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un lépreux demande
à Jésus sa guérisonContinuant son chemin vers Nazareth, le groupe des compagnons vit s'avancer un lépreux * qui se jeta aux pieds de Jésus en le suppliant: "Rabbi, si tu le veux, tu peux me rendre pur!"
Jésus, ému de compassion, s'approcha du malade et lui imposa les mains en disant: "Je sais que tu souffres profondément et dans ton corps et surtout dans ta fierté d'homme. L'horrible maladie qui pourrit tes chairs et tourmente ton esprit fait de toi une loque vivante qui soulève l'horreur des uns et la réprobation des autres.
Hélas, je ne peux pas te guérir de ta maladie mais, si tu le désires, tu peux te joindre à notre groupe et nous prendrons soin de toi."
Content de cette proposition, l'homme se releva en remerciant Jésus et il se joignit au groupe des compagnons de Jésus. Mais ces derniers se mirent à murmurer: "Maître, comment oses-tu enfreindre la loi et laisser ce misérable et répugnant pécheur se joindre à nous ?"
Jésus répliqua: "La lèpre -pas plus que d'autres maladies- n'est une maladie honteuse rattachée à une faute quelconque. La honte, c'est nous tous qui devrions en être accablés parce que hostiles à la misère des autres et imperméables à la compassion. La lèpre n'est pas, comme vous le croyez, le fruit pourri du péché, car si c'était le cas, nous serions probablement tous lépreux, moi le premier.
Cet homme fait pitié à voir. Certes. Ses plaies nous inspirent de la répulsion. Il sent également mauvais. Mais c'est son corps qui est malade. Pas son âme! Et le corps, ça se lave! Des plaies, ça se nettoie!
Moi, je vous le dis: C'est la lèpre du coeur qu'il faut craindre avant tout: celle qui fait pourrir l'esprit et ratatine notre vision des choses et imprègne de mesquinerie nos rapports avec les autres.
Rejeter cet homme, comme le suggère la Loi -et comme vous désirez que je le fasse- c'est l'enfoncer davantage dans sa misère et lui enlever toute chance de guérir.
Il n'est pas un quelconque déchet qu'il faut jeter au dépotoir de notre intolérance.
C'est un HOMME qu'il faut AIDER.
Laver son corps et panser ses plaies.
L'intervention vigoureuse de Jésus calma -pour un certain temps- ceux qui s'opposaient le plus à l'intégration du lépreux au sein du groupe. Rachelle, la soeur de Jésus, s'offrit pour aider le malade à s'intégrer au groupe.
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On parle beaucoup de lépreux dans les évangiles. Au temps de Jésus, les lépreux étaient considérés comme des gens impurs et la loi leur interdisait d'approcher les gens sains; ils devaient signaler leur présence en criant ou en agitant une clochette ou une crécelle. La plupart du temps. ils étaient réduits à vivre en bandes isolées de mendiants en dehors des villes et des villages. Plusieurs attribuaient leur pitoyable maladie à leur condition honteuse de pécheur.
Mais nous croyons que Jésus rencontrait, plus souvent qu'autrement, des gens qui étaient affectés par de sévères maladies de peau.

En fait, ces lépreux n'horripilaient pas les braves gens de l'époque parce qu'ils étaient souvent contagieux, mais parce qu`ils incarnaient le MAL. On croyait, dur comme fer, que leur maladie était un châtiment de Dieu et qu'ils avaient certainement "péché" quelque part pour être aussi mal en point. Bien sûr, les gens avaient peur de cette maladie contagieuse, mais ils avaient surtout horreur de la probable faute qui lui était sous-jacente. Un peu comme le sida, aujourd'hui.
À l'époque de Jésus, la nation juive -comme beaucoup d'autres, d'ailleurs- est animée par des valeurs d'HONNEUR et de HONTE. Autrement dit, on est heureusement correct ou on est honteusement incorrect. La maladie est justement là pour pointer du doigt les gens "incorrects"... Les pécheurs!
Beaucoup de malades qui s'attachent aux pas de Jésus pour obtenir leur guérison sont pratiquement MORTS, socialement parlant. En tout cas, devant les autres membres de la communauté, ils n'ont plus, bien souvent, le respect d'eux-mêmes. Ce sont des gens qui ont honte d'eux-mêmes, de cette honte qui pèse lourdement sur leur moral, et bien souvent aggrave leur piteux état physique.
Jésus guérissait physiquement, bien sûr. Il avait ce don. Mais il guérissait surtout moralement. En même temps que la santé, Jésus redonnait aux malades espoir et fierté. Il tentait de réintégrer socialement les "impurs" dans une société qui se voulait "pure".
Aussi, les actions curatives de Jésus le placent en conflit direct avec les prêtres du Temple qui étaient les seuls à pouvoir réintégrer -moyennant obole- dans la société des gens normaux ceux que des maladies honteuses en avaient exclus. Et quand Jésus invite ses guéris à se rendre au Temple pour témoigner, c'est un pied de nez qu'il fait alors aux prêtres. Lui, Jésus, guérit gratuitement, par compassion.
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Évangile Jésus