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Le lendemain du sabbat, des soldats avertirent Pilate que le corps de Jésus n'était plus là * où il avait été laissé le jour d'avant. Le procurateur romain entra dans une grande colère et fit demander aux prêtres des explications. Ces derniers avouèrent n'y rien comprendre et firent savoir à Pilate qu'ils étaient également choqués de l'affaire.
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Cachés dans une maison à Jérusalem par peur des représailles des prêtres et de certains Juifs qui leur étaient hostiles, les compagnons de Jésus furent avertis par quelques femmes que le corps de Jésus avait disparu du Golgotha, tandis que celui des gens crucifiés avec lui y étaient encore... dans un bien piteux état.
Simon, Jacques et Jean allèrent sur le champ vérifier les dires des femmes et revinrent à la maison pour les confirmer.
Le soir, au souper, les compagnons étaient plongés dans une grande consternation: ils étaient maintenant seuls... et désabusés... privés de la présence de celui qui, pendant plus de 3 années, avait été leur guide et leur inspiration. Un chef sans peur... et sans reproches.
À l'exception de ceci: qu'il s'était dérobé, leur avait fait faux-bond et avait fossoyé à tout jamais leurs attentes patriotiques et messianiques. Par contre, aussi, un chef qu'ils avaient laissé tomber aux derniers moments, les plus graves: ceux de son arrestation, de son procès et de son exécution sur la croix.
Simon, qui ne disait mot depuis un bon moment et qui avalait de travers tout ce qu'il essayait de manger, éclata soudain en sanglots. De gros sanglots qui lui secouaient les épaules et qui, par moments, le faisaient râler.
Tous ceux qui étaient à table s'arrêtèrent net de manger: plus personne n'avait maintenant d'appétit. Certains pleuraient aussi.
Puis, à un moment donné, Simon se ressaisit, essuya ses yeux mouillés du revers de sa manche, se leva debout et s'adressa -péniblement d'abord- à tous les autres:
"Frères, moi j'ai plus qu'abandonné Jésus: je l'ai trahi... trahi 3 fois en quelques instants, aux pires moments de sa détresse.
Je l'ai trahi alors que j'avais été le premier, il y a quelques semaines à peine et devant vous, à lui assurer que personne ne toucherait à un seul cheveu de sa tête sans qu'on me passe dessus.
Frères, je l'ai abandonné et trahi!
Il m'est même venu à l'idée d'en finir avec ma vie... avec ma honte. Mais encore là, j'ai été lâche: j'ai eu peur de la mort et des châtiments réservés, dans l'Au-delà, aux âmes indignes.
Frères, je suis un abominable lâche!"
Sur ces mots, il éclata de nouveau en sanglots et dut attendre encore un moment avant de reprendre son discours. Chacun avait maintenant les yeux rivés sur son assiette et n'osait regarder autour de lui comment se comportait le voisin.
Calmé quelque peu, Simon reprit avec peine le fil du discours commencé: "Frères, si nous ne nous étions point dérobés au moment où Jésus a eu besoin de nous, peut-être aurions-nous pu faire changer le cours des choses! Peut-être aurions-nous pu le sauver, le tirer des griffes de ses ennemis!
Frères, rappelez-vous: toutes les fois que nous sommes restés près de lui, que nous avons serré les rangs tout autour, personne n'a pu s'en prendre à lui, pas même les prêtres et leur police.
Je crois que nous sommes tous, à un degré ou l'autre, responsables de la mort de notre maître.
Souvenez-vous de son enseignement:
Et souvent, quand il nous parlait, il nous demandait: Comprenez-vous bien ce que je vous dis?
Ou, il nous disait: Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, entendent!
C'est étrange! Quand il nous parlait ainsi, je me laissais distraire par bien des choses et je ne comprenais guère le sens profond de son enseignement; sa parole tombait en moi un peu comme des graines de semence jetées sur le bord d'un chemin et piétinées par les passants.
Mais ce soir, je ne sais pourquoi, tout me revient en mémoire de façon nette et précise, un peu comme un noyé qui revoit, en un moment, toutes les séquences importantes de sa vie.
Et je crois comprendre mieux certaines choses. Et je saisis au moins ceci: nous avons laissé le mal détruire notre maître. Nous avons laissé la peur paralyser notre agir.
Je le sais maintenant -et vous le savez tous- je suis un traître, un lâche et un mesquin.
Mais je ne suis pas obligé de le rester toute ma vie!
Je ne suis pas un incapable!
Dorénavant, le reste de mes jours, je vais m'appliquer à lutter contre ma lâcheté * et ma mesquinerie. Il a fallu la mort de notre ami pour que je prenne conscience de ma pusillanimité.
Frères, croyez-moi: le bout du monde ne sera jamais assez loin pour m'empêcher de faire connaître à tous les leçons de notre maître, Jésus de Nazareth.
Permettez-moi -et qu'il me le permette maintenant- de l'appeler maître, même s'il détestait qu'on lui donne ce titre. Il est maintenant pour moi, pauvre pêcheur ignorant, et pour chacun de vous -j'en suis certain- un grand MAÎTRE.
Un maître incomparable qui nous a demandé instamment une chose: Ne pas l'oublier!
Le faire ressusciter dans tous les coeurs emplis de bonne volonté.
Ce soir, amis, je ne veux pas l'oublier et je veux le ressusciter dans vos coeurs... Aussi, je veux que vous vous joigniez à moi, maintenant, pour honorer sa mémoire de la façon qu'il nous a demandé de le faire."
Sur ces mots, Simon versa de l'eau dans un large bassin, se départit de son manteau, prit un linge et demanda à ses compagnons de le laisser leur laver les pieds. Émus, tous acquiescèrent. La majorité de ceux qui étaient là avaient également assisté au dernier repas avec Jésus, quelques jours auparavant.
En imitant son maître, Simon se rappela les paroles de celui-ci: Ce que je fais ce soir, Simon, tu ne le comprends pas, mais tu finiras par comprendre. Si tu refuses de te laisser laver les pieds, tu ne pourras pas être un des miens...
Puis, reprenant son manteau et s'attablant de nouveau avec les autres convives, il versa du vin dans les coupes et offrit à chacun un morceau de pain: "Mangez ce pain et buvez ce vin en mémoire de lui."
Le cérémonial terminé, Simon dit:
"Frères, il faut maintenant quitter cette maison où nous nous cachons comme des malfaiteurs depuis presque 2 jours. Retournons tous dans notre maison, notre famille, notre village et là où nous serons, répandons la BONNE NOUVELLE de notre maître Jésus.
Et toutes les fois que vous en éprouverez le besoin, que vous voudrez rappeler en vous l'esprit de Jésus, vous ferez un repas comme celui-ci avec vos amis, partageant ensemble les mets de la table et les enseignements du maître.
Rappelons-nous ses plus importantes paroles:
Frères, voilà l'essentiel du message de notre maître Jésus.
Allons, quittons confiants cette maison-refuge, retournons vers nos familles et à notre travail, répandons autour de nous la BONNE-NOUVELLE de Jésus et appliquons-nous, tous les jours de notre vie, à en faire un maître VIVANT... et vivifiant."
À l'aube, le lendemain matin, tous les compagnons qui étaient sur place quittèrent la maison-refuge, réconfortés et encouragés par les paroles de Simon.
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Bien sûr, après la mort de Jésus sur la croix, il n'y a pas eu de résurrection de son corps ni d'ascension au ciel.
Selon ce que nous en savons, CLAUDIA, l'épouse du procurateur romain Ponce Pilate (celle-la-même qui, au cours du procès de Jésus, avait demandé à son époux de ne pas s'en mêler) aurait soudoyé un soldat de la garde prétorienne, un certain Longin, pour qu'il tire de la fosse commune des suppliciés le corps de Jésus et qu'il lui donne une sépulture aussi honorable que discrète. Tellement discrète, que personne n'a jamais su où fut inhumé la dépouille du prophète de Galilée.
Si nous connaissons aujourd'hui cette singulière révélation à propos de la mort de Jésus, c'est que Claudia, qui fut (en secret) disciple de Jésus, en aurait informé l'apôtre Paul qu'elle aurait suivi jusqu'à Rome pour l'accompagner dans son ultime voyage dans la capitale de l'Empire romain.
D'après le récit des Actes des Apôtres, Paul fut arrêté à Jérusalem après les émeutes déclenchées par ses adversaires juifs puis conduit à Rome. Il y fut exécuté -en même temps que sa disciple Claudia- vers 65.
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Simon, qui avait lâchement renié Jésus, fut le reste de sa vie le plus ardent propagateur du message et de l'enseignement de son exceptionnel maître.
Il n'est pas vrai -comme le prétend la version chrétienne et catholique des faits- que Simon fut nommé le premier évêque de Rome (ou le premier pape) . De toute façon, ce modeste et ignorant pêcheur galiléen n'alla jamais à Rome. Cependant, il donna sa vie, à Jérusalem, pour confirmer sa foi en Jésus.
Il fut martyrisé vers 64 quelque part dans cette ville avec d'autres disciples. Probablement lapidé. Pas crucifié la tête en bas, selon une certaine tradition. Son corps ne fut jamais retrouvé. Et il est faux de croire que ses restes sont conservés sous la basilique romaine qui porte son nom, Saint-Pierre.
Bien sûr, Simon fut essentiellement un propagateur du message de Jésus.
Mais avec les années, cette image de "propagateur de la Bonne-Nouvelle" disparut progressivement au profit de celle d'administrateur de la nouvelle religion chrétienne. Lorsque l'évêque de Rome en vint à être considéré comme l'évêque de toute la chrétienté, il a bien fallu que quelqu'un, quelque part et à un moment donné, tripotte la vérité historique et fasse de l'humble Simon de Galilée un martyr "romain" afin que cela serve de base à la théorie de la succession apostolique selon laquelle tous les évêques de Rome sont considérés comme étant les successeurs de Pierre à qui Jésus aurait donné les clés du Royaume de Dieu !!!! (Évangile selon saint Matthieu, XVI, 19)
À partir du XIe siècle, les Églises orientales rejetèrent l'autorité de l'évêque de Rome (du pape) , et l'opposition à la théorie des papes successeurs de Pierre fut une des pierres angulaires de la Réforme protestante en Europe.

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Évangile Jésus