

De sa mort jusqu’à nos jours, Jésus-Christ a exercé une influence absolument extraordinaire à travers le monde. Une influence qui va probablement au-delà de ses propres attentes. C’est certainement le leader le plus charismatique de tous les temps: il a inspiré plusieurs millions de fidèles en enseignant à ses compatriotes une philosophie hors du commun.
Immanquablement, après sa mort ignominieuse sur la croix, sa vie a été racontée par quelque centaines de disciples et plusieurs
évangiles et textes de toutes sortes ont été écrits pour relater la vie et la prédication du Maître. Qu'il suffise de nommer les évangiles de Philippe, Simon, Marie-Madeleine, Thomas... ces évangiles -hérétiques- qui ont passé à l'histoire sous le nom de gnostiques. Mais seulement quatre d’entre eux ont été retenus par l’Église catholique romaine, ceux de Matthieu, de Marc, de Luc et de Jean.![]()
C'est un choix de l'Église catholique romaine (entre le IIe siècle et le IVe) parmi des dizaines d'autres Vie de Jésus qui n'ont pas survécu à l'écrémage des théologiens et des docteurs... romains. Peut-être avec raison, dans certains cas et sous certains aspects.
L'évêque Irénée de Lyon, en France, s'est exprimé à peu près comme ceci: "Il est impossible que les Évangiles soient ni plus ni moins nombreux qu'ils ne le sont pour la bonne raison que le monde est divisé en 4 parties et traversé par 4 vents principaux..." Très fort, n'est-ce pas, comme argument théologique !
![]()
Aujourd'hui, tout le monde est à peu près d'accord: les évangiles ne sont pas des documents à haute teneur historique. Ce sont plutôt des entreprises de prédication qui racontent avec passion et émerveillement la vie divinisée de Jésus.
Une oeuvre de propagande, certainement.
Beaucoup de ces audacieux écarts évangéliques sont dus au fait que les premiers missionnaires chrétiens n'ont voulu rien ménager pour convertir des païens qui nageaient déjà avec aisance dans le divin, le mystère et le merveilleux.
De toute évidence, les missionnaires de l'humble et obscur prophète de Galilée se doivent d'en mettre et remettre s'ils veulent inciter les païens à changer de foi. Du jour au lendemain, Jésus se voit hisser -par ses ardents disciples- au pinacle des grandes vedettes divines des panthéons grec, romain et syrien.
![]()

Ce dernier a passé toute sa vie dans le paganisme, mais a été baptisé peu de temps avant de mourir. Il a fait du christianisme la religion d'État de son Empire et accordé à l'Église de Rome le pouvoir dont elle avait besoin pour entreprendre l'élimination finale du paganisme et du gnosticisme. Il voulait avoir... un seul dieu, une seule religion pour consolider sa prétention d'avoir un seul Empire, un seul Empereur.
Pourtant, pendant son règne, la religion officielle de Rome était celle du dieu
Mithra *, le culte du Soleil invincible (Sol invictus) et c’est l’Empereur lui-même qui en était le grand prêtre.Mais à l’époque, l’Empire romain était alors en proie à une grande agitation politique autant que religieuse et l’Empereur ne savait plus trop comment faire pour raffermir son autorité contestée et consolider son trône vacillant.
Jésus devint alors sa bouée de sauvetage.
Pourquoi le Christianisme plutôt que le culte païen du dieu Mithra ?
Constantin était tout à la fois - comme Paul-Saül avant lui, au Ier siècle - clairvoyant et avisé; certains diront, un fin renard pragmatique capable de se mettre du bon bord, quand il le faut, pour protéger ses intérêts. L’essor fulgurant du christianisme, au cours des trois derniers siècles, l’avait persuadé que c’était le meilleur cheval sur lequel il fallait miser.
On se demande encore aujourd’hui comment il a pu réaliser un tel exploit: forcer tout un peuple païen à se convertir au christianisme.
En fait, il a réussi la chose par une astucieuse fusion des dates, des rituels et des symboles païens dans la jeune tradition chrétienne. Il a réussi à créer une religion hybride capable d’être assimilée facilement par tous ses sujets, païens ou chrétiens.
![]()
D'ailleurs, la vie de Jésus, si on l’arrange comme il convient, ressemble beaucoup à celle de Mithra: sa mère, Anâhita, l'immaculée, enfante un bébé du nom de Mithra. Des bergers et des mages viennent même lui rendre hommage.
Le 25 décembre, fête de Mithra, devint alors la fête de Noël. Et l’Eucharistie (le fait de manger le corps de Dieu) vient en droite ligne des religions païennes de l’Antiquité. Pour plus détails, voir Quatre vierges et d’illustres rejetons (au chapitre 10) qui relate la naissance de Jésus, dans cet Évangile.
En fait, pour passer aussi aisément du mithraïsme au catholicisme, Constantin n'a pas eu de gros efforts à faire. Le dieu Mithra était depuis longtemps appelé Fils de Dieu et Lumière du Monde. On célébrait sa fête le 25 décembre qui était aussi la fête d’Osiris, d’Adonis et de Dionysos. Lui aussi a été enterré dans une caverne rocheuse et il est ressuscité 3 jours plus tard. Même le jour saint hebdomadaire (le samedi, chez les Juifs et les premiers chrétiens) a été déplacé le jour suivant, le dimanche, le jour même utilisé par les païens pour honorer leurs dieux, Mithra, entre autres.
![]()
Pour consolider la toute récente tradition chrétienne, l’empereur Constantin avait besoin de l’assentiment des chefs de l’Église catholique. C’est dans ce but qu’il a convoqué le premier grand concile oecuménique de l’histoire:
Nicée * en 325. Il faut dire qu'à l'époque, la jeune Église catholique était tout aussi en crise que l'Empire de l'empereur. Il fallait mettre de l'ordre dans le désordre et chercher à y voir plus clair et plus net.Au cours de ce concile, on a débattu et voté sur de nombreux aspects du christianisme: la date de la fête de Pâques, le rôle des évêques, l’administration des sacrements, le credo des croyants... Et surtout, on a proclamé...
la divinité de Jésus...Dan Brown (l'auteur du roman à succès Le Code Da Vinci) a raison de dire que dans l'histoire de la chrétienté, peu d'événements ont été plus importants que le concile de Nicée (en Turquie) en 325.

Quand l'empereur romain Constantin (nouvellement converti au catholicisme) a convoqué les évêques du monde entier, l'Église catholique était arrivée à un carrefour théologique. Les vies de Jésus -plus ou moins acceptables- foisonnaient et sa véritable identité posait problème. Entre autre... sa prétendue divinité.
Dirigé par un théologien d'Alexandrie (Égypte) nommé ARIUS *, une école de pensée affirmait que Jésus avait été, à n'en pas douter, un remarquable chef de file, mais qu'il n'était pas Dieu pour autant. On le considérait comme un prophète mortel, un homme grand et puissant, mais malgré tout un homme.

À cette époque, cependant, la grande majorité des premiers chrétiens, éduqués dans la foi par des missionnaires très endoctrinés, vénéraient Jésus-Christ comme leur Sauveur et Seigneur ressuscité d'entre les morts. Par exemple, les chrétiens adoptèrent très tôt le mot grec kyrios (divin) et l'appliquèrent à Jésus dès les premiers jours de l'Église. C'était avant tout le fruit de l'enseignement de l'apôtre Paul et de ses premiers disciples. Et on retrouvait la même pensée dans les évangiles gnostiques.
Le Concile de Nicée ne mit pas fin complètement à la controverse entourant cette prétendue divinité de Jésus. Mais les évêques de cette époque ont tenu à faire front commun contre l'hérétique Arius en confirmant les croyances de l'époque. Jésus était bel et bien un... dieu.
À ce concile, on a également confirmé la vérité historique des Écritures, car y croire, ou ne pas y croire, comporte d'immenses implications. Alors, s'est posé cette autre question: Quels Livres sacrés convient-il de conserver, dans la BIBLE ?

Le débat s'est amorcé quand un autre hérétique gnostique du nom de MARCION * (aux alentours des années 140) commença à faire sa propre récupération (épuration) des Livres dits sacrés. Entre autres, Marcion affirmait que le Dieu de l'Ancien Testament représentait la loi et la colère, alors que celui du Nouveau Testament (représenté par le Christ) illustrait l'amour. Marcion rejeta donc l'Ancien Testament et les écrits du Nouveau Testament qui étaient un peu trop juifs à son goût, y compris Mathieu, Marc, les Actes des Apôtres et le livre des Hébreux (Ancien Testament). Il osa même trafiquer d'autres livres saints pour atténuer leurs tendances juives.
Mis au défi par les audacieuses initiatives de Marcion - et de ses disciples de plus en plus nombreux - les Pères du Concile commencèrent à examiner en hâte leurs propres points de vue et à dresser une liste définitive des Livres qui devraient composer la BIBLE. Pour les premiers évêques de l'Église, seuls les lettres et les récits écrits par un apôtre ou un disciple proche d'un apôtre devaient être retenus. Surtout si ces récits et écrits ne venaient pas en contradiction avec ce qu'ils jugeaient être compatibles avec leur enseignement.
![]()
Un
Jésus divin ... voilà ce qui ressortit surtout du Concile de Nicée.Cette vérité allait maintenant transcender la réalité du monde humain. Et la puissance de Jésus-Dieu, aussi bien que son autorité détenue désormais par l'Église et l'Empereur qui la sanctionnait de son bras séculier, n’étaient plus désormais discutables. Païens et chrétiens devaient se le tenir pour dit:
C’était clair et net.
Et ceux qui ne voudront pas s'aligner seront des... hérétiques... et punis en conséquence: prison, bûcher, tortures, exil, excommunication, etc.
Puis, Constantin-le-Chrétien est revenu de Nicée et a fait étouffer sa femme avant d'assassiner son fils. Il a refusé le baptême jusque sur son lit de mort afin de poursuivre ses atrocités tout en pouvant encore se faire pardonner ses péchés et s'assurer une place au ciel, près de Jésus-Dieu.
================================================
![]()
Constantin Ier le Grand (v. 274-337 apr. J.-C.), empereur romain (306-337), premier souverain à s'être converti au christianisme. Il fut le fondateur de Constantinople (aujourd'hui Istanbul), qui demeura la capitale de l'Empire byzantin jusqu'en 1453.
Sa popularité auprès des troupes lui valut d'être proclamé empereur à la mort de Constance, survenue dans le courant de cette année-là. Toutefois, au cours des deux décennies suivantes, il dut affronter plusieurs prétendants au trône et ce ne fut qu'en 324 qu'il parvint à s'imposer unique souverain.
À l'instar de son père et des empereurs du IIIe siècle, Constantin fut dans sa jeunesse un adepte du culte du Soleil et croyait que le dieu romain du Soleil, Sol, était une manifestation visible d'un « dieu suprême » invisible (summus deus), principe régissant l'Univers et qui, selon la croyance, était le compagnon de l'empereur romain. Sa croyance se nourrissait de la vision du dieu du Soleil qu'il prétendit avoir eue en 310, alors qu'il se trouvait dans un bosquet consacré à Apollon en Gaule.
Arc de triomphe de Constantin
L'arc de triomphe de Constantin Ier le Grand fut édifié à Rome entre 312 et 315 pour commémorer la victoire de l'empereur sur Maxence au pont Milvius (312). Cet événement, qui fut précédé d'une vision céleste, joua un rôle capital dans le développement du christianisme au sein de l'Empire romain. L'arc, percé de trois baies et muni de quatre colonnes reposant sur des socles en façade, fut construit à partir d'éléments empruntés à des arcs plus anciens. Il supporte également divers reliefs décrivant la bataille de Constantin.
En 312, à la veille d'une bataille contre Maxence, son rival italien, la légende rapporte que Constantin fit un rêve où le Christ se révéla à lui et lui ordonna d'inscrire les deux premières lettres de son nom (XP en grec) sur les boucliers de ses troupes. Le lendemain, une croix lui serait apparue dans le soleil, portant l'inscription suivante « Par ce signe tu vaincras » (généralement écrite en latin, in hoc signo vinces). C'est ainsi que Constantin vainquit Maxence au pont Milvius, près de Rome.
Le Sénat accueillit le vainqueur en sauveur du peuple romain. Ainsi, Constantin, qui vénérait le culte païen du soleil, pensa devoir sa victoire au dieu chrétien.
La persécution des chrétiens prit fin et le prétendant impérial Licinius l'enjoignit de promulguer l'édit de Milan (313), qui permit aux chrétiens d'être tolérés dans l'Empire romain. Gardienne de la religion favorisée par Constantin, l'Église bénéficia de droits légitimes et de largesses financières.
La lutte pour le pouvoir se fit bientôt jour entre Licinius et Constantin et, en 324, ce dernier en sortit victorieux pour devenir le défenseur de la foi chrétienne. Empereur d'Orient et d'Occident, il commença à mettre en œuvre d'importantes réformes administratives comme la réorganisation de l'armée ainsi que la séparation des pouvoirs civil et administratif, engagée par son prédécesseur Dioclétien.
Constantin intervint dans les affaires ecclésiastiques pour réaliser l'unité de l'Église. Il présida le premier concile œcuménique convoqué à Nicée en 325.
Il commença également la construction de Constantinople en 326, sur le site où s'élevait l'ancienne Byzance grecque. La ville fut achevée en 330. Régie par les institutions romaines, elle fut embellie par des chefs-d'œuvre de la Grèce antique. En outre, Constantin bâtit des églises en Terre sainte, où sa mère (également chrétienne) aurait trouvé... la Véritable Croix sur laquelle Jésus fut crucifié. (la chanceuse ! )
Il fut baptisé peu de temps avant sa mort, le 22 mai 337.
Constantin unifia un empire chancelant, réorganisa l'État romain et traça la voie qui aboutit à la victoire définitive de la chrétienté à la fin du IVe siècle.
Ainsi, sa conversion fut le fruit d'une lente évolution. D'abord, il associa le Christ au dieu victorieux du Soleil. Toutefois, lors du concile de Nicée (325), il était devenu chrétien, mais tolérait encore le paganisme parmi ses sujets. Constantin consolida l'Empire romain et assura sa pérennité en Orient. Premier empereur à gouverner au nom du Christ, il joua un rôle de premier plan dans l'avènement de l'Europe chrétienne du Moyen Âge.
================================================
![]()
Mithraïsme, l'une des religions principales de l'Empire romain vouée au culte de Mithra, dieu de lumière et de sagesse dans l'Iran antique.
Dans l'Avesta, les écritures sacrées zoroastriennes des anciens Perses, Mithra apparaît comme le yazata (« le bénéfique »), l'esprit du bien et l'ordonnateur du monde. Il est le dieu du « contrat ».
Il représente l'apport juridique de la fonction royale. Il tua le taureau divin et du corps agonisant de ce dernier jaillirent toutes les plantes et les animaux bénéfiques à la race humaine.
Après avoir conquis l'Assyrie au VIIe siècle av. J.-C. et Babylone au VIe siècle av. J.-C., Mithra devint le dieu du soleil qui était désormais adoré en son nom.
Les Grecs d'Asie Mineure identifièrent Mithra à Hélios, le dieu grec du soleil, contribuant ainsi à répandre son culte qui fut introduit à Rome vers 68 av. J.-C. par des pirates ciliciens capturés par le général romain Pompée le Grand. Le mithraïsme se propagea très rapidement dans toute l'Italie et les différentes provinces romaines pendant le Bas-Empire. Il fut le rival du christianisme dans le monde romain.
Le mithraïsme est resté une religion de petits groupes. Les mithraea, lieux de culte, étaient toujours de taille modeste. On y prenait des repas en commun, banquets d'immortalité. Les adeptes du culte de Mithra consommaient la chair d'un taureau en souvenir du repas qui avait réconcilié leur dieu avec le soleil.
Le septième jour de la semaine était particulièrement fêté tout comme le septième mois de l'année. Le 25 décembre était le jour anniversaire du soleil (natalis Solis inuicti) et de Mithra né de la pierre. Les adeptes du culte de Mithra se représentaient la fin du monde comme une conflagration universelle.
===================================================
![]()
Nicée, (aujourd'hui Sakarya en Turquie), ancienne ville de Bithynie, en Asie Mineure.
Tenu en 325, ce premier concile œcuménique fut convoqué par Constantin Ier, empereur de Rome, pour régler le conflit arien sur l'identité de nature de Jésus-Christ. Lors de ce concile, Jésus fut proclamé vrai dieu et vrai homme.
Sur les 1 800 évêques de l'Empire romain, 318 participèrent au concile. Le symbole de Nicée qui définit le Fils comme consubstantiel au Père, fut adopté comme représentant la position officielle de l'Église sur la divinité du Christ.
Le concile fixa aussi la célébration de Pâques au dimanche qui suit la Pâque juive et conféra à l'évêque d'Alexandrie une autorité sur l'Orient semblable à l'autorité quasi patriarcale de Rome mais qui n'était pas, comme il l'a parfois été prétendu, égale à celle du pape. Telle fut l'origine des patriarcats qui apparurent dans l'Église.
================================================
![]()
Arius (v. 256-v. 336), religieux qui a fondé une doctrine chrétienne, connue sous le nom d’arianisme.
Natif de Libye, Arius étudie à l’école théologique de Lucien d’Antioche avant d’être ordonné. Prêtre d’Alexandrie, Arius s’oppose à son évêque, vers 319, à propos de la divinité du Christ, et met en cause la double nature de ce dernier. Il devient alors le principal défenseur d’une théorie selon laquelle les trois personnes de la Trinité — Père, Fils et Saint-Esprit — sont distinctes (non confondues) et différentes (inégales). Pour Arius, le Fils est engendré et ne bénéficie pas de l’existence éternelle du Père, ni de sa substance (consubstantialité).
Sa théorie, non conforme à l’orthodoxie en cours de définition, est jugée scandaleuse. Condamnés, Arius et ses partisans sont excommuniés et exilés. Arius reçoit alors l’appui des évêques de Palestine et se voit accueillir d’abord à Césarée puis à Nicomédie ; de là, sa doctrine se diffuse dans le milieu oriental partisan d’un monothéisme strict.
L’empereur Constantin Ier, soucieux de l’unité de l’Église chrétienne, se mêle également à l’affaire, en convoquant le concile œcuménique de Nicée en 325. Le concile définit le Credo orthodoxe et le dogme de la consubstantialité (homoousios, c’est-à-dire de la même substance), et aboutit à une seconde condamnation des thèses ariennes que leur auteur, présent au concile, refuse de réfuter. Après quelques années passées en exil et suite à une lettre de rétractation ambiguë dans laquelle il jure avoir été condamné pour une doctrine qui n’est pas la sienne, Arius est autorisé à rentrer vers 334. Puis, en 335, le concile de Jérusalem le réhabilite officiellement. Mais lorsqu’il cherche à retourner à Alexandrie pour la réhabilitation solennelle organisée en son honneur, le peuple d’Alexandrie se soulève ; la réhabilitation doit donc avoir lieu à Constantinople.
Selon la légende, Arius meurt à Constantinople en 336, la veille de la cérémonie de réhabilitation, d’une mort subite que les contemporains perçoivent comme une punition de Dieu — soit pour les thèses hérétiques, soit pour le parjure permettant de le réhabiliter. Cependant la versatilité impériale, face à Arius et ses thèses, favorise, lors des siècles suivants, la diffusion de l’hérésie arienne dans tout l’Orient, notamment parmi les barbares occidentaux qui l’adoptent plus facilement que le mystère trinitaire orthodoxe.
============================================
Marcion (v. 85-v. 160), fondateur d'une secte chrétienne hétérodoxe. Né à Sinope (auj. en Turquie), dans une famille chrétienne, il fut probablement le fils de l'évêque de la ville. Il s'établit à Rome vers 140 et tenta d'y faire accepter ses idées, mais il fut accusé d'hérésie et excommunié. Marcion fonda alors sa propre communauté, la secte des marcionites, qui se distinguaient par leur célibat et leurs pratiques ascétiques. Les églises d'obédience marcionite fleurirent rapidement et vinrent à concurrencer en nombre celles de l'Église établie. Les marcionites avaient adopté une hiérarchie épiscopale et ils célébraient les sacrements du baptême et de l'eucharistie, toutefois sans utiliser de vin pour ce dernier.
Marcion rejeta l'Ancien Testament et presque tout le Nouveau Testament, y compris la Nativité et la Résurrection, et se fonda entièrement sur les Épîtres de saint Paul et sur une version modifiée de l'Évangile selon saint Luc.
Il croyait à l'éternité de la matière et adoptait une vision dualiste de Dieu : il affirmait l'existence de deux dieux, le Dieu de la Loi, le Créateur évoqué dans l'Ancien Testament, et le Dieu de l'Évangile, bon et infiniment supérieur, révélé par Jésus-Christ. Le marcionisme eut beaucoup d'adeptes en Occident jusqu'au IVe siècle ; il se fondit alors probablement dans le manichéisme, mais il subsista en Orient jusqu'au Moyen Âge. Il constitua une grande menace pour l'Église établie et fut par conséquent vigoureusement attaqué par des auteurs chrétiens tels que Justin, Irénée et Tertullien.
================================================================================================
Page 100: Les mystères païens qui sous-tendent les débuts du christianisme