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Au sortir de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et quelques disciples se rendirent à la maison de Simon pour le repas du soir. En arrivant, ils trouvèrent l'épouse de celui-ci couchée à cause de la fièvre. S'étant approché d'elle, Jésus lui prit la main et l'invita à se lever. Or, à la grande surprise de tous, en quelques minutes, la fièvre la quitta et elle se mit à la tâche de servir tous les convives assis autour de la table.
Le soir, au coucher du soleil, on lui amena tous les malades et démoniaques des environs. Et beaucoup de gens étaient maintenant rassemblés dans la maison et tout autour. Jésus imposa les mains à plusieurs malades * dont la plupart retournèrent chez eux, réconfortés ou guéris.
Le lendemain matin, pendant qu'il faisait encore très sombre, Jésus se leva et sortit pour aller dans un lieu désert afin de se recueillir et méditer. Simon ainsi que ceux qui étaient avec lui, constatant que Jésus n'était plus à la maison, se mirent à sa recherche et quand ils l'eurent trouvé lui dirent: La foule est de nouveau rassemblée devant la maison pour t'entendre et te présenter ses malades... Pourquoi nous as-tu quittés sans prévenir: nous étions inquiets à ton sujet!
Il leur répondit: "Partons d'ici et allons ailleurs, dans les bourgades voisines, afin d'y prêcher également. D'autres gens ont besoin d'entendre mon message et j'aimerais m'adjoindre d'autres compagnons *" .
Pendant qu'ils étaient en route vers Nazareth (le village où avait grandi Jésus), deux hommes se joignirent au groupe. Ils étaient disciples du Baptiste.
Les voyant, Jésus leur demanda: "Vous cherchez quelqu'un?"
Ils lui répondirent: "Rabbi, nous avons beaucoup entendu parler de toi par notre maître Jean qui est mort. Voudrais-tu nous recevoir parmi tes disciples?"
Jésus leur dit: "Ne m'appelez pas rabbi. Personne n'est, ni ne doit être le maître de quiconque. Chacun de nous n'a qu'un maître: sa propre conscience éclairée par la sagesse de Dieu. Quant à Jean, c'était pour moi un parent et un ami. Venez et suivez-nous."
Ils s'appelaient Philippe et Nathanaël.
Ce dernier s'adressa à Jésus: "Frère, pardonne-moi pour le mépris dont je t'ai accablé! Car l'autre jour j'ai dit à Philippe, en parlant de toi: Philippe, quelle importance faut-il accorder à ce minable prophète sorti du trou perdu de Nazareth? Mais Philippe savait des choses sur ton compte: que tu es FILS DE ROI et qu'un jour, il est possible que tu règnes en Israël."
Jésus l'interrompit: "Nathanaël, ce que tu sais de moi, garde-le pour toi, par respect pour moi. Certaines choses ne seront révélées qu'en leur temps... D'ailleurs, je t'étonnerai certainement en t'affirmant que je suis plus qu'un fils de roi. Je suis fils de Dieu! *
Tout comme toi, d'ailleurs! Et tous les hommes de la Terre. Je ne suis pas un plus grand fils de Dieu que tous les autres.
Nous sommes tous, ici-bas, les créatures et les fils de Dieu, puisque c'est Dieu qui nous donne la vie et que c'est de cette vie-là que nous vivons.
Et même celui que nous jugeons -dans notre coeur- comme étant le plus mauvais, le plus méchant, le plus misérable et le moins digne de notre respect est également FILS DE DIEU."
Un mauvais fils de Dieu?
Il peut nous en paraître ainsi. Mais un fils de Dieu quand même!
Car Dieu ne porte pas en lui que lumière, paix, sérénité, bonheur et vie... Il n'engendre pas que de bons fils. Comme ici-bas, d'ailleurs, les fils d'hommes ne sont pas tous de bons fils.
Dieu incarne également...
Or, parce que je guéris parfois des malades, que je chasse de temps à autre des démons, que je parle avec autorité dans les synagogues, certains croient que je suis plus grand que d'autres, que je suis meilleur que d'autres. Certains me respectent à cause de cela. Pour eux, je suis prophète, envoyé de Dieu...
Bien sûr, si je le voulais, je profiterais de cet avantage. Il est tout de même flatteur d'être consacré par les naïfs, élu, prophète, envoyé de Dieu...
Or, méditez bien ceci: Je suis, comme vous tous, homme mortel et fils du Dieu immortel. Il se peut bien que Dieu parle par ma bouche -comme il peut arriver qu'il parle aussi par la vôtre- mais je ne parle pas en son nom... comme le font vos prêtres.
Et si Dieu veut parfois parler aux hommes par la bouche d'autres hommes, il n'envoie jamais ici-bas d'autres fils que ceux de chair et de sang qui y sont déjà. Ses propres fils... vous et moi!
Il ne crée pas de super-fils !
Quant au messie qui doit venir sauver Israël, moi je vous dis: Israël s'illusionne s'il croit que l'envoyé de Dieu sera plus parfait, plus grand et plus fort qu'un homme de chair ordinaire avec ses vertus et ses péchés, sa sagesse et ses errements. Il s'illusionne encore plus s'il croit que ce messie va venir racheter les péchés du peuple.
On ne rachète pas les péchés des autres: on les pardonne, ou on les transforme en... bien... si on le peut!
On ne peut pas prendre sur soi les péchés des autres: c'est aussi ridicule qu'impossible.
Ce sont les hommes qui sauvent ou perdent les autres hommes, qui les aident ou leur nuisent, qui les protègent ou les attaquent, qui les guident ou les égarent, qui les instruisent ou les induisent en erreur.
Les hommes-dieux vivent.
Et en vivant, ils se sauvent et se perdent eux-mêmes.
D'ailleurs, cette notion de rachat de l'homme coupable par un fils de Dieu doté de pouvoirs divins, on trouve ça partout dans les mythes païens anciens. En fait, c'est un sophisme bien commode pour nous tenir dépendants de Dieu... Et nos maîtres à penser l'exploitent volontiers.
Qu'on y pense bien: un sauvé -qui a le coeur à la bonne place- garde toujours une dette de reconnaissance à l'endroit de son sauveur. Or, Dieu n'a que faire de notre dépendance envers Lui et ne tient d'aucune manière à notre reconnaissance. Tout ce que Dieu nous demande - s'il demande quelque chose - c'est...
Et c'est dans une constante recherche, éclairée par sa sincérité et son honnêteté, que l'homme assimilera cette vérité vivifiante.
Des sages peuvent l'aider et le guider dans cette recherche personnelle. Mais jamais ils ne doivent lui imposer leur... vérité. Moi, je ne veux pas imposer mes idées à personne. Mes idées, je les étale devant vous comme on étend des tapis par terre: libre à vous de vous asseoir ou de marcher dessus... ou à côté.
J'ose dire: Méfions-nous des maîtres à penser et des pseudo sages qui ont ce don d'éblouir notre naïveté... surtout lorsque leur philosophie vient d'un ailleurs mystérieux, exotique... Plus souvent qu'autrement, ce sont des démagogues, des tyrans de l'esprit, des imposteurs, des fumistes orgueilleux imbus d'eux-mêmes.
Ils nous mènent par le bout du nez sur leur propre chemin alors que celui dans lequel la Vie nous invite à marcher est unique et tracé exprès pour nous, de toute éternité.
La Vie n'a pas fait deux César, ni deux Moïse, ni deux Judas Maccabée, ni deux Jean le Baptiste...
La tunique qui fait à tout le monde sied plutôt mal, en général, à chacun de ceux qui veulent la porter.
Mais je vous avertis: marcher seul dans son chemin unique demande à la fois beaucoup de confiance en soi et une grande détermination.
Il est plus facile de se laisser guider par les autres que de se guider soi-même. Surtout quand on ne sait pas très bien où l'on va. Chose certaine, on ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où on va.
Il est faux de prétendre qu'il y a beaucoup d'orgueil à se mener soi-même. En général, ceux qui tiennent de tels propos sont plutôt des suiveux ou des imposteurs.
Toute la valeur et la richesse de l'homme sont dans sa liberté.
Méfions-nous des messies qui sauvent.
Chacun de nous doit se sauver lui-même... de tout ce qui est mauvais en lui.
Chacun porte en lui la semence d'un perpétuel renouveau, d'une éternelle résurrection. C'est à chacun de nous de la faire fructifier à partir de ses dons et de ses talents.
Tout comme la nature, nous portons également en nous la force régénératrice des saisons.
Si quelqu'un, ici-bas, veut être sauvé, il devra se prendre en main: ne pas s'en remettre aux sauveurs patentés qui l'attendent au détour du... péché... ou de l'épreuve... pour arnaquer sa bonne foi... et son argent.
Méfions-nous du sauveur qui se présente à nous en sauveur!
Sauvons-nous de lui!
Les vrais sauveurs ne savent pas qu'ils sauvent. Ils vivent et prêchent par l'exemple. En général, ils sont discrètement au coeur de nos familles, dans notre cercle d'amis, l'anonymat de la ville, le recueillement d'un obscur monastère... et parfois même, la sombre cellule d'une sordide prison.
Ils sont davantage lumière que paroles...
La prière, la méditation et l'esprit de discernement peuvent nous aider à y voir clair."
Ceux qui faisaient cercle autour de Jésus l'écoutaient avec étonnement et ravissement. Ce qu'il disait était tellement différent de tout ce qu'on leur avait appris à propos de Dieu.
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Les guérisons accomplies par Jésus, si elles jetaient certains dans l'émerveillement, n'étonnaient certainement pas tous les témoins. De nombreux juifs, en effet, croyaient que la libération de leur pays serait annoncée par des manifestations de cette nature-là.
Il est probable que Jésus avait le don de guérir certains maux. Mais contrairement à ce que quelques biographes ont raconté à ce sujet, il n'a jamais eu le pouvoir de guérir des lépreux gravement atteints par leur maladie ou encore de faire voir des aveugles ou faire entendre des sourds lourdement handicapés. Encore moins, de ressusciter des morts.
Ce qu'il faut comprendre dans tout cela, c'est que Jésus a réconforté plus de malades qu'il en a guéris.
Ce qu'il y a de remarquable, chez lui, c'est que, contrairement à beaucoup de guérisseurs de son époque, il n'utilisait pas de formules magiques, de rites obscurs ou de prières incantatoires pour venir en aide à ceux qui lui demandaient la guérison. Il leur imposait simplement les mains. Mais il insistait sur la foi du malade en lui demandant chaque fois: Crois-tu que je peux te guérir? En fait, il voulait que le malade s'investisse dans le processus de sa propre guérison.
Jésus était certainement un guérisseur du type de ceux que nous connaissons aujourd'hui.
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Comme le suggère ce désir de Jésus - exprimé plus haut, dans le récit évangélique - le moment était venu pour lui de former un groupe de compagnons dévoués à qui il pourrait expliquer davantage ses théories personnelles sur Dieu, la Vie et les Hommes. Expliquer son message davantage en profondeur.

Jésus a eu des "compagnons" mais pas d'apôtres, comme le prétendent ses biographes accrédités par l'Église de Rome. Au cours de sa mission, Jésus ne s'est pas entouré de 12 supers disciples. (apôtres). Et par surcroît, tous des hommes!
Les chiffres 12 - 7 et 3, dans toutes les religions du monde, sont des chiffres mythiques et sacrés que la kabbale juive, entre autres, a largement exploités au cours des siècles.
Nous savons, aujourd'hui, que Jésus a eu probablement une TRENTAINE de compagnons dévoués à sa personne et très intéressés par son enseignement. Et parmi eux se trouvaient des FEMMES dont nous connaissons d'ailleurs quelques noms. Par exemple, Rachelle, la soeur cadette de Jésus; Déborah, l'épouse de Simon; Salomé repentie, la fille d'Hérodiade et la nièce d'Hérode Antipas qui fit décapiter Jean le Baptiste; Sarah, la femme adultère qui échappa de justesse à la lapidation en se réfugiant près de Jésus; Rébecca, la Samaritaine du puits de Jacob; et Jeanne, épouse de Chousa, administrateur à la cour d'Hérode Antipas.
Il y avait aussi Marie-Madeleine. Elle a écrit un évangile (gnostique): L'Évangile de Marie-Madeleine dont nous parlons plus abondamment à la (page 103). Dans l'Évangile de Philippe (gnostique), il est raconté que cette Marie-Madeleine accaparait beaucoup l'attention de Jésus..."Marie-Madeleine embrassait souvent Jésus sur la bouche. Les autres disciples s'en offusquaient et finirent par demander à Jésus: Pourquoi embrasses-tu souvent cette femme sur la bouche ? Serait-ce que tu l'aimerais plus que nous tous ? Jésus leur répondit: Qu'est-ce qui vous fait croire que j'aime cette femme plus que vous ?"
Ces femmes, plutôt mal acceptées des compagnons mâles de Jésus, n'eurent pas tellement d'occasions de manifester clairement et hautement leur présence et leur influence au sein de l'équipe dite apostolique. En tout cas, les évangiles officiels les tiennent délibérément dans l'ombre, pour ne pas dire, l'oubli. Un début d'explication à la (page 104)
Chose certaine, elles attirèrent à Jésus autant de quolibets que de reproches. Les pharisiens, d'ailleurs, l'accuseront de se tenir avec des gens peu instruits et mal éduqués ainsi qu'avec... "des pécheresses... et des gens de mauvaise vie." Allusion très nette, croyons-nous, à la présence de Salomé et de Sarah dans son équipe.
À cause de cette présence féminine parmi ses amis (tout à fait contraire, précisons-le, aux habitudes de l'époque) , il se peut fort bien que Jésus ait été, dans toute l'histoire des leaders religieux de cette époque, le premier homme rose... et féministe sur les bords.
Qu'il y ait eu des femmes très dévouées et très influentes dans l'entourage de Jésus, ceci est attesté par des textes coptes du IVe siècle découverts au lendemain de la Deuxième guerre mondiale à Nag Hammadi, en Haute-Égypte. Ces textes (reliés en livres) sont les plus anciens qui soient connus à propos de la vie de Jésus. Voir la (page 102)
Chose remarquable, ils nous livrent plusieurs "évangiles nouveaux": par exemple, ceux de "Thomas", de "Philippe" et même de "Marie-Madeleine" et de "Judas".
Il y a aussi "l'Évangile selon les Hébreux" qui a probablement joué un rôle important dans la vie quotidienne des premiers Juifs chrétiens. Dans tous ces évangiles, on trouve des informations surprenantes sur la place des femmes dans l'entourage de Jésus.
Ces nouveaux évangiles sont attribués aux gnostiques (sectes chrétiennes très ferventes) dont les croyances (et les livres) ont été condamnés par l'Église triomphaliste catholique, au IVe siècle. Cependant, comme les évangiles catholiques, ils ne doivent pas être perçus comme toujours exacts sur le plan historique. Soit dit en passant, l'Église de Rome a toujours considéré les gnostiques comme des hérétiques.
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Du temps de Jésus, l'expression Fils de Dieu était courante. Elle voulait à peu près dire: Créature de Dieu.
Dans l'histoire de France, par exemple, des "voix" diront à Jeanne d'Arc: Va, fille de Dieu! Pourtant, personne n'ose penser, depuis ce temps, que Jeanne d'Arc était véritablement la fille d'un dieu quelconque. Tout au plus, cela voulait dire: fille inspirée de Dieu.
Notons également cette parole du centurion romain au moment de la mort de Jésus: Vraiment, cet homme était fils de Dieu. (Marc, XV,39). Aujourd'hui, personne n'oserait croire sérieusement que ce soldat romain voulait dire autre chose que: Cet homme était vraiment un juste... un saint...un homme que Dieu bénissait.
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Page 25 » Compassion de Jésus pour un lépreux
Évangile Jésus