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Le Féminin sacré, c'est cet autre visage de Dieu que les Églises chrétiennes, depuis deux mille ans, ont tout fait pour oblitérer.
En 2004, paraissait un roman-choc -qui a été d'ailleurs très populaire- LE CODE DA VINCI signé de la plume de l'Américain Dan Brown. Peu de gens sont restés indifférents à la lecture de cet ouvrage: certains en sont sortis choqués, d'autres intrigués, plusieurs, par contre, décidés à en savoir davantage sur... les rapports intimes que Jésus entretenait avec Marie-Madeleine... au grand agacement de tous ses disciples mâles.

Dans son roman, Dan Brown nous parle abondamment d'un sujet qui n'a jamais fait couler beaucoup d'encre chez les chrétiens, depuis au moins deux mille ans, le Féminin sacré.
Comme les lecteurs du roman s'en souviendront, dès son arrivée, au milieu de la nuit, au château Villette de Leigh Teabing, Sophie Neveu (l'héroïne du roman) se trouve plongée dans les explications et les théories laborieuses de Teabing et Langdon sur le Saint Graal, Marie-Madeleine et le Féminin sacré.
Pour eux, le Graal est littéralement l'ancien symbole féminin, le Féminin sacré, la Déesse, cette dimension religieuse perdue, éradiquée par l'Église catholique. Il faut croire que les anciennes images sacrées du pouvoir procréateur de la femme représentaient une menace pour la puissance naissante d'une Église à prédominance masculine.

Le Féminin sacré a donc été diabolisé et considéré comme impur... Pourtant, le concept de la femme comme source de vie était fondamental dans les religions anciennes. Mais la philosophie chrétienne a détourné cette puissance créatrice au profit de l'homme, en occultant du même coup une réalité biologique.
Le Graal perdu (et qu'il faut retrouver) symbolise la Déesse perdue... et qu'il faut retrouver, également.
Comme nous l'avons souligné antérieurement, les traditions païennes n'ont pas disparues si rapidement avec la montée du christianisme. La quête du Graal perdu symbolise la recherche de l'ancien Féminin sacré. Selon Teabing et Langdon, les héros du roman de Dan Brown, le prétendu calice était pour les chevaliers du Graal un symbole-écran, un moyen de se protéger des anathèmes d'une Église qui avait banni la Déesse, asservi la femme, brûlé les sorcières et les hérétiques.
L'analyse concernant le Féminin sacré et Marie Madeleine que présentent Langdon et Teabing à Sophie Neveu soulève quelques-unes des questions les plus fascinantes sur les plans intellectuel et historique. Voyons ce qu'il faut penser de tout ça avec des spécialistes de la question.
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Selon Margaret L. Starbird (dont 2 livres sont mentionnés dans le Code Da Vinci: The Woman With the Alabaster Jar: Mary Magdalen and the Holy Grail et The Goddess in the Gospels: Reclaiming the Sacred Feminine), nous devenons de plus en plus conscients que l'être que nous appelons Dieu ne ressemble pas vraiment au patriarche peint au plafond de la chapelle Sixtine au Vatican.
Pendant 2 millénaires, les chrétiens ont attribué à Dieu une image exclusivement masculine. Mais intellectuellement, nous réalisons que Dieu n'est pas mâle... en tout cas, n'est pas uniquement mâle.

En fait, Dieu n'est ni mâle ni femelle et c'est pourquoi les Juifs se sont toujours abstenus de faire des images de Dieu. Mais les chrétiens ont passé outre et attribué à Dieu et à Jésus les épithètes de père et de fils. Et quand le terme Saint-Esprit a été traduit en latin, il a pris le genre masculin: spiritus sanctus. Donc, la Trinité tout entière a été caractérisée comme masculine à partir du Ve siècle, en Europe occidentale.
Toujours selon Margaret Starbird, nous devons récupérer le Féminin perdu à tous les niveaux: physique, psychologique, affectif et spirituel.
Il n'existe qu'un seul modèle pour la vie sur la planète Terre et c'est l'union sacrée (sexuelle) de l'homme et de la femme. Dans les cultures anciennes, cette réalité fondamentale faisait l'objet de cultes qui célébraient la mutualité et la symbiose du masculin et du féminin en tant que partenaires intimes.


Dans différentes listes de femmes qui accompagnaient Jésus, Marie-Madeleine est presque toujours mentionnée en premier et pourtant, son statut de première dame fut plus tard nié par l'Église qui nous l'a plutôt présentée comme une pécheresse du corps duquel Jésus fit sortir 7 démons.
Était-elle la bien-aimée de Jésus? Chose certaine, tout indique, dans les premiers récits chrétiens, qu'elle jouait un rôle important dans sa mission de prédicateur ambulant. Elle était même sa confidente privilégiée.
Dans la première épître aux Corinthiens (9:5), Paul mentionne que les frères de Jésus et les autres apôtres voyageaient avec leurs soeurs comme femmes. C'est-à-dire, qu'en fait, ces apôtres voyageaient comme des couples (mariés) missionnaires et non en paires d'hommes, comme nous avons toujours été enclins à le croire.
Jésus voyageait également avec sa bien-aimée Marie-Madeleine... Philippe, dans son Évangile, nous dit: "Il y avait 3 Marie qui marchaient avec Jésus: sa mère, sa soeur et son ... épouse." Il poursuit en disant que... "Jésus embrassait souvent Marie-Madeleine sur la bouche et que les autres disciples en étaient jaloux." Au pied de la croix de Jésus, pendant que les apôtres mâles se cachaient, terrorisés, les femmes, elles, se tenaient près du supplicié pour le soutenir dans ses souffrances.
Avant même que les Évangiles ne soient rédigés (de l'an 40 à 70 ou 100), les femmes participaient beaucoup, semble-t-il, à la direction des premières communautés chrétiennes. Voir la page 24 (Jésus fils de Dieu - les Compagnons).
Le professeur Dorothy Irvin a découvert plusieurs murales et mosaïques des premières communautés chrétiennes montrant des femmes portant des insignes et des vêtements de prêtre.

Ensuite, suivant les lignes directrices de la première Épître de Thimotée, la hiérarchie a plus tard privé les femmes du droit d'enseigner et de faire des prophéties dans une assemblée.

De toute évidence, Marie-Madeleine montre (dans les premiers textes chrétiens) une dévotion et une fidélité totale envers Jésus. Dans ces textes, non seulement elle a un statut égal à Pierre, mais on l'identifie comme celle qui est la plus près du coeur de Jésus qui lui fait, d'ailleurs, des confidences exceptionnelles... qui rendent les apôtres «mâles» jaloux.
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Arts d'Extrême-Orient Sculpture (Plaque moulée) Date : approx. entre le IIème et le Ier siècle avant J.C.
Artiste :
Anonyme
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Les sépultures sorties de terre
confirment l'existence, au troisième millénaire avant J.-C., d'une civilisation urbaine très avancée et offrent des indices saisissants sur les
modes de vie et les croyances des habitants d'une cité qui se dressait là il y
a 5 000 ans. 
Raffinés, ils attachaient une grande importance à la beauté, et les femmes jouissaient d'un grand prestige. Parmi les divinités, un hommage particulier était rendu à la fécondité.
La mise au jour de statuettes féminines confirme l'intuition des archéologues : il s'agissait d'une société fondée sur le matriarcat.

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ANKARA : le musée des civilisations
anatoliennes La période néolithique (pierre polie) : VIIème au Vème millénaire av JC. |
| Site de Çatalhöyük : les représentations de déesses-mères indiquent la présence d'un culte de la fécondité. Certains ont émis l'hypothèse que ces déesses seraient une matérialisation du double empire de la vie et de la mort, la mère serait dispensatrice de vie et de mort (la mort serait une naissance à rebours). |
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