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Le pardon
Chapitre VII: Le Royaume des Cieux

Un auditeur s'enquit:

"Ami, faut-il toujours pardonner à ceux qui nous font du mal ou qui nous en ont fait?"

Jésus répondit:

"Le pardon ne se négocie pas: tu pardonnes... ou tu ne pardonnes pas.

Et si on ne pardonne pas, c'est que ça accroche quelque part.

Il y a des gens pour qui certaines choses sont impardonnables! Parce que les torts causés sont irréparables... Et je les comprends!

Si pour toi pardonner veut dire "accepter"... finir par accepter... je te dis qu'il y a des choses inacceptables dans la vie. Par exemple, une mère ne pourra probablement jamais accepter qu'on tue son enfant! Alors, qu'elle refuse son pardon à l'assassin, je la comprends!

Mais si le refus du pardon est une chose que je comprends, par contre, ce refus ne doit jamais être accompagné d'un désir de vengeance ou de rancoeur.

Moi, je vous le dis: "Rancoeur, haine et désir de vengeance sont les poisons du coeur."

Les garder au-dedans de soi-même c'est se faire un grand mal et créer dans son entourage un climat morbide qui mène tout droit à l'affrontement et à l'hostilité.

Ne pas pardonner, c'est une chose.
Haïr, c'est autre chose... et c'est ce qu'il y a de plus malsain.
Haïr, c'est le refus d'AIDER.
Le refus d'aider, c'est cautionner le mal... c'est nourrir le mal.

Il faut prendre garde de confondre le MAL et son AUTEUR.

Le ciel n'est pas responsable de ses orages dévastateurs pas plus que la pluie ne l'est de ses inondations.

La chambre n'est pas responsable de l'obscurité qui l'emplit, le soir, pas plus que le champ n'est responsable de la sécheresse qui le rend improductif.

L'homme peut être l'auteur d'une faute... mais il n'est pas la faute.
Pas plus que le pécheur est le péché.
 
Celui qui commet une faute doit être AIDÉ... non puni.
À moins qu'il ne montre aucun signe d'amendement.
Repentir et pardon semble aller de paire.

Le fautif, s'il regrette, doit être aidé... non culpabilisé, ni méprisé, ni rejeté.

Celui qui porte la haine en son coeur à l'endroit de quelqu'un qui l'a blessé ou offensé, hait-il vraiment ce qu'il doit haïr avant tout, le MAL?

Aussi, je vous le dis: "On ne devrait jamais s'endormir, le soir, le coeur haineux contre quelqu'un"

Prenons exemple sur la VIE : elle ne pardonne pas... elle TRANSFORME...
Douloureusement parfois, j'en conviens, mais elle transforme tout ce qu'elle anime.

Soyons des TRANSFORMATEURS!

C'est la façon divine de pardonner."

Alors, Jésus raconta à son auditoire cette parabole:

"Un homme avait deux fils. Le plus jeune vint trouver son père et lui dit: "Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir en héritage." Et le père s'exécuta.

Peu de jours après, le fils quitta son père et son aîné et partit avec son avoir vers un pays lointain où il ne tarda pas à tout dépenser en vivant dans la débauche. Et lorsqu'il eut tout gaspillé son argent, une grande famine survint dans le pays où il était et il commença à se trouver dans le besoin.

Il alla se mettre au service d'un des habitants du pays qui l'envoya dans ses champs garder les pourceaux. Là, dans une extrême misère, il aurait bien voulu se nourrir des carouges donnés aux cochons mais personne ne lui en offrait.

Il se mit donc à réfléchir: combien de serviteurs, chez mon père, ont de quoi manger à satiété, mais moi, ici, je meurs de faim. Je dois partir d'ici et retourner chez mon père. Rendu à la maison, je me jetterai à genoux à ses pieds et je lui dirai: "Père, j'ai péché contre toi et contre le ciel et je ne suis plus digne d'être appelé ton fils: traite-moi maintenant comme un de tes serviteurs."

Et il s'en retourna chez lui.

Comme il était encore loin, son père le vit venir et fut ému de compassion: il courut au-devant de son fils et l'embrassa en le serrant dans ses bras. Il dit alors à ses serviteurs: "Apportez vite ses plus beaux habits, mettez-lui un anneau au doigt et des sandales neuves aux pieds. Tuez le veau gras et préparez un grand festin. Mangeons et réjouissons-nous! Car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie. Il était perdu et il est maintenant retrouvé."

Or, le fils aîné était aux champs à travailler.

Lorsqu'il revint à la maison, il entendit la musique et les danses. Il demanda à un serviteur de lui en expliquer la cause. Celui-ci lui répondit: "Ton frère cadet est de retour et pour fêter l'événement, ton père a ordonné qu'on lui prépare cette fête."

Le fils aîné se mit alors dans une grande colère et il refusa d'entrer dans la maison. Son père sortit et le pria d'entrer. Mais l'aîné répondit: "Voici que je te sers déjà depuis plusieurs années sans jamais avoir transgressé tes ordres et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis. Mais quand mon frère est arrivé, celui-là même qui a dilapidé tes biens avec des prostituées, c'est pour toi l'occasion de tuer le veau gras et d'organiser une grande fête!"

Le père répliqua: "Mon enfant, tu es toujours avec moi et tout ce que j'ai est à toi. Mais il fallait bien s'égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu'il est revenu à la vie, parce qu'il était perdu et qu'il est maintenant retrouvé."

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