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À l'époque médiévale et au début de la Renaissance, malgré la vigilance et les rudes sanctions de l'Église catholique, les hérésies ne cessaient de gangrener l'orthodoxie officielle, et au fur et à mesure qu'elles prenaient de l'importance, la réaction coercitive de l'Épiscopat se faisait davantage sentir.
En 1486, 2 moines allemands, Heinrich Kramer et James Spenger, rédigent un livre étrange: Malleus Maleficarum (Le marteau des sorcières). Ce redoutable livre exposait les châtiments que l'Église réservait... aux sorcières.

Utilisé pendant 200 ans autant par les catholiques que les protestants dans les procès pour sorcellerie, le livre connut plusieurs éditions dans toute l'Europe. Dans l'Amérique coloniale, on l'a utilisé comme base dans le procès des sorcières de Salem.
Malleus Maleficarum était divisé en 3 parties:
La première tentait de démonter que la sorcellerie existait bel et bien et que les femmes, plus que les hommes, étaient attirées par cet appât de Satan.
La deuxième section décrit les types de sorcellerie: de la destruction des récoltes jusqu'à la question de savoir si les démons pouvaient engendrer des enfants avec une sorcière.
La troisième section, elle, présentait un guide détaillé sur la façon de mener les procès et sur les châtiments qu'il convenait d'imposer aux sorcières.
Dans le Malleus Maleficarum on lit ceci: ... en ce qui concerne les raisons pour lesquelles on trouve un plus grand nombre de sorcières dans le sexe féminin fragile que chez les hommes, c'est un fait qu'on peut difficilement contredire, parce qu'il a été vérifié par l'expérience, sans compter les témoignages verbaux de témoins crédibles. D'autres encore ont proposé d'autres raisons pour lesquelles il y a plus de femmes superstitieuses que d'hommes. Et la première est qu'elles sont plus crédules; et puisque le but principal du démon est de corrompre la foi, il s'attaque plutôt à elles.
La deuxième raison est que les femmes sont naturellement plus impressionnables et plus enclines à subir l'influence d'un esprit désincarné; et que lorsqu'elles utilisent bien cette qualité, elles sont très bonnes, mais quand elles l'utilisent de vil façon, elles sont très mauvaises.
La troisième raison est qu'elles ont la langue bien pendue et sont incapables de cacher aux autres femmes les choses qu'elles apprennent par les arts maléfiques; et, comme elles sont faibles, elles trouvent dans la sorcellerie une manière facile et secrète de se justifier.
Comme l'écrivain-théoricien chrétien Tertullien * avant lui, le Malleus Maleficarum défend le concept selon lequel tout a changé pour le pire avec Ève... Ainsi, à cause de sa nature même, la foi d'une femme malfaisante vacille plus rapidement et, en conséquence, elle abjure plus facilement sa foi, ce qui est la base de la sorcellerie.
On apprend aussi dans ce livre que si une femme accusée de sorcellerie est incapable de verser des larmes, même sous l'effet de la torture, c'est la preuve qu'elle est véritablement une sorcière. Aussi, le juge ou le prêtre qui préside le procès d'une sorcière peut avoir recours à la méthode suivante: il place sa main sur la tête de l'accusée et dit: Je te conjure par les larmes amères que notre Sauveur le Seigneur Jésus-Christ a versées sur la croix pour le salut du monde, et par les larmes brûlantes que verse le soir sur ses blessures la très glorieuse Vierge Marie, sa mère, et par toutes les larmes qui ont été versées dans ce monde par les saints et les élus de Dieu dont il a maintenant essuyé toutes les larmes, de verser maintenant des pleurs si tu es innocente... Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, amen.
Les sorcières sont dangereuses et le Malleus Maleficarum conseille aux juges... de ne pas se laisser toucher physiquement par une sorcière; en particulier, ils doivent éviter tout contact avec leurs bras ou leurs mains nus. Ils doivent toujours porter sur eux du sel consacré le dimanche des Rameaux et certaines herbes bénites; on peut les mettre ensemble dans de la cire bénite et les porter au cou. Ces choses possèdent de merveilleuses vertus protectrices.
Mais, n'allons pas penser que le contact physique avec les sorcières est la seule chose dont il faille se garder; elles sont capables de bien d'autres choses, par exemple, avec la permission de Dieu, elles sont capables, avec l'aide du démon, d'ensorceler le juge par le seul bruit de leurs paroles, en particulier au moment où elles subissent la torture.
Puis, le livre traite de la façon dont la sorcière doit être amenée au juge: Et si la chose est possible, la sorcière devrait être amenée à reculons devant le juge et ses examinateurs et on devrait raser toutes les parties de son corps et lui enlever ses vêtements, car pour conserver leur pouvoir de demeurer silencieuses, elles ont l'habitude de cacher quelque objet superstitieux dans leurs vêtements, leurs cheveux ou même dans les parties les plus secrètes de leur corps qu'on ne doit pas nommer.

Le procès d'une sorcière
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Dans le roman de Dan Brown, Le Code Da Vinci, Robert Langdon se souvient du Malleus Maleficarum quand il se tient debout devant la Mona Lisa dans une des salles du Louvre. Il songe à ce livre comme étant... peut-être la publication la plus sanglante de l'histoire humaine.
Dan Brown évalue le nombre des victimes à 5 millions, d'autres ont évalué les morts dus à l'Inquisition, dans le monde chrétien, à près de 9 millions de personnes. La plupart étaient des femmes, des personnes âgées, des sages-femmes, des juifs, des poètes, des gitans; en définitive, tous ceux qui ne souscrivaient pas à l'orthodoxie imposée par les Églises chrétiennes, la catholique comme la protestante.


Les gnostiques ne s'intéressaient pas beaucoup aux dogmes chrétiens non plus qu'à la théologie.
2. Parmi toutes les perceptions liées aux révélations qu'un gnostique pouvait atteindre figurait en première place l'Éveil... qui venait avec la Connaissance... que quelque chose, en lui, était non créé. Les gnostiques appelaient ça le soi non créé, la semence divine, la perle, l'étincelle du savoir: conscience, intelligence, lumière.
Pour les gnostiques, l'homme n'était manifestement pas Dieu et pourtant, fondamentalement, il était divin. Cette énigme constituait un mystère gnostique.
3. Les gnostiques avaient une très grande vénération pour les textes des Écritures rejetés par les orthodoxes de l'Église catholique. Dans ces textes -la plupart du temps très hermétiques et pleins de métaphores et de symboles- les gnostiques cherchaient l'expression d'idées subtiles et visionnaires.
L'évêque Irénée s'en offusquait dans sa Refutation du gnosticisme quand il écrivait:... Chacun d'entre eux (les gnostiques) se complaisent dans la recherche de choses nouvelles... ils veulent atteindre des Vérités qui ne sont accessibles qu'à peu de personnes et qui sont souvent des chimères ou de plantureux mensonges...
4. Ce qui offusquait au plus haut point l'orthodoxie catholique c'était surtout l'image que les gnostiques se faisaient de Dieu. Une image de Dieu en tant que dyade ou dualité. Un Dieu à la fois HOMME et FEMME.
Dans plusieurs textes gnostiques de Nag Hammadi, Dieu est représenté comme une dyade d'éléments masculins et féminins. Plusieurs tendances, au sein du gnosticisme, voyaient en Dieu une union de 2 natures distinctes, union bien illustrée par le symbolisme sexuel.

Les gnostiques vénéraient la nature féminine
et,
dans le même ordre d'idées, Élaine Pagels
affirme que les femmes gnostiques chrétiennes jouissaient d'un degré beaucoup
plus élevé d'égalité sociale et ecclésiastique que leurs consoeurs de l'Église
catholique orthodoxe.

Jésus lui-même, selon l'enseignement des gnostiques, préfigurait cette relation mystique: le disciple que Jésus aimait le plus était une femme, Marie-Madeleine... et les autres disciples (mâles) en étaient offusqués.
Au dire des gnostiques, Jésus est venu redresser la situation et définir ce qui est le véritable pouvoir créateur de Dieu, l'union intime de l'Homme et de la Femme.
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Tertullien (v. 155-v. 222), en lat. Quintus Septimius Florens Tertullianus, premier écrivain chrétien de langue latine.
On sait peu de chose sur sa vie, si ce n'est qu'il naquit à Carthage, où il reçut une solide formation littéraire et juridique. Entre 190 et 195, il se convertit au christianisme alors qu'il était à Rome, sans doute édifié par la force morale des martyrs chrétiens. On sait encore qu'il se maria et qu'il était prêtre.
Ardent défenseur du christianisme, Tertullien composa de nombreux traités théologiques destinés à combattre les païens, les hérétiques et à instruire les chrétiens. Des trente et un traités qui nous soient parvenus, se détache l'Apologétique (v. 197), dans lequel il revendique la liberté religieuse pour l'Église, dénonce les orgies et l'immoralité païennes, prouve le bien-fondé du christianisme et démontre l'inutilité des persécutions : « Le sang des martyrs est la semence des chrétiens. » Tranchant par sa violence et sa fougue avec les apologies grecques, ce discours, où se mêlent rhétorique et point de vue juridique, constitue la première apologie en latin ; il exerça une profonde influence sur les chrétiens.
Parmi les traités de Tertullien réfutant l'hérésie, le plus important reste De la prescription contre les hérétiques (v. 200), dans laquelle il déclare que seule l'Église a l'autorité nécessaire pour définir la véritable chrétienté. Contre Marcion dénonce la distinction que fit cet hérésiarque gnostique entre un Dieu sévère et justicier de l'Ancien Testament et un Dieu miséricordieux du Nouveau Testament.

L'œuvre de Tertullien comprend également de nombreux traités sur la discipline du chrétien (disciplina fidei) et sur la doctrine sacramentaire : intransigeant dans un premier groupe de textes (Sur les spectacles, Sur la prière, Sur la pénitence, Sur la toilette des femmes), il manifeste, à partir de 207, date à laquelle il embrassa l'hérésie montaniste, un rigorisme extrême pour condamner le remariage, exalter le jeûne et l'abstinence, inviter les jeunes filles à porter le voile et soutenir que les chrétiens doivent accepter la persécution sans la fuir.
Dans l'histoire du christianisme, Tertullien apparaît comme un théologien d'envergure : le premier, il aura tenté la synthèse entre la culture païenne et la foi chrétienne ; sa doctrine trinitaire et sa christologie sont un apport précieux à la théologie chrétienne naissante ; sa contribution à la formation d'un latin théologique est remarquable.
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Origine :
Le mot sorcier apparaît pour la première fois en 589, il désigne alors un paysan, c’est quelque siècle plus tard qu’il va devenir la victime privilégiée de la superstition ; le paysan est une personne qui travaille la terre, les plantes et qui vit dans la nature en harmonie avec celle-ci.
Les sorcières étaient simplement des femmes qui, par circonstance ou par la force du hasard, se retrouvaient seules et solitaires (veuve, disgrâce physique, n’ayant pas su se marier à temps, …) À l’époque, leur seul moyen de survie était de vendre soit ce qu’elles récoltaient, soit ce qu’elles faisaient de leurs mains – à savoir plantes, baies, pommades, baumes, et recettes diverses.
Il suffisait d'habiter en dehors du village et de préparer des potions à base de plantes, ou tout simplement le fait de vivre sans relation avec son voisinage, pour qu'immanquablement le ou la pauvre hère soit associé(e) au mal.
Très intuitives, observatrices et près de la nature, elles savaient où, quand, comment récolter les fruits de la terre, en fonction de la lune, du lever où coucher de soleil, …Travaillant avec les énergies de la terre, elles soignaient les personnes par magnétisme, phytothérapie, homéopathie, … des méthodes qui existent depuis la nuit des temps (Egyptiens, Mayas, …).
Cette solitude et ces sortes de métiers les mettaient en marge de la société.
Elles étaient mystérieuses par leur savoir, respectées pour leurs connaissances et craintes à cause des énergies inexplicables qu’elles manipulaient. Ne pas oublier qu'à cette époque, les médecins étaient rares et très cher ou réservés aux nobles et éventuellement aux bourgeois.
La femme: un être de mystère:
En plus, la femme, en général, a toujours été un être mystérieux de par sa physiologie. Le côté enfantement, le mystère de ses «règles», de son sexe caché (tout est à l’intérieur), son côté sensitif et intuitif, la facilité d’expression de ses émotions en ont fait un être bizarre et différent de l’homme.
A l'époque, la religion chrétienne considérait que la femme n’avait pas d’âme, ne savait pas penser par elle-même et ne pouvait exister qu’au travers et par l’homme. Elle était un être inférieur.
Mais malgré tout, fort écoutées, demandées et consultées, les sorcières – qui sont principalement des femmes – les hommes étant plus facilement des astrologues – étaient d’un grand secours, si grand, qu’elles avaient pris beaucoup d’influence dans la vie de tous les jours et qu’elles avaient un certain pouvoir sur le vécu du peuple.
La chasse aux sorcières :
La religion en perdait la face et voulut retrouver son pouvoir absolu: la porte était ouverte à l’Inquisition. La sorcière, avec tout son côté péjoratif, fut créée par l'Inquisition. Tous les prétextes étaient bons pour chasser le païen du coeur des sorcières et montrer l'exemple. Seule la religion catholique et ses croyances devaient exister.
Cette chasse se poursuivit jusqu'au 18è siècle. Il est peu de pays où il n'y eut jamais de bûchers allumés.
L'Inquisition, comparable à la Terreur pendant la révolution française, permit d'assassiner en toute légalité et au nom de Dieu des personnes gênantes et souvent innocentes.
Généralement, on comptait quatre femmes "sorcières" pour un homme "sorcier".
Torturées, elles avouaient -bien malgré elles- les faits imaginaires qu'on leur reprochait. Elles étaient alors brûlées vive, pendues ou dans le meilleur des cas, condamnées à l'exil.
Leur rôle :
En cette époque troublée du Moyen Age, (par ces temps de famine, guerres et épidémies) les paysans cherchaient à se protéger et tentaient, par la magie, de s'attirer fortune et protection. Ils faisaient appel à des rebouteux et à des guérisseurs locaux.
La sorcière apportait réconfort et soins. Ce qui n'empêcha pas les hypocrites -et autres imbéciles qui y ont eu recours- de la dénoncer ensuite aux instances religieuses.
Bien souvent, les sorcières servaient de boucs émissaires à des populations vivant dans la peur et la superstition.
Aujourd'hui :
A la fin du 18ème siècle, elles réapparurent au grand jour, sans peur de se montrer. Mais le mal est fait et les croyances fortement ancrées dans l'esprit des gens. La sorcière est toujours synonyme de malheur et de maladie.
Et pourtant ! Les Anglo-Saxons la considèrent comme un porte-bonheur. Petit à petit, la distinction se fait entre les charlatans pratiquant la magie noire et les "vraies" sorcières qui, malgré les injustices qu'elles ont vécues à travers les siècles, soignent et apportent le réconfort à ceux qui le demandent.
La religion ayant perdu de son pouvoir et le mystère des fonctions féminines ayant été expliqué par la médecine, certaines personnes, maintenant, se tournent tout naturellement vers la nature, les énergies naturelles et terrestres. Elles ne s'adressent plus seulement aux médecins.
Aujourd'hui, les sorcières fascinent toujours autant. Les enfants, loin de les craindre, s'évadent par l'imagination dans leur monde étrange et mystérieux. Les personnages de feuilletons et de romans deviennent attachants et humains.
La wicca
De nos jours, la sorcellerie est revenue au premier plan. Une "nouvelle" forme de sorcellerie à vu le jour : la wicca. C'est un mouvement éclectique fondé dans les années cinquante par un Anglais à la retraite du nom de Gerald Gardner.

Wicca provient du vieil anglais wiccian, qui signifie "jeter un sort". S'autoproclamant "roi des sorcières", il se mit à exposer sa doctrine dans une série de livres à grand succès. Peut-être le plus célèbre d'entre eux est-il Witchcraft Today, ("La sorcellerie aujourd'hui") publié en 1954 et dans lequel Gardner affirmait que la Wicca était l'incarnation moderne d'une antique religion ayant survécu secrètement du Moyen Age jusqu'à nos jours, et ce malgré l'hégémonie du christianisme.
La loi première et fondamentale est "Fais ce que tu veux tant que cela ne blesse personne"
Dans ce contexte, il est rare que les sorciers et sorcières soient mal intentionnés. La maxime de ces magiciens modernes est en effet : "Ce que tu fais de bon te revient en triple ; et ce que tu fais de mal te reviendra également en triple."
Mais, comme dans toutes sociétés, certains hommes ou femmes détournent les choses à leur profit et abusent de la crédulité des gens. Le malheur, dans ces cas là, c’est qu'on a tendance à ne montrer que ce qui est mauvais. (Le feu d’artifice et les bombes ne sont-ils pas fabriqués à partir de la même poudre ?)
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