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Et voici qu'un homme s'approcha de Jésus pour lui demander: "Ami, quels obligations dois-je remplir pour obtenir, à la fin de mes jours, la vie éternelle?"
Jésus se recueillit un bon moment avant de répondre: "Pourquoi m'interroges-tu sur ce que tu dois faire de bon pour obtenir la vie éternelle? Chose certaine, il n'y a pas de recettes pour la vie éternelle. Pas plus qu'il y en a une, ici-bas, pour être heureux.
Si tu veux préparer convenablement ta vie éternelle, je te conseille de bien vivre celle-ci.
Comme à tous les hommes de la planète, la Vie te donne tout ce qu'il faut pour suivre ton chemin unique ici-bas. Chemin qui croisera immanquablement, un jour ou l'autre, celui de la vie éternelle.
Ami, va ton chemin dans la vie sans chercher l'approbation des autres. Que chacune de tes pensées et chacun de tes actes soit une démarche honnête et éclairée vers ton destin... unique.
Laisse les autres juger. Te juger.
Te juger, souvent à travers l'étroitesse de leur vision déformée par les préjugés ou le dogmatisme."
L'homme répliqua: "Il faut donc que je vive selon les principes de ma conscience et de mes convictions personnelles?"
Jésus confirma: "Dieu-la-Vie nous a donné cette unique liberté: celle de tenter d'accorder notre vie à nos aspirations."
L'homme fit remarquer à Jésus: "Je crois lucidement qu'il y a en moi beaucoup trop de mensonges et de ténèbres pour que je me risque à prendre une telle liberté? J'ai grand besoin de guides et de balises pour voir clair en moi-même et orienter sagement ma vie."
Jésus observa: Pour voir clair en soi-même et trouver son chemin à soi, il faut être libre!
Libre de toute autorité...
Libre de la peur!
Retenons bien ceci: "La vérité est toujours au-dedans de nous, comme une source intarissable."
C'est à nous d'y boire... sans nous demander à tout propos si cette source est empoisonnée.
L'homme s'enquit: "Mais n'y a-t-il pas beaucoup d'orgueil et de suffisance à vouloir se gouverner soi-même et à chercher sa propre vérité?"
Jésus précisa: "Je ne crois pas!
Il faut plutôt un grand courage pour s'aventurer dans l'inconnu de toutes choses, hors des sentiers battus, et tracer son propre chemin. Pour exister, il faut être soi-même. Et surtout croire en soi pour réaliser ce que l'on est.
Bien sûr, pour traverser le torrent tumultueux et profond de la vie, la plupart d'entre nous préféreront le solide pont de pierres à la corde raide tendue au-dessus du précipice par des casse-cou."
L'interlocuteur s'informa: "Mais, ami, pourquoi la quête de la vérité doit elle être de préférence une entreprise difficile et hasardeuse plutôt qu'une recherche sereine et confortable? J'ai des amis qui semblent tellement confortables et à l'aise dans leur foi!"
Jésus sourit: "Oui, tellement confortables d'être assis dessus!
Malheureusement, la vérité ne s'attrape pas au vol comme un oiseau que l'oiseleur voudrait prendre dans son filet.
Ce que tous croient vrai, un jour donné, ne l'est souvent plus les jours d'après.
C'est pour cette raison que les chercheurs... cherchent constamment... et finissent par trouver autre chose.
Ce que l'on croit vrai est toujours insidieuse invitation à ne plus chercher autre chose... ailleurs.
Rechercher la vérité, c'est tenter de voir lucidement toutes choses.
C'est ça, la recherche de la vérité: c'est essayer de comprendre davantage, d'y voir plus clair.
Et ce que l'on trouve, en faisant cet effort -parce que ça demande toujours un effort- n'est pas toujours très confortable, ni très serein, ni très apaisant.
Mais ça peut l'être aussi, à l'occasion!
Je suis d'accord: il faut commencer par manger les fruits et les légumes qui poussent dans son propre jardin. Ensuite, il est sage d'aller au marché public acheter ce qui nous manque.
Comprenez moi bien: La recherche personnelle ne dispense personne de la communion aux autres.
L'homme demanda alors à Jésus: "Ami, qu'est-ce que le péché pour toi?"
Jésus lui expliqua ce qu'il avait déjà maintes fois expliqué à d'autres: "Ce que j'appelle péché, c'est ce qui n'est plus bon pour moi.
Par exemple, l'eau reste toujours l'eau, même souillée. Mais de bonne qu'elle était, elle est devenue impropre à la consommation et c'est impossible de s'en servir pour se désaltérer, laver ou nettoyer. Elle n'est pratiquement plus utilisable.
Ce qui n'est plus utilisable, c'est ça le péché.
Et on peut mettre fin au péché en s'efforçant de réaliser dans notre vie ce qui pourrait être bon pour soi.
Je n'ai pas à m'affoler de l'eau sale. Elle est sale. Voilà!
Mais je peux la purifier, si je le veux, en la retournant dans le lit de la rivière ou en filtrant sa boue et ses déchets dans le sable et les roches.
Il n'y a pas de limites au bien et au bon dans nos vies.
Nos seules limites sont celles de notre paresse, de notre égoïsme, de notre ignorance et de notre manque d'imagination.
Notre refus d'agir."
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