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Vocation de Lévi
Chapitre IV: L'affrontement

De nouveau, Jésus se promenait sur le bord de la mer de Galilée pendant qu'une foule nombreuse le suivait. En passant, il vit un publicain * nommé Lévi *, fils d'Alphée, assis au bureau des péages. Il lui dit: "Suis-moi!" Alors, ce dernier le suivit et il en profita pour inviter Jésus à venir manger chez lui.

Arrivé sur place, quelques amis de Lévi se mirent à table avec Jésus et ses compagnons.

Des scribes et des pharisiens qui passaient par là pour épier Jésus dirent aux compagnons: "Pourquoi votre maître mange-t-il et boit-il avec des publicains ainsi que des gens de mauvaises vie?"

Jésus, ayant tout entendu leur répondit: "Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin du médecin, mais les malades.

Je ne suis pas venu parler à ceux qui se croient parfaits -comme vous prétendez l'être vous-mêmes- car ces gens-là n'ont que faire de mon enseignement. Mais laissez-moi vous dire ceci: Si votre perfection ne va pas au-delà de ce que vous affichez présentement, vous n'entrerez pas au Royaume des cieux *

Cessez de faire vos bonnes oeuvres devant les hommes afin d'en être vus et louangés: la plupart de ces bonnes oeuvres ne vous attirent que le respect des naïfs qui lisent mal dans votre jeu.

Vos blessantes aumônes, c'est connu de tous, ne servent qu'à parer votre vertu de la misère des pauvres.

Vos prières ostentatoires, au coin des rues ou dans les synagogues, déplaisent autant à Dieu qu'elles vous attirent le mépris des gens sincères qui n'y voient même pas l'ombre d'une honnête piété.

En vérité, la plupart d'entre vous êtes davantage des comédiens que des gens de bien."

Puis, continuant de parler, Jésus s'adressa plus spécialement à ses hôtes et à ses amis:

"Quand nous prions, ne marmonnons pas des mots et ne répétons pas sans cesse des textes appris par coeur. Arrêtons de faire tourner nos moulins à prières! Nous ne sommes pas des perroquets ni des machines à répéter des mots ou des formules. La répétition est une forme d'indigence intellectuelle.

Quand nous voulons prier, recueillons-nous, ramassons-nous en nous-mêmes, chassons de notre esprit tout ce qui peut le distraire et cherchons, dans le SILENCE des mots et des distractions de toutes sortes, à prendre contact avec l'Âme de l'Univers, Dieu.

C'est le SILENCE qui donne naissance à tout: du bruit le plus insolite jusqu'au plus beau chant d'oiseau.

C'est le SILENCE qui nous révèle DIEU.

Ne demandons rien dans nos prières,,,
hormis d'avoir le courage, chaque jour, de suivre le chemin unique qui nous a été tracé de toute éternité.

Nous sommes ce que nous sommes et rien ne nous sera donné de plus que ce que nous devons recevoir de la Vie pour marcher ici-bas dans notre chemin unique.

Cherchons plutôt la LUMIÈRE.
À comprendre ce qu'il faut que nous comprenions pour progresser sagement dans la vie.

Si, au moment de la prière nous sommes dans la JOIE, laissons-la monter en nous comme un encens agréable qui embaume la vie.

Si, au contraire, nous sommes dans la PEINE, laissons-la s'épancher en nous comme une eau qui coule dans le lit d'une rivière en cherchant la mer.

Dans la prière, pleurons nos peines et crions nos joies: les pleurs et les rires sont les prières les plus vraies et les plus réconfortantes. Ils adoucissent la sécheresse du coeur. Ils alimentent la vie.

Et si, dans notre prière, nos lèvres veulent quand même exprimer des besoins, disons simplement:

Toi, la Vie, souffle de l'Univers, alimente la mienne
enrichis mon coeur de tes dons et de tes grâces,
éclaire ma pensée, fortifie ma faiblesse,
et guide sûrement mes pas dans le chemin qui est mien, malgré les embûches et les adversités.

Dieu n'a pas besoin que son nom soit sanctifié, que son règne arrive et que sa volonté soit faite sur la terre et au ciel. Dieu n'a pas de tels besoins.

À travers les âges, ce sont plutôt les hommes qui ont profité de Dieu pour glorifier leur nom, étendre leur empire et imposer leur volonté aux plus faibles.

Dieu-la-Vie se manifeste constamment dans le monde: avec ou sans notre approbation... et à travers un mystérieux cheminement qui déroute complètement notre entendement.

Ne nous inquiétons pas pour notre vie: de ce que nous mangerons demain, de quoi nous vêtirons notre corps et quel toit nous abritera.

Regardons les oiseaux du ciel ou les lis des champs: ils ne demandent rien à Dieu, et pourtant, celui-ci leur donne chaque jour tout ce qu'il faut. Et remarquez ceci: le roi Salomon, dans toute sa gloire, ne fut jamais aussi bien vêtu comme l'une de ces humbles fleurs des champs qui réjouissent nos regards.

Mais attention! La confiance en Dieu ne dispense personne de l'ACTION.

Car c'est dans l'action que l'homme se réalise.

Aide-toi, et le Ciel t'aidera!"

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LÉVI-MATTHIEU

C'est le nom donné par les évangélistes Luc et Marc à ce compagnon de Jésus qui devint évangéliste sous le nom de Matthieu. Comme Lévi était percepteur d'impôts pour les Romains (un publicain), il était victime, bien sûr, du mépris de ses concitoyens. Pour Jésus, ce mépris était injustifié et il fit exprès pour incorporer Lévi à son équipe, à la grande surprise (pour ne pas dire au scandale) de son entourage immédiat.

l'évangéliste Matthieu

Selon la tradition ecclésiastique, il fut l'auteur du premier Évangile et, par conséquent, l'un des quatre évangélistes. On sait peu de choses sur lui. Les trois premiers Évangiles racontent qu'il était percepteur (publicain) dans l'ancien port de Capharnaüm (Évangile selon saint Matthieu, IX, 9 ; X, 3 ; Évangile selon saint Marc, II, 14-16 ; Évangile selon saint Luc, V, 27-29), ce qui le rattache à la classe dite des « pécheurs » (Évangile selon saint Marc, II, 16).

Marc l'appelle « Lévi, fils d'Alphée », Luc simplement « Lévi ». Certains spécialistes pensent qu'il s'est peut-être appelé Lévi à l'origine, et que Jésus l'aurait appelé Matthieu après en avoir fait un compagnon; il s'agit d'un ancien nom hébreu ou araméen qui signifie « don de Yahvé ».

Matthieu n'est pas un personnage de premier plan dans les récits du Nouveau Testament relatifs aux compagnons de Jésus. Trois des évangélistes racontent l'origine de son nom, l'un d'eux parle d'un festin qu'il offrit pour fêter ce tournant de sa vie (Évangile selon saint Luc, V, 29), et trois confirment qu'il faisait effectivement partie des compagnons de Jésus (Évangile selon saint Matthieu, X, 3 ; Évangile selon saint Marc, III, 18 ; Évangile selon saint Luc, VI, 15).

Matthieu a été appelé ainsi non parce qu'il s'agit d'un compagnon important, mais pour témoigner de la grâce indiscutable de Jésus-Christ. En tant que percepteur placé sous l'autorité du tétrarque Hérode Antipas ou directement sous celle du gouvernement romain, c'était probablement un homme riche et doté d'une certaine éducation, doué en arithmétique (sûrement pas en généalogie, comme on l'a constaté précédemment) et connaissant à la fois l'araméen et le grec. Il est le patron des percepteurs et des banquiers. Sa fête est le 21 septembre.

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PUBLICAINS

Les rois de Palestine avaient tous un intendant à leur service. Son rôle, entre autres, était d'organiser dans tout le pays la perception des impôts pour leur maître... et les Romains. Pour mener à bien cette lourde tâche, ces intendants comptaient sur des fonctionnaires fort impopulaires, les publicains.

bas-relief représentant un percepteur d'impôts assis à sa table

Ces publicains-percepteurs-d'impôts étaient notoirement malhonnêtes, mais dès l'instant où les rentrées d'argent correspondaient aux montants attendus et avaient lieu au bon moment, l'intendant royal ne trouvait rien à redire à ce qu'ils pressurent les contribuables de toutes les façons, y compris par le chantage et l'intimidation.

Ces publicains avaient l'habitude de s'adjoindre, dans chaque village, un assistant qui connaissait bien tout le monde et à qui il était difficile de cacher l'état exact de ses revenus.

Donc, rien de surprenant que ces publicains aient été des gens aussi détestés que craints par tous les contribuables du pays qui les traitaient impitoyablement de voleurs et de pécheurs. Il va de soi que Jésus, en acceptant d'aller manger à leur table, choquaient profondément à peu près tout le monde: autant les membres de son entourage que les dévots du Temple et les nationalistes palestiniens.

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ROYAUME DES CIEUX

Contrairement à ce que la plupart d'entre nous peuvent penser ou croire, pour Jésus, le Royaume des cieux dont il parle si souvent n'est pas le ciel ou le paradis, lieu de récompense pour les justes après leur mort et l'endroit où lui-même habite de toute éternité. Notion fortement enracinée en nous par notre éducation religieuse.

Le ROYAUME DES CIEUX c'est plutôt un état de conscience morale élevé qui permet à l'homme de bonne volonté de vivre, dès ici-bas, en harmonie avec lui-même et le reste de la Création.

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Évangile selon Matthieu

Les premiers écrivains chrétiens pensaient que ce livre était le premier des Évangiles synoptiques (d'où sa place en tête du Nouveau Testament) et l'attribuèrent à Matthieu, affirmant qu'il l'avait écrit en Palestine, juste avant la destruction de Jérusalem en 70 apr. J.-C.

Bien que cette position soit toujours défendue par certains, la plupart des spécialistes pensent que l'Évangile selon Marc est le plus ancien : l'auteur de l'Évangile selon Matthieu utilisa celui de Marc comme l'une de ses deux principales sources, un recueil de paroles de Jésus appelé « Q » (de l'allemand Quelle, source) constituant la seconde.

Ils mettent par ailleurs en doute le fait que Matthieu ait écrit ce livre. Quel qu'ait été l'auteur réel, il s'agit certainement d'un juif, en partie parce que son Évangile contient de nombreuses références aux textes sacrés, à la loi et aux modes de vie des juifs. Par contre, il est aujourd'hui prouvé que le texte de cet évangile a été volontairement "manipulé" par des copistes désireux de nous prouver le MESSIANISME de Jésus.

Le lieu de rédaction demeure incertain : d'aucuns pensent qu'il s'agit de la Palestine ; d'autres songent à Antioche en Syrie. L'époque de rédaction souvent suggérée se situe aux environs de 80 apr. J.-C.

L'Évangile de Mathhieu se distingue par son insistance à montrer que Jésus est le Messie, l'héritier légitime du roi David.

Autre spécificité, la place particulière faite à Simon-Pierre, désigné comme le gardien « des clés du royaume des cieux » (XVI, 19).

L'influence de l'Évangile selon Matthieu sur le christianisme a été dominante dès sa parution. Il en a convaincu plusieurs que Jésus était... un messie... envoyé par Dieu aux hommes ================================================================================================

Page 29 » L'impôt à César

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