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Simon et Jean devant le sanhédrin
Chapitre XI: Épilogue

Tandis que Simon et Jean parlaient au peuple dans le Temple, se présentèrent alors des prêtres accompagnés de policiers et de sadducéens *. Ils étaient mécontents de les voir et entendre proclamer leur foi en Jésus dans l'enceinte même du sanctuaire. On s'empara donc d'eux et on les jeta en prison pour les faire comparaître devant le sanhédrin le lendemain matin.

Le jour venu, tout le sanhédrin était rassemblé dans le prétoire du palais du grand prêtre Caïphe afin de faire comparaître les deux disciples et le boiteux qu'ils avaient guéri la veille.

Un huissier posa la question à Simon et Jean: "Par quel pouvoir et au nom de qui avez-vous guéri ce mendiant boiteux qui se tenait à la porte du Temple?"

Simon, visiblement inspiré prit la parole:

"Chefs du peuple et Anciens d'Israël, puisque nous sommes interrogés aujourd'hui sur la guérison de cet homme, sachez-le et que tout Israël le sache également, c'est en invoquant le nom de Jésus de Galilée que nous avons opéré ce miracle. Au nom de ce même Jésus que vous avez livré honteusement aux Romains pour qu'il soit crucifié et cesse, du coup, de faire ombrage à votre douteuse autorité.

La pierre que vous avez rejetée, nous, ses disciples, la récupérons maintenant pour bâtir la société nouvelle: celle des coeurs purs et des esprits libres."

Devant l'assurance de Simon et de Jean, les membres du sanhédrin furent étonnés. Ils connaissaient bien les gens que l'on faisait comparaître devant eux: des hommes du peuple, sans instruction, à qui Jésus avait dispensé son enseignement pendant près de trois années. Jean était même le frère de ce Jésus qu'ils avaient unanimement condamné à mort et fait mourir sur une croix.

Et comme ils avaient également devant eux l'homme qui avait été guéri, ils ne savaient plus trop que faire et quoi dire. Ils demandèrent donc aux policiers d'amener hors de l'enceinte du prétoire les trois hommes afin de pouvoir délibérer entre eux, hors de leur présence.

Caïphe posa la question à toute l'assemblée:

"Que ferons-nous à ces trois hommes pour les empêcher de faire d'autres disciples à ce Jésus de Nazareth qui nous a déjà causé assez de désagréments et miné considérablement notre autorité sur le peuple?

Il est manifeste pour nous, ainsi que pour tous les gens de Jérusalem, qu'un authentique miracle a été accompli, selon les dires, au nom de cet agitateur Jésus...

Un membre du Conseil suggéra au grand-prêtre:

"Afin que la chose ne se répande pas davantage parmi le peuple, défendons-leur, avec menaces, de continuer à parler de ce crucifié de malheur!"

Rappelé devant le tribunal, Jean, cette fois, prit la parole:

"Nous taire! Nous?

Vous avez fait mourir injustement mon frère pour tenter de neutraliser son pouvoir sur le peuple. Peuple, d'ailleurs, que vous tenez toujours dans l'esclavage de Dieu afin de protéger vos condamnables intérêts.

Quant à nous, amis et disciples de mon frère, nous sommes encore bien vivants et bien décidés à faire connaître à tous sa sagesse et la liberté de conscience dont il nous a fait cadeau. Et sa charité aussi envers les plus démunis de vos esclaves.

Sachez bien, vous tous, que seule la mort nous fera taire!

Et même si vous trouvez le moyen de nous bâillonner ou de nous neutraliser, d'autres se lèveront pour prendre la relève, parleront à notre place et feront devant le peuple des miracles encore plus grands que celui qui vous gêne et même vous enrage présentement.

Le feu a commencé à embraser le pays et rien ne pourra plus l'éteindre. Pas même vos menaces, vos tribunaux, vos geôles ou vos croix.

Les gens libres n'ont pas de chaînes aux mains et aux pieds!"

À l'extérieur de l'enceinte, la foule s'était maintenant amassée et certains criaient:

"Relâchez ces gens: ce sont des innocents!"

Alors, le sanhédrin ne fut pas long à comprendre que depuis la mort récente de Jésus le vent avait tourné de bord tout d'un coup à Jérusalem: de plus en plus de juifs se faisaient baptiser et adhéraient ainsi à l'enseignement du nouveau prophète.

Visiblement, beaucoup de fidèles se détournaient maintenant de l'autorité des prêtres du Temple et de tous ceux qui gravitaient dans leur sphère d'influence.

Caïphe fit donc aux accusés de nouvelles menaces afin de les intimider.

Mais par crainte de la foule qui criait dehors en exigeant leur libération, il les laissa s'en aller, sans plus.

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SADDUCÉENS

Ils étaient membres d'une école ou d'un parti juif né au 1er siècle av. J.-C., et qui doit son nom à Zadok, un prêtre mentionné dans l'Ancien Testament (2e Livre de Samuel, XV, 24-29) qui vécut sous les règnes de David et Salomon. Ou aux zadokites, une famille de prêtres.

Les sadducéens,  parti aristocratique, ne reconnaissaient comme obligatoire que la Torah, rejetant ainsi toutes les interprétations traditionnelles qu'en avaient fait les scribes et les pharisiens.

Les sadducéens ne croyaient pas en une résurrection des morts ou en une immortalité individuelle quelconque; ils niaient également l'existence des anges.

Jésus dénonce ainsi les sadducéens: Attention! Prenez garde au levain des pharisiens et des sadducéens. (Matthieu, XVI, 6-12)

Les sadducéens disparurent lors de la destruction du second Temple en 70 apr. J.-C., après le saccage de Jérusalem par les Romains.

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