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Les conseils (béatitudes)
Chapitre IV: L'affrontement

Après l'échec de Nazareth, Jésus décida de retourner à Capharnaüm (le village de Simon et André) où sa prédication, même si elle faisait des vagues, était mieux reçue des gens et où l'attendaient des amis impatients de le revoir.

Sur le chemin du retour, près du lac de Génézareth, voyant qu'une foule nombreuse le suivait, il décida de gravir avec elle un monticule pour mieux lui exposer son enseignement. Au sommet, il fit asseoir les voyageurs fatigués et se tenant au milieu d'eux, il leur dit:

"Évitons de mépriser ceux qui n'ont pas nos goûts, nos idées, notre éducation, notre rang social ou notre fortune.

Cessons de faire l'aumône aux pauvres!
Faire l'aumône, c'est souvent donner nos restes, nos surplus.
Donner ses restes, c'est une autre façon de mépriser... plus subtile.
Partageons plutôt avec les pauvres tout ce que nous avons, même si nous avons peu.
Il est plus difficile de partager que de donner.
Partager nous situe au même niveau.
Donner nous place un cran au-dessus.
On fait volontiers l'aumône aux pauvres mais jamais ou rarement on les invite chez soi.
 
Ne passons pas nos vies à accumuler des richesses.
Nous n'emporterons rien tout cela dans la tombe. Seul le bilan de notre vie nous survivra.
 
Cessons d'être bons.
Les bons sont souvent des gens vaniteux qui cherchent à se faire apprécier, se faire voir.
Qui capitalisent sur leur bonté.
Qui méprisent ceux qui ne sont pas bons... comme eux le sont.

Ne donnons pas de bons conseils: donnons l'exemple.

Ne soyons pas vertueux. Soyons audacieux, astucieux, au besoin.
La vertu est souvent prétexte à s'abstenir. L'audace est un tremplin pour sauter dans l'action.
 
Ne cherchons pas à devenir respectables.
La respectabilité est un sac souvent rempli de comportements appris, plus ou moins hypocrites.
La respectabilité empêche souvent l'implication dans la misère des autres.

N'entretenons pas la colère et la haine autour de nous: elles engendrent trouble et confusion.

Supportons-nous les uns les autres: soyons indulgents pour l'erreur d'autrui...
mais jamais complaisants!
 
Ne sous-estimons pas la force de nos adversaires.
Rappelons-nous toujours ceci: l'ennemi a la force que lui abandonne notre faiblesse... souvent faite de silence et d'inaction.
 
Ne nous taisons jamais devant le mal: dénonçons-le partout et toujours, au risque de payer cher cette courageuse intervention.
 
Si nous détenons un poste d'autorité, n'y cherchons pas notre intérêt personnel.
Cherchons à servir. Pas à être servi.

Faisons aux autres, tout le bien que l'on voudrait qu'ils nous fassent.

Jugeons les autres comme nous voudrions être jugés.

Condamnons vigoureusement le mal chez l'homme, mais jamais l'homme.
Les erreurs des autres font partie de leur trajectoire unique. Nous devons en tenir compte, même si nous en sommes les victimes.
 
Ne punissons pas les autres.
La punition est une des faces cachées et méprisables de la domination et de la sujétion.
Plus souvent qu'autrement, la punition humilie et pousse à la révolte celui à qui on l'inflige.
 
Aidons plutôt les fautifs à s'amender, et à réparer le tort fait aux autres.

Ne respectons pas seulement ceux qui nous respectent.

Ne faisons pas du bien seulement à ceux qui nous en font.

Ne prêtons pas seulement à ceux qui pourront nous rembourser.

La force de chacun réside dans sa foi.

Mais la foi n'est pas de croire ce que l'on nous dit ou enseigne.
La FOI? C'est de croire en soi: sa force, son potentiel, sa capacité d'agir.
 
Croyons les choses et elles se matérialiseront.
Pensons les choses et elles arriveront.
Vivons les choses et elles nous animeront.
Persévérons les choses et elles aboutiront.
Cherchons les choses et nous les découvrirons.
Approfondissons les choses et elles nous éclaireront.
Provoquons les choses et elles nous bousculeront.
Aimons les choses et elles nous sensibiliseront.

La foi transporte les montagnes... et guérit... aussi bien l'âme que le corps.

Nous devons assumer notre vie: pour chacun de nous, elle a un sens unique, singulier et mystérieusement tracé d'avance par un destin incontournable. Mais, à tout moment, on doit entériner -ou non- l'itinéraire prévu. Tenter de comprendre chaque détour, chaque tournant, chaque montée, chaque descente. Prendre la gouverne de notre vie en main.

Dans la vie, rien n'est à croire mais tout est à comprendre.

Nous sommes libres -vraiment libres- quand nous assumons notre vie courageusement, malgré les qu'en dira-t-on et les paralysantes pressions sociales de toutes sortes.

Nous ne sommes pas libres quand nous faisons tout ce que les autres font, pensons tout ce qu'ils pensent, croyons tout ce qu'ils croient. Dans ces cas-là, nous sommes davantage esclaves ou pantins.

La vraie liberté, c'est de pouvoir suivre un chemin que personne ne nous a tracé.

On ne fait pas ce que l'on veut dans la vie mais on est pourtant responsable de ce que l'on fait."

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CONSEILS

Après l'échec de Nazareth, Jésus comprit bien une chose: ses miracles enthousiasmaient davantage les foules que son enseignement, lequel était plutôt austère et plus ou moins bien compris de la majorité de ses auditeurs.

Les CONSEILS énumérés ci-haut, dans son sermon sur la montagne, témoignent cependant de la force, de la profondeur et de l'originalité de son enseignement auprès de ses compatriotes. Plus encore, de la difficulté qu'il y a, pour chacun de nous, à le faire passer dans notre vie personnelle.

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Page 27b » Guérison d'un paralytique

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