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Les premiers disciples de Simon
Chapitre XI: Épilogue

Après la mort de Jésus, Simon et quelques compagnons restèrent à Jérusalem pour enseigner la pensée de leur maître à ceux qui voudraient bien les écouter. Pour ce faire, à la manière des autres prédicateurs, ils se rendaient tous les matins sur le parvis du Temple pour rencontrer les dévots et s'entretenir avec eux.

Devant un groupe qui s'était rassemblé autour de lui, Simon prit la parole:

"Frères, prêtez l'oreille à mes paroles: Jésus de Galilée, cet homme dont Dieu a sanctionné ici-bas la mission en lui donnant le don des miracles, est mort maintenant.

Nos prêtres l'ont livré aux Romains pour qu'il soit crucifié et que son message de liberté meure en même temps que lui. Nous, ses amis, avons laissé les prêtres accomplir leur honteuse besogne sans que nous levions le petit doigt pour prendre sa défense. Moi-même, je l'ai trahi devant ses ennemis et je n'ai pas eu le courage de m'opposer à leur noir dessein.

J'ai laissé le mal faire son oeuvre destructrice.

Mais aujourd'hui, je veux réparer ma faute en ressuscitant dans vos coeurs son message inédit.

Certains d'entre vous avez probablement entendu Jésus prêcher ici, sur le même parvis, ou ailleurs dans le pays sur les places publiques. Nous, comme vous, l'avons entendu. Mais l'avons-nous compris? Avons-nous même commencé à mettre en pratique ses exhortations?

Mais je vous mets en garde: nous n'arriverons jamais à le comprendre et jamais il nous viendra à l'idée de marcher sur ses pas si, d'abord, nous n'acceptons pas de changer nos coeurs et d'ouvrir bien grand nos esprits.

Frères, la pensée de Jésus s'accommode mal de l'orgueil, l'attachement aux richesses d'ici-bas, la luxure, le mensonge et la mesquinerie.

Purifions nos coeurs: demandons à Dieu le pardon de nos fautes. Débarrassons-nous de nos vieilles habitudes.

Aussi, pour marquer votre attachement à la doctrine du nouveau prophète en Israël, que chacun de vous soit baptisé * au nom de Jésus, afin que dès aujourd'hui vous apparteniez au groupe de ses disciples."

Ce jour-là, plusieurs personnes demandèrent à Simon de les baptiser.

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BAPTÊME

Jésus, il faut bien le noter, ne baptisa aucun de ses compagnons, même s'il reçut le baptême des mains de son parent, Jean le Baptiseur. Pourquoi accepta-t-il alors d'être baptisé? Il est difficile de répondre à cette question.

Mais il est surprenant d'entendre Simon offrir ainsi le baptême à ceux qui voulaient devenir disciples de Jésus. Mais on peut comprendre que le baptême, à cette époque, était un cérémonial plein de sens. Les Juifs pieux faisaient chaque jour de nombreuses ablutions rituelles, surtout avant et après les repas, en pénétrant dans le Temple ou en recevant dans leur maison des visiteurs. Le baptême est un rituel de purification... du coeur. C'est le signe du changement intérieur.

La loi juive recommandait l'emploi de l'eau pour la toilette rituelle de tous les jours (voir Lévitique, XI, 25-40; XV, 5-7) et Élie demanda au général syrien Naaman de se plonger dans le Jourdain afin d'être guéri de sa lèpre (2e Livre des Rois, V). Bien avant le Ier siècle apr. J.-C., on demandait aux convertis au judaïsme de se baigner (ou de se baptiser) eux-mêmes comme signe de leur entrée dans l'Alliance (tebilath gerim). Le prophète Ézéchiel exhorta les exilés juifs qui retournaient dans leur pays à franchir le Jourdain afin d'être aspergés de son eau et lavés ainsi de leurs péchés avant l'avènement du Royaume de Dieu (Ézéchiel, XXXVI, 25). Dans cette tradition, le contemporain de Jésus, Jean le Baptiste, exhortait les Juifs à se faire baptiser dans le Jourdain pour obtenir le pardon de leurs péchés. (évangile de Marc, I, 4)

On peut également comprendre que pour tous les baptiseurs et toutes les religions qui proposent le baptême, celui-ci est un rituel d'introduction commode pour dénombrer les nouveaux disciples et les introduire, aussi concrètement qu'officiellement, dans le groupe des initiés, pour ne pas dire des élus.

Simon avait bien compris le message de son maître: Pas de religion! Pas d'Église!

Mais jusqu'à quel point était-il capable d'échapper, à son tour, à la tentation de compter, de dénombrer, d'organiser ou d'officialiser le statut des néophytes de la pensée de Jésus.

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