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Lorsque le triste cortège parvint enfin au sommet du Golgotha - qui veut dire l'emplacement des crânes *- les bourreaux dépouillèrent Jésus de ses vêtements et l'attachèrent, nu, au patibulum de la croix en lui enfonçant des clous dans les mains. Et quand la pièce de bois fut hissée au sommet du stipes, on lui attacha également les pieds et on suspendit à son cou un écriteau sur lequel était écrit: Jésus de Galilée, roi des Juifs. Pilate avait pris cette initiative pour ridiculiser les détracteurs de Jésus.
Outrés, les huissiers du sanhédrin allèrent protester auprès de Pilate: "Seigneur, nous ne t'avons jamais dit qu'il était notre roi; nous t'avons seulement signalé qu'il se prétendait le roi des Juifs."
Froidement et de façon incisive, Pilate les renvoya en leur disant: "Ce qui est écrit est écrit et je n'y changerai pas un iota pour vous faire plaisir."
Pendant ce temps, sur la colline du Calvaire, une petite foule était maintenant massée autour des suppliciés, mais tenue à distance par les soldats.

Jésus agonisait maintenant sous un soleil de plomb.
Sa tête ensanglantée brûlait de fièvre.
Ses yeux tourmentés cherchaient désespérément une quelconque compassion sur les figures hostiles qui le dévisageaient outrageusement.
Son cou étiré et sa bouche démesurément ouverte cherchaient péniblement l'air qui lui manquait de plus en plus.
Sa gorge brûlait et le sang lui battait dans les tempes comme des coups de marteaux.
Ses plaies aux mains et aux pieds ainsi que d'atroces crampes dans tout le corps lui arrachaient des cris qui se mêlaient aux gémissements des autres suppliciés et se répercutaient sinistrement jusqu'au fond de la vallée.
Un vent chaud et sec soufflait du sud soulevant des nuages de fine poussière de sable tout autour des condamnés.
À côté de Jésus, on avait également crucifié le zélote Barabbas.
Jésus supplia en gémissant: "J'ai soif !"
Alors, au bout de sa pique, un soldat romain lui présenta une éponge imbibée d'une amère boisson. Jésus en approcha ses lèvres mais s'abstint de boire.
Parmi les gens venus sur la colline pour assister au supplice des condamnés, certains les abreuvaient d'injures * de toutes sortes. Jésus ne fut pas épargné: "Descends de ta croix, si tu le peux et prouve aux Romains que tu es plus fort qu'eux. Alors, il nous sera facile de croire en toi!"
Quelques prêtres présents, accompagnés de scribes et de policiers du Temple, ne se gênèrent pas non plus: "Si tu es le fils de Dieu, comme tu l'as toujours prétendu, fais un miracle devant nous et descends de ta croix !"
D'autres disaient: "Toi qui as guéri et sauvé des gens par dizaines, allons, sauve-toi toi-même!
Tout près de Jésus un zélote supplicié gémit: "Si tu es le Christ, comme tout le monde le prétend, sauve-toi d'ici et amène-nous avec toi!"
Barabbas, ne put s'empêcher de le rabrouer: "Pourquoi demandes-tu à cet homme une chose aussi ridicule?"
Ce qui nous arrive à moi et à toi, les Romains se croient en droit de nous l'infliger: ils vengent aujourd'hui tous leurs morts et toutes les humiliations que nous leur avons infligées.
Mais lui, crucifié avec nous, il n'a rien fait de mal, que je sache... Il n'a fait que du bien... et j'ai même tiré le glaive pour le défendre au moment de son arrestation sur l'esplanade du Temple. Nos amis zélotes l'ont d'ailleurs toujours protégé!"
Et, se tournant vers Jésus: "Ami, souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton Royaume. Je veux être avec toi!"
Jésus tourna péniblement sa tête ensanglantée de son côté en gémissant: "Aujourd'hui, nous partirons ensemble pour ce Royaume et je resterai à tes côtés pour marcher avec toi vers la lumière."
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Comme le Golgotha était la colline sur laquelle les Romains crucifiaient les condamnés, on pouvait donc ici et là à ce morbide et sinistre endroit, trouver quelques crânes et ossements de suppliciés que les chiens et les oiseaux charognards n'avaient pas complètement éliminés.
Les condamnés mouraient sur la croix au bout de quelques heures, le plus souvent par asphyxie. Les plus robustes et les plus endurants pouvaient mourir au bout de quelques jours. Mais il était rare de les laisser agoniser aussi longtemps. En général, au bout de 5 ou 6 heures, les gardiens leur brisaient les os des jambes. Alors, incapables de se redresser pour mieux respirer, les pauvres suppliciés mouraient étouffés les instants d'après.
Les corps restaient sur la croix et pourrissaient sur place pendant quelques jours. C'étaient de sérieux avertissements à tous ceux qui oseraient, une fois de plus, défier l'autorité et l'ordre de Rome.
À un moment donné, cependant, on débarrassait les stipes de leur patibulum et les corps, à demi décomposés et rongés par la vermine et les charognards de toutes espèces, étaient finalement jetés ici et là sur le terrain. Les rapaces ainsi que la chaude température finissaient par les éliminer complètement. Ceci explique pourquoi les archéologues contemporains aient trouvé si peu d'ossements sur le Golgotha, même si des milliers de condamnés furent exécutés sur ce sinistre monticule.

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Parmi ceux qui injuriaient Jésus pendu à la croix, certains étaient déçus de la tournure aussi inattendue que décevante des événements. Pour de nombreux Juifs nationalistes, les espoirs que ce dernier avait fait naître en eux s'envolaient à tout jamais. Et leur déception amère s'exprimait... en insultes. Ils avaient la nette impression d'avoir été berné... par ce faux messie.
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Page 79 » Les derniers instants de Jésus
Évangile Jésus