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Guérison d'un paralytique
le sens du péché
Chapitre IV: L'affrontement

Le lendemain matin du sermon sur la montagne, Jésus se reposait chez Simon quand des gens de la place et beaucoup de curieux -venus même de Jérusalem- envahirent la maison et ses abords pour voir et entendre le nouveau prophète de Galilée et lui présenter leurs malades. Quatre hommes portaient un paralytique couché sur son grabat.

Ne pouvant rejoindre Jésus dans la maison à cause de la foule qui s'y pressait, ils montèrent sur le toit et profitèrent d'une ouverture pour descendre le malade jusque devant lui.

Ce dernier s'adressa ainsi à Jésus: "Rabbi, j'ai beaucoup entendu parler de toi et de ton enseignement: je crois que tu es un grand prophète et un saint homme qui veut nous rendre tous meilleurs. Par contre, moi, je suis un misérable pécheur qui expie pour ses fautes et celles de tous les siens. Je t'en prie, demande à Dieu d'avoir pitié de moi!"

Jésus, visiblement ému par la confiance de cet homme malade qui sollicitait sa compassion, lui dit: "Homme, tu n'es pas malade à cause de tes péchés *

Et si tu as des péchés à te faire pardonner, commence par te pardonner toi-même et amende ta conduite pour ne plus retomber dans les mêmes erreurs.

Il ne sert à rien -et ce n'est pas une grande performance- de pardonner les péchés des gens qu'on ne connaît même pas, comme le font les prêtres... au nom de Dieu. Tout le monde peut faire ça.

Il en va tout autrement quand il s'agit de pardonner l'offense de quelqu'un qui nous a blessé directement. Qui nous a fait mal... et à qui on en veut, bien souvent. Même vos prêtres n'y arrivent pas, bien souvent.

Il ne faut pas pardonner les péchés des autres et s'en tenir à ça. Il faut les aider.

Parmi nous, peu sont prêts à aider le pécheur à s'amender et à tirer profit de ses erreurs.

En général, les gens bons et vertueux aiment mieux condamner qu'aider.
Se scandaliser plutôt que de montrer de la compassion.
Punir plutôt que de chercher à transformer.

Remarquez, dans les cours de justice: la foule exige du juge la punition du coupable. Une punition exemplaire, autant que possible."

En entendant cela, des pharisiens et des scribes, présents dans l'assemblée, s'indignèrent: "Tu blasphèmes! Comment oses-tu dire que le pardon des péchés est une chose sans importance, si seul Dieu ou ses prêtes peuvent le faire ?"

Entendant leurs récriminations, Jésus leur dit: "Dieu n'a que faire du pardon des péchés. Dieu ne veut pas qu'on pardonne les péchés mais qu'on aide les pécheurs à s'amender de leurs fautes."

S'adressant à l'homme paralysé, Jésus lui dit: "Lève-toi, prends ta civière et retourne chez toi!"

Faisant de grands efforts, sous les yeux anxieux des gens présents sur place, le paralytique tenta de se redresser. Ses amis l'aidèrent et, avec grand étonnement, le virent se tenir péniblement sur ses jambes vacillantes. Jésus lui ordonna à nouveau: "Retourne chez toi, ne crains rien!"

Confiant, l'homme fit quelques pas malhabiles devant certains spectateurs incrédules et se rendit jusqu'à la porte de la demeure de Simon où l'attendaient ceux qui l'avaient amené. Ceux-ci l'accueillirent avec joie. Bon nombre de ceux qui étaient sur place glorifiaient Dieu des dons extraordinaires du nouveau prophète en Israël.

Jésus profita de leur enthousiasme pour les enseigner: "Ce que nous disons être un péché, une faute, un manque... peut devenir une vertu, un équilibre rétabli.

Quand donc une chambre est-elle obscure?

C'est quand les volets sont fermés et qu'au dedans la lampe est éteinte. La lampe éteinte et les volets fermés sont responsables de l'obscurité de la chambre. Pas la chambre!

Moi, je vous dis: Allumons les hommes tout autour de nous en faisant briller devant eux notre lumière intérieure. Alors, nous n'aurons plus à nous plaindre de leurs ténèbres.

Concentrons-nous sur la lumière à irradier tout autour de nous plutôt que sur les ténèbres qui nous enveloppent.

Le feu qui brûle en chacun de nous -le feu de notre corps- s'appelle vie, et il vivifie.
Mais si ce feu devient subitement fièvre -à cause d'une maladie- il détruit le corps, le rend malade. Et c'est pourtant le même feu... mais un feu qui a dépassé la mesure.

L'homme est le plus grand transformateur de la planète.

Mais tout ce qu'il refuse de transformer -quand il le faut- risque de se tourner contre lui, de le perdre.

Les forces de ce monde non transformées, mal utilisées, détruisent, dévastent, empoisonnent.

Le feu que l'on domestique dans le fourneau cuit le pain, fait fondre les métaux, réchauffe ceux qui ont froid, etc.

Le vent que l'on apprivoise enfle la voile du bateau, fait tourner la roue du moulin, sèche le linge que l'on étend au soleil.

L'eau qu'on utilise à bon escient désaltère l'assoiffé, lave le linge souillé, purifie le corps et porte la barque jusqu'au port.

Mais le vent, l'eau et le feu non maîtrisés, mal assujettis, peuvent engendrer de grands séismes et causer de grands maux aux hommes: des incendies, des ouragans ou des inondations.

Ce qui prouve bien que tout ce qui est mauvais, d'une manière, peut être bon d'une autre. Tout est là.

Le mal est une force dévastatrice qu'on ne sait pas domestiquer.
Ou qu'on ne veut pas ou ne peut pas dompter. Alors, cette force détruit.

Mais on évite la destruction quand on sait contrôler les forces mises à notre disposition. Alors, il est possible de changer les poisons en remèdes et le feu, en lumière ou en chaleur.

Imaginons tout le mal qu'on voudra: il est possible d'en tirer tout le bien souhaitable.

Nous devons être des TRANSFORMATEURS.

Si quelqu'un mange un fruit, il tue ce fruit. -ce qui est mal en soi- mais la pulpe de celui-ci devient sa propre chair -ce qui est bien, sans aucun doute-. Beaucoup de choses, comme cela, meurent en nous ou dans la nature et... renaissent autrement. Meilleures, parfois!

Aussi, je vous le dis: Le MAL en nous, nous pouvons le transformer en BIEN.

La tâche du mal est de nous mettre à l'épreuve.

L'épreuve doit être pour chacun de nous une occasion de renouvellement,
de transformation,
d'interrogation,
de changement de cap.
 
Il n'y a pas de superflu ici-bas.
Rien ne se crée et rien ne se perd: on ne peut ni ôter, ni rajouter.

Mais il importe de remettre en place chaque chose, de diriger, de gérer.

Par exemple, diriger l'excès vers le manque,
le peu vers le trop... selon les besoins.
Si nous les dirigeons l'un vers l'autre, à bon escient, il n'y aura plus de déséquilibre.
Il n'y aura plus de mal.
 
Personne n'a besoin de quelqu'un, assis sur une chaise, qui pardonne ses péchés, sans plus.
Mais on a besoin de quelqu'un qui nous les montre, nous les rende inconfortables, nous enseigne comment les gérer. Les transformer.

DIEU ne pardonne pas les péchés: il n'a que faire de nos péchés. Il nous a fait pécheurs pour que nous tirions le bien du mal.

Et il nous a donné l'intelligence pour cela."

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PÉCHÉS

Remarquons ici que Jésus ne donne pas d'explications à la souffrance et à la maladie de ce paralytique qui vient solliciter son aide. Il se contente de le guérir. Quant à ses péchés, il ne lui reproche rien: il lui demande de s'amender, de changer de conduite. "Commence par te pardonner toi-même..." lui dit-il.

Tout en sachant bien que les péchés ne sont pas des choses qu'on pardonne mais que chacun de nous doit corriger. Mais l'occasion est belle, pour lui, de faire un pied de nez aux amis des prêtres qui sont sur place pour l'observer, l'espionner.

Pour Jésus, le péché n'est pas toujours la cause des maladies corporelles qui affectent l'homme, comme on pouvait le croire à l'époque. Autrement dit, la maladie n'est pas un châtiment de Dieu. Il fait donc comprendre à ceux qui ont assisté à la guérison instantanée du paralytique que le péché est plutôt une déviance de nos vies que chacun doit s'efforcer de rectifier, avec les moyens qu'il a et ceux qui peuvent charitablement lui être offerts par d'autres.

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LE PARDON DES PÉCHÉS

Ce pardon, seuls les prêtres -bien sûr, au nom de Dieu- pouvaient l'accorder à ceux qui le leur demandaient. En retour, le repenti, pour montrer la qualité de son repentir, devait offrir une aumône au Temple, donc aux prêtres qui vivaient grassement des revenus... du péché.

Il est donc facile de comprendre l'hostilité des prêtres devant quelqu'un qui prétendait que le pardon des péchés à tout venant ne valait pas grand'chose.

Au temps de Jésus, chez les Baptistes (en particulier chez les Esséniens). il est clair que le Temple de Jérusalem ne peut assurer le pardon de Yahvé. Seul ce dernier peut pardonner au pécheur à la condition qu'il amende complètement sa vie, c'est-à-dire qu'il retourne à la loi de Moïse de tout son coeur et de tout son être. Le baptême devient ce signe concret d'une vie ré-orientée vers Dieu.

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Page 28 » Vocation de Lévi

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