Page 10


Au lendemain des noces de Jamnia, Joseph et Marie quittèrent leur village de Judée pour aller s'établir à Nazareth * -en Galilée- et donner naissance à leur premier enfant dans le plus grand anonymat, loin des commérages et de la malveillance des gens de leur entourage.
Le voyage fut long et pénible pour Marie qui en était à son 9e mois.
Arrivé à destination, le couple se dépêcha de trouver un endroit convenable pour passer la nuit. Ce soir-là, il fut cependant impossible de trouver refuge au caravansérail de la ville. Il était déjà bondé de toutes sortes de gens. Alors, pour épargner à Marie les désagréments d'une nuit à passer en compagnie de chameliers et de muletiers tapageurs plus ou moins ivres, Joseph prit l'initiative de chercher un gîte* convenable aux abords de la ville. En fait, il ne trouva qu'une grotte qui servait d'abris à des bergers qui gardaient leurs troupeaux aux alentours.
Mais une fois installée dans ce refuge, Marie se sentit fort indisposée et commença à ressentir les premières douleurs de l'enfantement. Joseph, inquiet et démuni, s'empressa d'aller chercher de l'aide auprès des bergers.
Ce soir-là, Marie mit au monde son premier enfant avec l'aide d'une sage-femme venue l'aider et la réconforter. Après l'avoir emmailloté * -comme c'était la coutume- on déposa le nouveau-né dans une crèche où était entassée la paille des animaux.
C'était un garçon.
Joseph jeta un regard attendri et complice sur la jeune mère épuisée, étendue elle aussi sur de la paille fraîche, près de son fils qui geignait dans ses langes.
L'un après l'autre, quelques bergers pénétrèrent timidement dans la grotte pour se réchauffer près du feu et prendre des nouvelles de l'enfant et de sa mère. Celui qui semblait être le maître des lieux s'adressa ainsi à Joseph et à Marie:
"Ne craignez pas, braves gens, vous êtes bienvenus ici... Cet enfant qui vient de naître nous apporte la bénédiction du ciel. C'est un enfant merveilleux! " s'exclama-t-il en se penchant au-dessus de la crèche.
Puis, visiblement inspiré, il ajouta: "Il sera grand prophète parmi nous et plusieurs marcheront à la lumière de son flambeau."
Soudain, dehors, un orage éclata et la grotte fut illuminée de brillants éclairs. Une femme prit la parole et prophétisa à son tour:
"Cet enfant est ravissant, mais il sera pour vous la cause de grands chagrins et de grandes incompréhensions: il vous faudra être forts et généreux pour l'accompagner dans sa mystérieuse mission.
Gloire à Dieu dans son ciel et paix à vous deux, étrangers, qui nous apportez la vie."
Marie et Joseph, autant attendris que surpris, passèrent toute la nuit à veiller sur ce petit enfant qui, déjà, se manifestait au monde d'une façon peu commune.
================================================================================================
![]()
Dans notre récit, il n'est pas question de ce fameux recensement dont parle -en se trompant d'année- Luc dans son évangile (II,1-3). Ce recensement, ordonné par César-Auguste, alors que le consul romain Publius Sulpicius Quirinius était gouverneur de Syrie, eut lieu, en fait, 6 ans après la naissance de Jésus. Donc, l'an 1 de notre ère. Si on n'en parle pas, c'est que Marie et Joseph quittèrent la Judée pour la province de Galilée, 6 ans avant ce fameux recensement, non pas pour aller s'enregistrer... à Bethléem... mais pour quitter un endroit qui leur était devenu hostile.
Jésus est né (probablement) en l'an -6 (avant notre ère), et son père naturel, Hérode, est décédé en -4, deux ans après sa naissance.
L'historien juif Flavius Joseph se souvient bien de cette mort d'Hérode puisqu'elle a été à l'origine d'une importante révolte armée de la classe paysanne menée par 3 leaders juifs: Judas en Galilée, Simon en Pérée, et Thronge au sud de la Judée. Mais cette révolte fut violemment réprimée par les 18,000 soldats du général romain Quintilius Varus. Il fit crucifier 2000 Juifs autour de Jérusalem, pour faire un exemple!
Puis, le pays sera divisé entre les 3 fils d'Hérode: Hérode Archélaos reçoit la Judée et la Samarie; Hérode Antipas, la Galilée et la Pérée; et Hérode Philippe, les territoires au nord du Jourdain.
À l'époque de l'occupation romaine de la Judée, les recensements avaient pour but, bien sûr, de compter les individus répartis sur tous les territoires occupés, mais surtout d'établir les taxes qu'il serait possible de retirer une fois le décompte effectué.
Et c'est un fait historique très bien établi maintenant que les gens n'allaient pas s'enregistrer dans leur ville natale, comme le laisse entendre l'évangile de Luc (II, 4)... Joseph, quittant lui aussi la ville de Nazareth en Galilée, monta en Judée, à la ville de David, appelée Bethléem, parce qu'il était de la maison et de la lignée de David. En fait, les individus étaient enregistrées là où ils vivaient et travaillaient. Il importait peu aux Romains de savoir où étaient nés les gens. L'important c'était d'identifier et de dénombrer, sur place, les éventuels payeurs de taxes.
De plus, on n'effectuait jamais ces recensements l'hiver: c'eût été trop incommode. On attendait la belle saison pour que citoyens et fonctionnaires puissent se déplacer commodément.
===============================================
![]()
Encore aujourd'hui, les Juifs attendent leur fameux MESSIE. Donc, le messie, -quant à eux- ce n'est pas Jésus.
Jésus-Messie: c'est une autre invention des évangélistes Luc et Mathieu (mais Paul , avant eux) afin de déifier Jésus... et le mettre à la hauteur de son exceptionnelle mission. Ils ont donc tordu l'histoire pour que Jésus origine de la lignée (famille) du célèbre roi David.
Dans les Écritures, David est né de Jessé, à Bethléem. C'est plus qu'un honorable monarque: c'est un héros, une légende: il a vaincu les Philistins, il a conquis Jérusalem dont il a fait sa capitale. Il a conclu une alliance avec Dieu et construit le premier Temple. En résumé, c'est le "roi Arthur" des Juifs.
De David, jusqu'à la naissance de Jésus, (mille ans d'intervalle) les Juifs pieux et nationalistes, douloureusement humiliés par toutes sortes d'oppressions, vont attendre un autre "David", un Messie- Libérateur capable de leur redonner la gloire et la dignité d'antan. Il est donc important que Jésus (fils de Dieu) soit un illustre descendant de David: c'était le mieux qu'on pouvait lui offrir en ce bas-monde. Un Dieu descendu du ciel pour venir sauver son peuple (et le reste des hommes, par surcroît) ne doit pas s'enfermer dans la peau d'un quelconque individu. Sa personnalité humaine doit avoir de la classe.
Même sa mère ne devra pas être une femme quelconque: les évangélistes lui arrangent, à elle aussi, un destin peu commun: une pure vierge... rendue fertile par l'Esprit de Dieu lui-même.
Matthieu, au début de son évangile, a donc dressé une liste (d'une quarantaine de noms) qui commence par ABRAHAM et se termine par JÉSUS... Faut le faire!
Toujours selon Mathieu, il y a 14 générations entre Abraham et David, 14 générations de David jusqu'à la déportation de Babylone et 14 générations de la déportation de Babylone au Christ. Voici la liste des ancêtres de Jésus à partir de David: Salomon, Roboam, Abia, Asa, Josaphat, Joram,Ozias, Joatham, Achaz, Ézéchias, Manassé, Amon, Josias, Yekonia, Salathiel, Zorobabel, Abiud, Éliakim, Azor, Sadok, Achim, Éliud, Éléazar, Matthan, Jacob, (Joseph???)... Jésus.
Le Matthieu dont il est ici question n'est pas (selon ce que l'on sait aujourd'hui) l'un des 12 apôtres, ce Lévi (percepteur d'impôts) que Jésus a invité à faire partie de son groupe de compagnons.


David est né 1000 ans avant Jésus. Même aujourd'hui, avec les puissants moyens de recherches que l'on possède, il est difficile de compléter un arbre généalogique au-delà de 400 ou 500 ans. Et que dire de l'époque de Mathieu (1er siècle de notre ère) où les papiers d'identité, les baptistères et les contrats de mariage sont inexistants. De toute façon, à l'époque de Jésus, il y avait belle lurette que la lignée davidique était embrouillée. Plus intéressant encore: à cette même époque, beaucoup de Juifs se prévalaient de cette noble descendance davidique.
===================================================
![]()
===================================================
![]()
D'après les Écritures, -et selon la ferveur populaire- le Messie attendue par Israël doit naître à Bethléem. C'est qu'un certain prophète Michée (contemporain d'Isaïe; fin ~ VIIIe s.) l'a prédit ainsi: Mais toi, (Bethléem) Éphrata, le moindre des clans de Juda, c'est de toi que naîtra celui qui doit régner sur Israël (Michée, V,1). En fait, c'est le roi David qui vint au monde à Bethléem (1000 - 970 av. J.-C.)
Marc et Jean (évangélistes) ne parlent pas de la naissance quasi miraculeuse de Jésus à Bethléem. Seuls les évangélistes Luc et Mathieu le font pour des raisons apologétiques (prouver que Jésus est Dieu et Messie) qui n'ont rien à voir avec la prosaïque vérité historique.
================================================
![]()
Au cours des siècles s'est établi une tradition selon laquelle Jésus est né dans une étable. À cette époque, il n'y a rien d'extraordinaire ni de bizarre à ce que des gens simples aient passé la nuit dans une grotte réservée aux animaux. Après tout, en ce temps-là, hommes et animaux vivaient ensemble. Les maisons comprenaient généralement une partie surélevée (ou étage) pour la famille, et le "rez-de-chaussée" abritait les bêtes.
==================================================
![]()
C'est une pratique qui subsiste encore dans certaines régions rurales du Proche-Orient et de l'Union soviétique. Le but de cette coutume n'était pas de tenir le bébé au chaud. On voulait plutôt limiter l'enfant dans ses mouvements (bras et jambes) afin que ses petits membres deviennent droits et forts. La pratique durait 6 mois. Tous les jours, on enlevait les langes pour laver le nourrisson et enduire son corps d'huile d'olive et le poudrer de myrrhe moulu, avant de l'emmailloter de nouveau jusqu'au lendemain.
===================================================
![]()
L'évangile de Marc, considéré comme le plus précoce des 4 évangiles, est muet sur la question de cette naissance miraculeuse et débute par le baptême de Jésus dans le Jourdain, de même que celui de Jean. Constat étrange dans la mesure où il est admis que Mathieu et Luc ont tous deux puisé dans l'évangile de Marc.
On croit que ce "miraculeux" que l'on trouve dans les évangiles de Luc et Matthieu serait dû à des interpolations, des ajouts postérieurs à la rédaction effective des textes, c'est-à-dire vers le IIe siècle, époque à laquelle le christianisme vient au contact du monde hellénistique. L'évangile de Marc, (antérieur à ceux de Matthieu et de Luc), était sans doute diffusé auprès des communautés juives. Or, le judaïsme ne requiert pas du Messie une naissance... divine. Il ne nécessitait donc pas ce genre de modification.
Les deux autres évangiles, rédigés en grec, ne bénéficiaient pas encore d'une large diffusion. Or, à l'occasion d'une copie (et ces copies furent nombreuses), il était possible de procéder à cet ajout qui n'aurait fait que répondre aux attentes d'un lectorat empreint d'une culture où un dieu incarné parmi les hommes devait naître d'une vierge.

Celse, philosophe latin dont l'oeuvre nous est connue surtout parce que le père de l'Église Origène l'a condamné, écrivait en 178: "Les chrétiens ont remanié le texte original des Évangiles trois ou quatre fois, ou plus encore, et l'ont altéré pour pouvoir faire valoir leur point de vue".

Ce même Origène (qui a condamné Celse) fait le commentaire suivant à propos de l'évangile de Mathieu: "Aujourd'hui, le fait est évident. Il y a beaucoup de diversité dans les manuscrits de l'évangile de Matthieu, soit par la négligence de certains copistes, soit par l'audace perverse de quelques-uns à corriger le texte, soit encore du fait de ceux qui ajoutent ou retranchent à leur gré, en jouant le rôle de correcteurs."
Donc, selon nous, beaucoup de choses racontées par les évangélistes Luc et Mathieu à propos de la naissance miraculeuse de Jésus sont de pures fabulations.
Rétablissons les faits...
=================================================
![]()
En faisant correspondre la date de la naissance de Jésus (25 décembre) avec celle de la fête (païenne et romaine) du dieu-soleil MITHRA, la nouvelle Église chrétienne de Rome (vers 330 de notre ère) croyait pouvoir ainsi faire oublier à ses nouveaux convertis du paganisme ce faux-dieu dont ils avaient le culte en haute estime.
Donc, la date du 25 décembre ne correspond en rien à la date réelle de la naissance de Jésus. Selon certains chercheurs sérieux, la date de la naissance de Jésus serait en mars (ou avril) de l'an 6 av. J.-C. D'ailleurs, date de la conjonction de Saturne avec Jupiter à leur lever héliaque. Événement rare qui donna aux célèbres rois-mages l'illusion d'une étoile d'un éclat exceptionnel.
==================================================
![]()
La naissance miraculeuse du futur Messie d'Israël, du sein d'une vierge miraculeusement fécondée par l'Esprit de Dieu, ne nous semble pas quelque chose d'unique dans les croyances populaires de l'époque. Plusieurs mythes anciens (d'ailleurs bien connus de ceux qui ont rédigé les Évangiles) sont calqués sur ce schéma.
Dans ces mythes, les héros sont des demi-dieux, fils de femmes mortelles miraculeusement fécondées par une semence divine quelconque. MITHRA peut nous servir d'exemple.
MITHRA (dieu iranien et romain), dieu solaire, est un sauveur eschatologique (comme le Christ) dont le culte se répandit tout autour du bassin méditerranéen quelques siècles avant la naissance de Jésus. Et sa fête, célébrée le 25 décembre, est à l'origine de la fête de Noël.
Sa mère, une mortelle, le conçut après avoir été fécondée... par la Lune.
Comme la Marie des évangiles, elle mit au monde un héros incompris des hommes,
Chez les Romains, la fête du dieu-soleil Mithra était célébrée le 25 décembre et elle correspondait au NATALIS SOLIS INVECTI (LE SOLEIL VICTORIEUX), c'est-à-dire au solstice d'hiver, au moment où le soleil recommence son cycle de vie et de réchauffement de la planète Terre.
=================================================
Quant aux crèches de Noël qui veulent nous rappeler que Jésus naissant a grelotté de froid, en plein hiver, dans une pauvre étable, c'est également de la haute fiction. Jésus est né probablement au printemps (ou début de l'été) et l'étable qui l'a abrité était un gîte fort acceptable. Aucun évangéliste, d'ailleurs, ne nous parle de froid et de misère.
C'est François d'Assise qui a inventé les crèches de Noël, au XIIIe siècle.

Comme bon nombre de ses compatriotes italiens, ce saint moine avait lui aussi le don de la mise en scène. La grande première de cet édifiant spectacle eut lieu le 24 décembre 1223, au pauvre ermitage de Greccio, dans le glacial et venteux massif des Apennins. Les personnages étaient de bois, sauf les animaux qui en étaient de vrais, y compris le boeuf et l'âne dont on ne fait pourtant pas mention dans les Évangiles. En fait, c'est la tradition populaire qui les a placés près de la crèche de Jésus.
=================================================
![]()

Tout comme Jésus, Bouddha, Mithra et Krishna ont été, selon la légende, enfantés par des mères vierges. Par exemple, en 556 avant notre ère, (selon certaines sources) près de la ville de Kapilavastu (aujourd'hui au Népal) la vierge Mâyâ Devî accouche d'un garçon nommé Siddhârta Gautama, le futur Bouddha.
Anâhita, l'immaculée, enfante, elle, un 25 décembre, un bébé du nom de Mithra. Des bergers et des mages viennent même lui rendre hommage.
Une autre vierge du nom de Devakî accouche également, il y a cinq mille ans (selon certaines sources), d'un garçon nommé Krishna alors qu'elle est retenue prisonnière par son cousin, le roi Kamsa.
Plus près de nous (un peu avant le début de notre ère) la vierge MARIE, avertie par l'ange Gabriel que son fils sauverait le monde, donne le jour à Jésus, à Bethléem, un 25 décembre. Le même jour que Mithra. Une date qui correspond au solstice d'hiver célébré par les anciens comme fête du renouveau. Fête récupérée par l'Église catholique romaine (au IVe siècle) afin de substituer un anniversaire chrétien aux rites païens des anciens.
Non seulement ces 4 enfants exceptionnels ont aussi des mères exceptionnelles mais, au cours de leur vie, suivent des voies étrangement parallèles.
Ainsi, Bouddha quitte un jour le monde et se retire dans le désert où le démon vient le tenter en lui offrant de devenir le roi des rois. Après s'être purifié dans une rivière, il se voue à la prédication et enseigne l'amour du prochain suivi par 12 disciples dont l'un, Dévaddata, sera appelé à le trahir. Puis, dans la suite des événements, on voit l'Éveillé marcher sur les eaux et apaiser la tempête. Son dogme, le karma, désigne l'ensemble des mérites et des fautes accumulés par l'homme et qui l'entraîne dans un cycle indéfini de vies successives. Quand il meurt, à 80 ans, le terre tremble.
Comme les 3 autres initiés, Mithra va tenir le rôle d'intercesseur entre Ahura Mazdâ, dieu suprême de l'ancienne Perse et les hommes à qui il promet -lui aussi- l'immortalité de l'âme. De la même manière que Jésus, il prêche l'ascèse, guérit les malades et ressuscite les morts. Les anciens célébraient Mithra dans une grotte où l'on pratiquait le baptême et la communion. Ses fidèles croyaient au Jugement dernier et à la résurrection des morts. Avant de mourir, Mithra donne un dernier repas à ses disciples durant lequel il consacre le pain et l'eau. Mis au tombeau, il ressuscitera.
Pour ses fidèles, Krishna est la réincarnation du dieu suprême et bienfaisant, Vishnou, révélateur de toutes les vérités. Il grandit au milieu des bergers du mont Mérou, qui l'appellent le "Rayonnant" à cause de sa beauté. Il garde les troupeaux en jouant de la flûte, ce qui attire les bergères. Krishna -quoique marié- devient l'amant d'un grand nombre de femmes, l'amour charnel représentant pour ses adeptes une certaine forme de dévotion, c'est-à-dire le désir d'union avec le Créateur pour en recevoir le don de vie. Ses prouesses amoureuses sont racontées dans le Bhagavata purana .
Krishna prêche la bonté, la charité et le respect des autres. Un jour où deux prostituées viennent embrasser ses pieds, il répond à ses disciples offusquées que ces deux femmes, en somme, valent mieux qu'eux car l'une avait la foi et l'autre, l'amour.
La popularité de Krishna va exciter la jalousie du roi Kamsa qui envoie des espions. Krishna, après 7 jours d'ablutions et de prêches, se laisse capturer pour que le martyre couronne sa mission. Il meurt sous les flèches des archers. Et quand il rend l'esprit, le ciel se couvre. Selon la tradition indienne, sa mort, survenue dans la nuit du 17 au 18 février 3102 (avant notre ère) marque le début du présent âge cosmique, le kali yuga, appelé à durer 432 000 ans.
La jeunesse de Jésus se passe dans l'atelier de son père adoptif, Joseph. Il se fait baptiser par son cousin Jean le Baptiste dans les eaux du Jourdain. Ensuite, pendant 30 jours, il se retire dans le désert où le démon vient le tenter. À trente ans, il commence à prêcher l'amour et le respect du prochain suivi par 12 apôtres. Il guérit les malades, multiplie les pains et les poissons, marche sur les eaux, calme la tempête et ressuscite les morts. Un jour, la pécheresse Marie-Madeleine vient se jeter à ses pieds pour les oindre de parfum et de larmes. À ses disciples qui s'en offusquent, il leur précise qu'elle a fait pour lui ce qu'ils n'oseront même pas faire eux-mêmes au moment de sa sépulture. Il renchérit même en leur disant qu'au Ciel, il y a plus de joie pour un seul pécheur repentant que pour 99 justes qui n'ont pas besoin de pénitence.
À Jérusalem, il chasse les marchands du Temple et s'attire du coup l'hostilité des prêtres qui chercheront sa perte. La veille de son arrestation, il offre un dernier repas à ses disciples et consacre le pain et le vain. Trahi par Judas, il est condamné à mort par le sanhédrin et le procurateur romain. Il est crucifié sur le Golgotha et quand il expire, le soleil se voile. Enseveli puis ressuscité, il monte au ciel 40 jours plus tard.
Ses disciples parcourent ensuite le monde pour prêcher son enseignement mais se heurtent aux fidèles de Mithra dont la religion florissante a gagné une bonne partie de l'Occident. Au IIe siècle, Rome et Ostie ont leurs temples souterrains dédiés à Mithra, ce qui donne lieu à de violentes querelles avec les Pères de la nouvelle Église chrétienne. Ceux-ci sont indignés que les païens aient osé s'approprier la grotte de Bethléem et les sacrements chrétiens. Ils accusent le diable d'avoir provoqué ces similitudes sacrilèges. L'historien latin Justin et le premier grand théologien chrétien Tertullien fustigent Satan ... "qui imite les sacrements de Dieu dans les mystères des idoles".
De leur côté, les prêtres de Mithra reprochent aux chrétiens de leur avoir "emprunté" l'idée de la rédemption. Au IVe siècle, l'empereur Constantin règle le problème en privilégiant le christianisme. La fête de Noël (naissance de Jésus) est instituée.
De ces 4 religions, 3 sont parvenues jusqu'à nous: le bouddhisme, l'hindouisme et le christianisme. Et Bouddha, Krishna et Jésus semblent avoir étrangement beaucoup de traits en commun.
================================================================================================
Évangile Jésus