi qu'un fort pangermanisme, qui se traduit par une forte hostilité envers la dynastie allemande des Habsbourg, une vive admiration pour les individus hors du commun et un mépris pour les masses.
Au début de la Première guerre mondiale, (1914-18) Hitler se porte volontaire dans l'armé bavaroise. Après la guerre, il reste dans l'armée et son commandant en fait... un instructeur politique chargé de combattre les idées démocratiques et marxistes... ce qui le lance sur la voie de la propagande et lui permet d'affirmer ses talents d'orateur.
En 1919, il rejoint le Parti ouvrier allemand. En 1920, il devient permanent de ce groupuscule ultra nationaliste rebaptisé, entre-temps, Parti national-socialiste des travailleurs allemands. En 1921, il est élu Führer du parti avec pleins pouvoirs.

Et commence ainsi l'ascension fulgurante de ce psychopathe, ascension qui bouleversera toute l'Europe.
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