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Après avoir choisi ses premiers compagnons à Capharnaüm, Jésus en profita pour se faire connaître davantage des gens de l'endroit qui étaient, d'ailleurs, de plus en plus sympathiques à son enseignement. Certaines résistances étaient tombées. Ils étaient maintenant nombreux à se rendre à la synagogue écouter le nouveau maître étranger qui leur parlait avec conviction de tolérance, de liberté d'esprit ainsi que d'une nouvelle façon d'approcher Dieu.
Ils étaient très étonnés de sa façon d'enseigner et de son enseignement lui-même, remarquablement différents de celui des scribes *. Certains commençaient même à inviter Jésus à leur table et en profitaient pour échanger davantage avec lui.
Or, un jour de sabbat, Jésus entra dans la synagogue pour exposer à nouveau son enseignement et rencontrer les juifs pieux venus entendre la parole de Dieu. Pendant qu'il parlait, un scribe indigné et visiblement hors de lui-même l'interrompit brusquement: "Ah! Que nous veux-tu Jésus de Nazareth? Es-tu venu dans notre ville et notre synagogue pour y jeter le trouble et la confusion?"
Puis, s'adressant aux gens rassemblés dans l'enceinte: "Pourquoi acceptez-vous qu'un étranger, et pire encore, qu'un pauvre Nazaréen illuminé qui a vécu dans le désert avec les bêtes sauvages vienne nous dire à tous comment croire en Dieu et comment obéir à la Loi de Moïse? De qui tient-il l'autorité qu'il croit avoir? Moi, je vous dis que c'est un disciple du démon. Un possédé de l'Esprit du Mal dont la langue fourchue veut nous égarer!"
Soudain, l'homme qui parlait avec emportement fut pris de grandes convulsions et s'affaissa sur le sol. L'écume lui vint aux lèvres et il mouilla même sa tunique de son urine. Voyant cela, plusieurs quittèrent précipitamment la place, affolés.
Ceux qui le connaissaient bien dirent à Jésus: "C'est plutôt lui qui est possédé du démon! Il lui arrive souvent d'être dans cet état et alors, l'esprit impur sort de sa bouche."
Jésus les rassura: "Cet homme n'est pas possédé du démon: il est malade et il a besoin qu'on l'aide chaque fois qu'il entre en crise."
Alors, Jésus s'agenouilla près de l'homme perturbé, plaça entre ses dents un morceau de chiffon enroulé et le tourna sur le côté pour faciliter d'éventuels vomissements. Ceux qui étaient restés sur place étaient étonnés de la prévenance de Jésus à l'endroit de celui qui l'avait invectivé sans ménagements devant toute l'assemblée. Certains croyaient même qu'il avait chassé le démon du corps de l'homme en crise et se disaient entre eux: Qui est cet homme qui chasse l'esprit impur du corps des possédés?
À partir de ce jour-là, les témoins de la scène conçurent une haute idée de l'autorité de Jésus sur les esprits mauvais et surtout, de sa tolérance et de son respect à l'endroit de ses opposants.
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L'écart était grand entre l'aristocratie des prêtres du Temple de Jérusalem (à laquelle étaient associés les sadducéens) et les sages, scribes et maîtres qui constituaient le parti des pharisiens. L'écart se creusa davantage au fur et à mesure que les prêtres du Temple se rangèrent du côté du conquérant romain.
Bien peu de scribes et de pédagogues étaient aisés. Ils étaient nombreux à remplir dans leur communauté des emplois modestes. Les pharisiens, quant à eux, fondaient leur piété non pas sur les rites du Temple (domaine des prêtres) mais sur l'obéissance quotidienne et scrupuleuse à une série détaillée de lois religieuses, obéissance accompagnée de discussions interminables sur la meilleure façon de les interpréter. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils excellaient dans l'art de fendre les cheveux en quatre ou... de pelleter... les nuages.
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Évangile Jésus