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Les ennemis de Jésus
Chapitre VIII: La méprise

Pendant que Jésus enseignait, la foule qui se pressait aux abords du Temple devenait chaque jour plus nombreuse à mesure que la fête de Pâque approchait. Beaucoup de Juifs cherchaient à l'entendre et disaient: "Il y a grande rumeur à son sujet. Les uns disent: C'est un homme de bien! Mais d'autres ne sont pas d'accord: Non, il égare la multitude!"

Cependant, tous voulaient l'entendre.

Mais personne n'osait s'enquérir de lui ouvertement de peur d'éveiller les soupçons des espions que les prêtres avaient placés ici et là pour le surveiller, ainsi que ses disciples.

Un jour, un de ces espions-provocateurs prit la parole devant tous et demanda à Jésus: "Comment peux-tu connaître aussi bien les Écritures, toi qui n'as jamais étudié dans nos écoles?"

Jésus lui répondit avec fermeté: "Ce que tu affirmes et faux! J'ai étudié longtemps dans les écoles des rabbins et des scribes. J'ai même séjourné chez les Esséniens qui font de l'étude des Écritures une de leurs principales préoccupations. Malheureusement, j'y ai appris surtout l'intolérance et le grand art d'assaisonner la Vérité de Dieu à toutes les sauces partisanes.

J'en suis sorti... convaincu que nous avons tous perdu le sens de Dieu.

Aussi, ce que j'enseigne au peuple, ce n'est pas une doctrine, ni une interprétation des textes de la Loi ou des Écritures.

Ce que j'enseigne au peuple, c'est l'ouverture d'esprit.

Un esprit éclairé par une humble et constante recherche.

On ne se trompe jamais quand on cherche honnêtement la Vérité à la lumière des réalités de la Vie.

En tout cas, on se trompe moins ainsi qu'en abandonnant sa conscience aux prêtres et aux autres manipulateurs du sacré et du mystère. Et c'est parce que je les dénonce publiquement devant tout le peuple qu'on cherche maintenant à me faire mourir."

Des auditeurs à la solde des prêtres lui répondirent perfidement: "Si certains cherchent à te faire mourir, comme tu le prétends, c'est que tu es possédé du démon: tu enseignes au peuple l'insubordination et tu t'arroges le droit de remettre les péchés, de profaner le sabbat et de dire tes mensonges sur la place publique et dans les synagogues."

Mais plusieurs témoins disaient entre eux: "En effet, voilà bien un homme qui a son franc-parler et qui ne craint pas de s'opposer au gouvernement des prêtres ! Le Christ, s'il était parmi nous, ferait-il plus de miracles que cet homme et parlerait-il autrement?"

Tout-à-coup, quelqu'un cria dans la foule: "Celui-ci est le Christ !"

Mais des gens lui répliquèrent: "Nous en doutons! Car, est-ce bien de Galilée que doit venir le Christ? L'Écriture ne nous apprend-elle pas que le Christ sera de la lignée et de la ville de David ?"

Un zélote cria alors haut et fort: Cet homme est le fils de notre ancien roi Hérode le Grand, le père de notre roi actuel, Hérode Antipas !

C'est lui qui devrait gouverner notre pays à la place de son frère vendu aux prêtres et aux Romains. C'est lui qui devrait reprendre l'épée de David et chasser de nos murs les prêtres indignes et les païens oppresseurs.

Ce Jésus est plus qu'un prophète! C'est le Christ *! Notre roi!"

Il y eut alors une énorme rumeur dans la foule.

Des gardes du Temple, sur l'ordre des prêtres, se précipitèrent sur l'homme pour l'arrêter. D'autres encerclèrent Jésus pour se saisir de lui. Mais des zélotes armés, dispersés ici et là dans la foule -et commandés par Judas et Simon- s'interposèrent entre l'homme, Jésus et les gardes et se frayèrent un passage à travers la foule, jusqu'à la sortie.

Choqués de l'inefficacité de leur police, les prêtres exigèrent des explications du commandant.

"Pourquoi n'avez-vous pas arrêté ces agitateurs?"

Ce dernier leur répondit: "Il nous a été impossible de le faire. Ce Jésus, et les gens qui l'accompagnent et le protègent, ont l'appui de plusieurs au sein du peuple. Nous en prendre à eux, c'est prendre un grand risque !

De toute façon, quoi que vous en pensiez, jamais homme n'a parlé comme cet homme!

Et je soupçonne que bon nombre d'entre vous sont jaloux de l'autorité qu'il a sur le peuple."

Un prêtre vociféra: "Faut-il croire que toi aussi tu te laisses séduire par les propos de cet imposteur?"

Le commandant baissa la tête sans mot dire. Un silence de plomb pesa sur l'assemblée.

Nicodème, qui était déjà venu rencontrer Jésus, la nuit, en cachette, le rompit:

"Notre Loi condamne-t-elle maintenant un homme avant de l'entendre et de savoir ce qu'il fait exactement? Nous savons qu'il est le demi-frère d'Antipas, qu'il a un ascendant très fort sur les foules, qu'il fait des miracles et qu'il s'en prend avec véhémence à notre privilège d'être les seuls représentants autorisés de Dieu auprès des croyants.... Mais cela en fait-il pour autant un possédé du démon ou un hors-la-loi?"

Les propos du vieillard scandalisèrent et enflammèrent l'indignation du groupe. On lui répondit aigrement et sur le ton de la méfiance:

"Dis donc, serais-tu, toi aussi, un des admirateurs secrets de ce Galiléen? Ouvre tes yeux embrouillés par la vieillesse, Nicodème, docteur en Israël ! Alors, tu ne manqueras pas de voir ce qu'il faut que tu voies: Rien de bon ne peut sortir de la Galilée, encore moins un prophète!"

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CHRIST

Christ du latin Christus (en grec khristos) vient du mot hébreu mashiah qui veut dire messie, oint du Seigneur, consacré par l'onction royale et sacerdotale.

Les catholiques disent le Christ, tandis que les protestants suppriment souvent l'article et disent Christ.

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