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Jean, Rachelle, Judas et quelques autres curieux suivirent de loin la troupe qui avait arrêté Jésus et Barabbas. On conduisit les inculpés jusqu'au palais du grand prêtre Caïphe.
Un ami de Judas, qui connaissait bien un des serviteurs qui travaillaient au palais, introduisit le petit groupe dans la cour intérieure où ils purent attendre discrètement la suite des événements, assis près d'un feu qu'on avait allumé à cause de la fraîcheur de ce début de journée. Beaucoup de gens déambulaient dans cette cour, les uns sortant du palais, les autres y entrant, et enfin, d'autres curieux venant prendre des nouvelles de tout ce qui se passait dans l'entourage du grand prêtre.
Alerté par des amis, Simon, qui regrettait d'avoir faussé compagnie à ses compagnons la veille au soir, décida de se rendre lui aussi sur place afin d'être mieux informé de ce qui se passait. Mais son entrée dans la cour ne passa pas inaperçue. Un serviteur le remarqua et lui dit: "Dis donc! Je te connais, toi! Tu es l'un des disciples du prêcheur qu'on vient d'arrêter! Je t'ai vu maintes fois avec lui, alors qu'il enseignait la foule sur l'esplanade du Temple!"
Surpris et gêné d'être reconnu parmi tous les curieux qui étaient là, Simon nia catégoriquement, à la grande surprise de ses amis Judas, Rachelle et Jean témoins de la scène.
"Ami, je ne sais vraiment pas de quoi tu parles! Vois-tu, passant par ici et voyant tous ces gens dans la cour, je me suis arrêté pour me réchauffer et m'informer pour savoir ce qui se passe ici, ce matin... Est-ce chose défendue, maintenant?
Une femme, témoin de la scène renchérit: "Aie, l'ami, tu mens aussi effrontément qu'un païen! Je sais, moi, que tu connais très bien ce Jésus qu'on a amené ici parce que moi aussi je t'ai vu souvent en sa compagnie sur les places publiques."

Pierre et la femme
(peinture du XVIIe siècle)
Judas crut bon d'intervenir: "Allons, femme, tu fais erreur sur cet homme. Moi aussi je le connais très bien: c'est un ami à moi qui ne connaît pas plus le prêcheur que tu ne le connais toi-même. Laisse-le tranquille, je t'en prie et ne l'importune pas!"
Un peu plus tard, la femme, certaine de ne pas se tromper, s'en prit de nouveau à Simon: "Je ne crois pas un mot de ce que ton ami dit de toi. Je suis certaine de ne pas me tromper: tu es disciple du prévenu qu'on vient d'arrêter."
Impatienté et gardant la tête baissée et à demi dissimulée sous son manteau, Simon rétorqua: "Femme, tu déraisonnes: je crois que l'alcool que tu caches dans les plis de ta robe et que tu bois depuis un moment dérange ton esprit... Je te le jure: je ne connais pas l'homme dont tu parles!"
Du coup, Simon se souvint de la parole de Jésus: "Simon, tu seras le premier de tous à me renier quand viendra le moment de prendre ma défense!"
D'un trait, il se leva et quitta les lieux, laissant ses amis sur place.
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